Archives mensuelles : juin 2010

Produit alimentaire et publicité : le cas OUTOX

 Depuis fin mai, la boisson OUTOX, d'origine Luxembourgeoise est commercialisée en France sur internet, au tarif de 3,99€.

 

 

OUTOX---turbo.fr.jpg

 

source : www.turbo.fr

 

Rappelons que OUTOX est une boisson gazeuse de type soda. La publicité de lancement vante sa vertu d'accélérer la baisse du taux d'alcool dans le sang, permettant ainsi à son consommateur de retrouver plus rapidement "un état normal".

 

Cette communication soulève en réalité deux problèmes :

 

Des arguments NON PROUVES et donc NON conformes à la réglementation européenne.

 

Faire usage de tels arguments est contraire à la réglementation européenne qui impose désormais que tout effet sur la santé attribué à un aliment soit confirmé par L'Agence Européenne de Sécurité Alimentaire. Or cette agence ne s'est pas encore penchée sur cette boisson.

C'est donc en toute logique que la Direction Générale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes a demandé à la marque de cesser cette communication.

 

Un risque pour la santé publique

 

Communiquer massivement sur cet argument peut représenter un risque sanitaire.

Rappelons que la publicité pour l'alcool est très encadrée. N'est-ce pas, d'une certaine façon, une publicité indirecte en faveur de la consommation d'alcool?

On comprend mieux les protestations des associations anti-alcool et des associations qui oeuvrent pour la sécurité sur la route.

Réforme du crédit : Enfin….

 

Après plus d'un an de discussion, la réforme tant attendue du crédit (dite loi Lagarde) a été adoptée ce lundi 21 juin 2010. Rappelons qu'actuellement on compte en France 750 000 ménages en situation de surendettement.

source visuel : www.fonzibrain.wordpress.com

Alors quelles sont les principaux éléments de cette réforme, dont les premières applications sont promises dès septembre?

 

Les cartes de fidélité

Elle devront désormais avoir obligatoirement la fonction "paiement comptant" activée par défaut. C'est dire qu'un crédit ne pourra être accordé à partir de ces cartes que sur demande expresse du consommateur.


Par ailleurs il sera interdit de subordonner un avantage commercial à la fonction crédit.

Le crédit gratuit

L'obligation d'accorder un escompte au client qui achète au comptant est supprimée. C'est diminuer le coût du crédit gratuit pour le distributeur, et donc à priori l'encourager.


Il faut toutefois être prudent sur l'intérêt de cette mesure, car, in fine, on ne voit pas bien qui d'autre que le consommateur supportera le coût d'une telle opération….

Crédit revolving

Le vendeur aura obligation de proposer un crédit personnel alternatif à un crédit renouvelable pour tout achat à crédit supérieur à 1000€.

 

Publicité

La publicité devra mentionner le taux réel du crédit. C'est donc la fin des publicités annonçant un taux promotionnel.

Le cas échéant, la publicité devra obligatoirement faire figurer la mention "crédit renouvelable".


L'organisme de prêt devra, une fois par an, informer l'emprunteur sur le capital et les échéances restant dûs.

Enfin, le vendeur offrrant le crédit devra remplir une "Fiche de dialogue" avec le client.

 

Délai de rétractation

Le délai de rétractation passe de 7 à 14 jours.

 

Mariage

L'officier d'état civil devra, lors d'un mariage, informer les époux sur ce que représente le crédit à la consommation.


 

ARPP, une décision qui ne fait pas l’unanimité

 

L'ARPP a eu à donner son avis sur un projet de SPOT TV pour la compilation qui est sortie le 7 juin 2010 pour célébrer les 15 ans du Magazine TETU.

La version initiale comportait un plan supplémentaire, par ailleurs très furtif. En début de scénario, on voyait apparaître, sautant, un petit garçon à lunettes d'une dizaine d'années.


 


 

 source visuel : www.les inrocks

 L'ARPP avait émis des réserves sur le fait que la présence de cet enfant n'était pas en cohérence avec le magazine plutôt destiné aux adultes gays ou lesbiennes.


La version finale diffusée sur nos écrans a fait disparaître le plan avec l'enfant.


Voici trouvée sur Dailymotion la pub initiale:



Mais cet avis de l'ARPP est loin de faire l'unanimité.

Certains y voient un signe d'homophobie

D'autres craignent une confusion entre homosexualité et pédophilie.


 Le terrain est sensible.


 Sur le plan du droit, on peut estimer que la présence du jeune garçon dans la vidéo ne contrevenait à aucune des dispositions de la Recommandation "Enfants" de l'ARPP.


On laissera donc chacun se faire son opinion.

