Archives mensuelles : juillet 2012

Quand MIDAS manque d’élégance

  source visuel : toute-la-franchise.com

En cette veille de grands exodes de vacanciers, MIDAS lance une campagne d'affichage avec le message principal suivant : "La garantie constructeur préservée".

Pourtant, il est interdit de transformer une obligation légale en argument publicitaire.

Or, depuis un règlement européen (N° 1400/2002) datant déjà de 2002, l'automobiliste a le choix de faire entretenir son véhicule chez le concessionnaire de la marque, dans un garage indépendant ou dans un centre auto, sans que la garantie constructeur ne puisse lui être refusée à condition que les prescriptions d'entretien du concessionnaire soit respectées.

A l'inverse, un concessionnaire ne pourrait pas exclure sa garantie contractuelle au seul motif que l'entretien n'aurait pas été fait chez lui. Une telle clause serait abusive.

La publicité MIDAS n'est donc élégante ni pour le consommateur qui, pensant avoir chez MIDAS un avantage concurrentiel, est abusé, ni pour ses concurrents qui offrent aux termes de la réglementation européenne, les mêmes avantages.

Minitel : la fin d’une époque ou le début d’une nouvelle ère?

source visuel : http://www.museedelaville.agglo.sqy.fr

 

Cette semaine tous les médias ont salué la dernière révérence tirée par le Minitel, qui devient désormais exclusivement un objet de collection.

Apparu au cours des années seventies, cette invention, française, avait sa place dans un foyer sur deux.

On a sans doute trop tendance à l'associer au 3615 minitel rose, qui d'ailleurs, faisait bouillir la marmite.

Mais cette invention n'a-t-elle pas ouvert la voie à l'informatique à domicile, bientôt suivi par les premiers PC domestiques et quelques années plus tard par internet.

Saluons donc la fin du minitel davantage comme le début d'une nouvelle ère dans laquelle nous sommes rentrés et qui sans doute nous réserve encore bien des surprises.

Au secours, la taxe google revient…

je te taxe, tu me taxes, il me ...

Vous vous souvenez, la taxe google?

Taxe qui devait frapper les investissements publicitaires en ligne

Taxe proposée par l'ancien gouvernement et abandonnée par lui même.

On en reparle, grâce à la proposition d'un député UMP.

Comme quoi! Mais en ces temps de crise, a-t-on vraiment besoin d'une nouvelle taxation de l'activité économique???

Zemmour et RTL rappelés à l’ordre par le CSA

Illustration du rôle de gendarme des ondes, qui est une des missions du CSA :

Dans le cadre de cette fonction, le CSA vient d'adresser une remontrance à RTL et à son animateur, Zemmour pour avoir tenu, lors de l'émission "Z comme Zemmour" du 23 mai 2012, des propos qui pouvaient avoir une coloration de stéréotypes raciaux…

… Même avec humour, tout n'est pas acceptable.

Calendrier de la réforme HADOPI

On savait Monsieur François HOLLANDE guère favorable à HADOPI dans sa forme actuelle.

C'est donc parti pour sa réforme.

Une mission d'études a été confiée à Monsieur LESCURE, spécialiste des médias puisqu'ancien directeur de Canal+

Un calendrier a été établi

– jusqu'en septembre 2012, le diagnostic de l'existant

– jusqu'en décembre 2012, la concertation (nous espérons que les associations de consommateur y auront leur place)

– jusqu'en mars 2013, la synthèse et préparation du texte de loi

 

Quant aux grands axes de la réforme, parions que la coupure d'internet ne fera plus partie de l'arsenal. L'accès à internet sera alors vraiment un droit fondamental de l'homme du XXIème.

 

Monsieur HOLLANDE a toujours affirmé vouloir privilégier une offre légale accessible à tous. Reste à savoir si entre payer – même peu – et la gratuité….

Sur fond de greenwashing, quand une banque s’en prend à France 2

C'était une action un peu inattendue engagée par le Crédit Agricole contre la chaîne publique France 2, et que le banquier vient de remporter (au moins pour la première manche).

Tout est parti d'une émission de Cash Investigation diffusée le 4 mai et dans laquelle France 2 accusait le Crédit Agricole de greenwashing.

On sait en effet que cette banque aime à se donner une image de défenseur de l'environnement. Or, lors de cette émission, un journaliste rappelait que le Crédit Agricole ne fait pas que des placements politiquement corrects en matière d'environnement.

Le Crédit Agricole n'hésite pas à saisir les juges et, en ce milieu de mois de juillet, obtient et un droit de réponse et 4000€ de dommages et intérêts. Le tribunal de grande instance de Paris a en effet estimé que ces affirmations pouvaient porter atteinte à l'honneur et à la réputation de la banque (sic).