Et vous, qu'en pensez-vous. Laissez nous votre avis sous forme de commentaire


publicité comparative : Leader Price, le retour

 

La Campagne

 

Leader Price lance une nouvelle offensive au moyen d'une campagne de publicité comparative, par voie d'affichage et sur son site internet.

Cette campagne concerne cette fois-ci les produits Bio.

 

La méthode

Leader Price a fait procéder à des relevés de prix sur 29 produits Bio entre le 28 mai et le 3 juin 2010, dans 153 points de ventes : 51 Leader Price, 51 Carrefour et 51 Leclerc.

Bien sûr, les résultats sont en faveur de Leader Price.

Le prix retenu pour chaque produit est la moyenne arithmétique des 51 relevés de chaque distributeur.

 

Cette campagne est-elle fiable?

Rappelons tout d'abord que la publicité comparative par les prix est légale si :

– les produits comparés sont identiques ou comparables, et ont le même usage

– les produits sélectionnés sont représentatifs du panier de la ménagère

– le nombre de produits comparés est suffisant pour en tirer des conclusions. 

 

Alors que faut – il penser de la publicité de Leader Price?

 

On peut d'abord s'interroger sur le nombre de produits comparés qui reste très limité : 29 produits. On se souvient que plusieurs campagnes comparatives ont été sanctionnées car portant sur un trop petit nombre de produits.

 

Il faudrait également ramener ces 29 produits au nombre de produits Bio offerts par chacun des 3 distributeurs.

 

Et puis, dans le domaine du Bio, il y a bio et … bio. Tous ces produits bénéficient-ils d'un label officiel? C'est important pour savoir s'ils sont comparables, car les labels imposent des normes qui représentent autant de coûts.

 

Enfin, il faudrait se garder d'en conclure que puisque Leader Price est le distributeur Bio le moins cher, il est donc le moins cher des distributeurs…

 

Complexe la publicité comparative…

Green Washing : le Duster de Dacia

 

En date du 4 juin 2010, le Jury de Déontologie Publicitaire a pris une décision intéressante sur un cas exemplaire de Green Washing.

La campagne en cause :


En avril 2010, Renault publie sur le site internet Dacia.fr, une publicité pour le 4×4 Duster de Dacia.

Le véhicule est représenté roulant en pleine nature et projetant des gerbes d'eau.

Mais surtout, la publicité présente ce véhicule comme "respectueux de l'environnement".


La plainte :

La plainte émane de l'Association pour l'Environnement. Elle est déposée au bureau du JDP le 15 avril. 


Les infractions :

On peut indiscutablement reprocher à cette publicité deux fautes graves :


– Elle est TROMPEUSE : en effet, le consommateur est berné sur les qualités environnementales du véhicule. Celui-ci a en effet un taux d'émission de CO2 supérieur aux normes souhaitées (130 à 140 grs) puisqu'il rejette 159 grs de CO2. La tromperie est donc évidente, même si Renault se défend en plaidant "un dysfonctionnement dans la validation de la campagne…!"

– Elle méconnaît la Recommandation Développement Durable qui interdit de représenter un véhicule automobile en action, en dehors d'une route normalement ouverte à la circulation.


La décision du JDP.


C'est donc en toute logique que le JDP a reçu la plainte de l'Association plaignante et a demandé à Renault de mettre fin à sa campagne (qui, entre temps, s'était achevée…)

Etiquetage nutritionnel : vers une réforme européenne

 

Projet du Parlement européen

Le Parlement européen a adopté le 16 juin en première lecture un projet de réforme de l'étiquetage nutritionnel dont voici l'essentiel des mesures envisagées :

Champ d'application

Ces mesures s'appliqueraient à tout type d'aliments et de boissons, à l'exclusion des boissons alcoolisées, vendus dans l'Union Européenne.

 

  source visuel : www.geo.fr

 

Origine géographique

La viande et les produits laitiers auraient obligation de mentionner l'origine géographique du produit.

Pour la viande, l'étiquetage devra indiquer où l'animal est né, où il a été élevé et où il a été tué.

Il faudra également préciser si cet animal a été abattu selon des règles propres à certaines religions.

 

 5 nutriments

L'étiquetage devra indiquer 5 nutriments essentiels : calories, graisses, graisses saturées, sucres lents et sel.

Ces indications devront être portées en % pour 100 grs ou 100 ml.

 

 Mention des nanotechnologies

 Le cas échéant, l'étiquetage devra signaler la présence de nanotechnologies.

 

Bienfaits nutritionnels

Les bienfaits nutritionnels mis en avant par la publicité devront être confirmés par l'Autorié Européenne de sécurité des aliments.

 

Alcopops

Les alcopops – boissons alcoolisées sucrées destinées aux jeunes – pourraient être retirées des rayons des boissons gazeuses non alcoolisées, pour rejoindre les rayons des boissons alcoolisées.

 

Délais de mise en conformité

Selon le nombre de salariés (+ ou – de 100) et le chiffre d'affaires (+ ou – 5 millions d'€), les professionnels disposeraient d'un délai de 3 à 5 ans pour mettre leur étiquetage en conformité.

Les stéréotypes dans la publicité

 

Souvent féminins, mais aussi masculins….

 

Une étude récemment publiée montre que les stéréotypes dans la publicité sont loin d'être exclusivement féminins. Les hommes n'y échappent pas.


Cette étude a été conduite par l'Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises sous la conduite du sociologue Eric MACE et en partenariat avec BETC Euro RSCG. Elle porte sur les publicités des années 2002 à 2009 sélectionnées sur le mot-clé de "paternité".

 

Texte de référence

Rappelons tout d'abord le texte de référence : la Recommandation "Respect de la personne humaine" de l'ARPP qui prescrit : "L'expression des stéréotypes, évoquant les caractères censés être représentatifs d'un groupe social, ethnique, etc… doit particulièrement respecter les principes développés dans la présente Recommandation" (article 2/3).

Et pourtant, la publicité n'échappe pas aux mauvais stéréotypes.

Nous en avons sélectionné quelques exemples frappants :

L'homme et la femme : à chacun son rôle…

 source visuel : ORSE.fr

 

 La répartition des tâches ménagères :

publicité espagnole

 Le père incompétent….

 

Dans le même registre : avec une teinte de père démissionnaire

Ou encore le père égocentrique, le père qui fuit, le père incompétent, la femme au … téléphone!

Publicité et décence… la main la plus sexy du monde

 

La publicité PERRIER "La main la plus sexy du monde" contrevient-elle à l'obligation de décence que tout spot publicitaire se doit de respecter, conformément aux règles posées par l'ARPP dans sa recommandation "Respect de la personne humaine"?

Le Jury de Déontologie Publicitaire, en mars dernier, a répondu NON.

Son argument principal est que cette publicité peut être "lue" par chacun en fonction de son niveau de sensibilité ou de matûrité. Pour le JDP, elle ne présente donc pas de danger pour les publics les plus fragiles.

Même si "la main la plus sexy du monde" est suggestive…

A chacun de se faire son opinion. N'hésitez pas à laisser le vôtre en commentaire

Tabac et publicité – Eau Sauvage

On, le sait, la publicité pour le tabac est interdite, qu'elle soit directe ou indirecte.
 
 
 
La campagne Eau Sauvage avec la photo d'Alain Delon réapparait sur nos abribus… dépouillée de sa cigarette
 
 Respect de la loi oblige, la cigarette de Delon a été "gommée"
 
 
Voici le visuel retravaillé pour la campagne et la photo d'origine.
 source visuel : lepost.fr
 
 
 
 
 
 
 
source visuel : paperblog.fr

Publicité comparative, nouvel épisode Feu Vert/Renault

Les faits
 
 
Le 17 mai 2010, Feu Vert lance un spot TV et internet comparant les prix des penumatiques pratiqués chez 5 distributeurs : Feu Vert, Euromaster, Speedy, Norauto et Renault. Le spot intitulé " Je ne dénonce pas, j'informe" permet à Feu Vert de s'affirmer comme "étant le moins cher".
 
 
 
Cette publicité s'appuyait sur une étude comparative de prix conduite par l'institut BVA.
 
 
 
 
 
Renault réagit

 
 
C'est la 3ème affaire de publicité comparative entre Renault et Feu Vert. Renault saisit le Tribunal de commerce de Paris en référé pour "publicité mensongère et non pertinente". Dans une décision du 7 juin, le tribunal lui donne raison et ordonne la cessation de la publicité.
 
Feu Vert fait appel.
 
 
 
Que peut-on reprocher à cette publicité?

 
 
Rappelons le, la publicité comparative est légale.
 
Mais elle doit être loyale.
 
 
 
Alors, que peut on reprocher au spot de Feu Vert?
 
 
 
Sans doute une conclusion un peu hâtive : être – sur un nombre de produits très limité – le moins cher par rapport à 4 concurrents, ne permet sans doute pas de se présenter comme étant l'enseigne "la moins chère".
 
En outre, la sélection des produits objets de la comparaison doit être représentative de la gamme des produits disponibles. C'est ce que les juges vont s'attacher à vérifier…
 
 
 
Cet épisode le confirme si besoin était : la publicité comparative est une publicité à risque et souvent sans vainqueur. En tous les cas, si vainqueur il y a, ce n'est pas toujours le consommateur …