Chacun appréciera

Autolib vs AutoLiberté

C'est un conflit majeur qui oppose la Ville de Paris à la Société Europcar.

source visuel : coderoute.com

La Cour d'Appel de Paris, contre toute attente, (Le TGI avait en mars 2011 donné gain de cause à la Ville), vient d'interdire à la Ville de Paris de continuer à utiliser la marque Autolib pour son service de voitures électriques, estimant qu'il y a contrefaçon de la marque AutoLiberté détenue par Europcar depuis 2000. (C'est marque est exploitée pour le service de livraison à domicile des voitures de location.)

La Cour d'Appel a laissé un mois à la Ville de Paris pour s'exécuter (ce qui est sans doute ici totalement irréaliste) sous astreinte.

Alors existe-t-il vraiment un risque de confusion entre les deux services? Sans doute très limité, d'autant que Autolib est une déclinaison du service Vélib. Reste qu'en matière de marque, on le sait, il suffit d'être dans la même classe….

Europcar se dit prêt à négocier. Cette Société espère peut-être se voir associée au développement du service des voitures électriques mis en place par la Ville de Paris? Si c'est le cas, elle détient là une monnaie d'échange sérieuse.

La Ville de Paris semble vouloir se pourvoir en cassation. Rappelons toutefois que le pourvoi n'étant pas suspensif, la Ville de Paris sera malgré tout tenue d'abandonner (provisoirement?) la marque Autolib.

On vous le disait : une vraie galère pour un service en plein essor et que plusieurs villes s'apprêtent à imiter.

Les plaintes à la CNIL se multiplie

La CNIL vient de publier un bilan des plaintes reçues au cours de l'année 2011.

Leur nombre s'élève à 5738 plaintes, soit une hausse de 19% par rapport à l'an dernier.

Les principaux motifs de plaintes sont

– l'exploitation des fichiers commerciaux

– les banques et le crédit

– mais aussi la gestion des ressources humaines en entreprise.

On peut bien sûr interpréter ces hausse de deux façons : une accentuation de l'utilisation des fichiers et/ou des réseaux sociaux par les entreprises, ou une plus grande vigilance de l'internaute. La vérité est peut être d'ailleurs à mi-chemin?

Le supplément du Monde sur l’Algérie : un cas d’école

Le 4 juillet, le quotidien Le Monde publie un supplément de 16 pages intitulé "Stratégies internationales, spécial Algérie"

En fait, ce supplément n'est rien d'autre qu'un supplément publicitaire vantant les mérites du pouvoir en place depuis 50 ans.

On y trouve notamment une interview du Chef d'Etat Algérien et de certains de ses Ministres.

Bien sûr, la rédaction du journal s'insurge contre cette pratique. Le journal explique avoir été lui-même trompé par l'agence (Mediaction International) qui a réalisé ce supplément.

source visuel : Rue89.fr

Les leçons à en tirer?

Il faut d'abord rappeler que la presse ne doit en aucun cas encourager la confusion entre rédactionnel et publicité.

Or, en l'espèce on est devant un document purement publicitaire et les mesures pour éviter la confusion n'ont pas été prises.

Ainsi, la Une du journal annonce le supplément, sans aucune mise en garde sur son côté NON rédactionnel. (Même si la mention "publicommuniqué" figure dans le document lui-même)

Résultat, plusieurs organes de presse annoncent que le Chef d'Etat Algérien a accordé une interview au Monde, alors qu'il n'en est rien.

Il faut aussi rappeler que la presse garde un pouvoir d'indépendance vis à vis de ses annonceurs. La publicité ne peut pas (ne doit pas) porter atteinte à la ligne éditoriale du journal.

Alors, en l'espèce, Le Monde devait-il publier ce supplément alors que le régime en place est loin de faire l'unanimité au sein du peuple algérien. Ce supplément publicitaire ne sera-t-il pas interprété comme une caution?

Enfin, cette publicité du régime algérien est plus que maladroite vis à vis du peuple algérien. Comment sera interprété son coût élevé (16 millions d€) dans un pays où le niveau de vie moyen mensuel est de 180€.

On peut s'étonner qu'un journal aussi averti que le Monde se soit laissé entraîné dans une telle aventure. La baisse des investissements publicitaires dans la presse explique peut être?

Une petite révolution, la revente de licences logicielles légalisée

source visuel : www.logiciel-caisse.org

Une décision de la Cour de justice européenne qui est peut être passée inaperçue, mais qui est promise à un bel avenir.

La cour vient en effet de décider que lorsqu'un éditeur de logiciels vendait une copie, il cédait avec cette copie ses droits exclusifs de distribution sur cette copie, ce qui revient à dire que l'acheteur en acquiert donc un droit illimité d'utilisation.

Voilà ni plus ni moins autorisé le marché d'occasion des licences de logiciels!