Archives mensuelles : septembre 2012

Toshiba sanctionné par le JDP

Voici la publicité objet du "scandale" ;


Cette publicité a fait l'objet de 3 campagnes dans le métro parisien entre avril et juillet 2012.

Un particulier porte plainte devant le JDP en argumentant que cette affiche réduit l'homme à l'état de marchandise.

A signaler que l'ARPP avait était consultée avant la diffusion et qu'elle avait donné un avis favorable.

Mais le JDP sanctionne, relevant que l'absence de lien entre l'homme dévêtu et le produit conduit à une instrumentalisation du corps humain.

Avouons quand même que nous sommes malheureusement habitués à bien pire…

L’affichage dans le colimateur de Terra Nova

Ce n'est pas vraiment une surprise, mais dans son rapport "Réinventer l'abondance pour une politique des consommations" publié le 15 septembre, Terra Nova s'en prend fortement à l'affichage.

Voici quelques unes des mesures suggérées :

– rendre obligatoire la neutralité carbone dans l'affichage extérieur

– dans les réseaux de transport en commun, partager l'espace entre affichage commercial, affichage associatif et création artistique

– interdire les panneaux de plus de 8m2 et en limiter le nombre

– interdire les écrans plasma dans les transports

– interdire le covering des moyens de transport

– interdire les bâches publicitaires de plus de 16m2

– éteindre les panneaux entre 0 et 7H

– créer une police départementale de l'affichage.


  Pour en savoir plus, se reporter aux propositions 66 à 82 du rapport.

NON, tout n’est pas permis sur Facebook. Le Point le découvre à ses dépens

Dans un post en fin de journée, ce mercredi 20 septembre, Le Point poste une des caricatures de Mahomet publiée par Charlie Hebdo mi-septembre avec comme titre "Pourquoi Charlie Hebdo joue avec le feu"

source visuel : http://www.numerama.com

En réalité, c'est Le Point qui se brûle les ailes, car une heure plus tard, le post est supprimé par la direction de Facebook, et l'administrateur de la page du Point est interdit "d'antenne" pendant 72 heures.

La raison officielle de cette sanction est l'interdiction de la nudité sur Facebook. En effet, la caricature choisie nous montre le prophète Mahomet … les fesses à l'air.

La lutte contre la nudité n'est pas une première. On se souvient de la polémique l'an dernier lors de la publication par un internaute du tableau de Courbet "Les origines du monde" sur sa page (que vous avez peut être admiré au Musée d'Orsay?)

Mais ici on soulignera que c'est un grand hebdomadaire d'information qui est sanctionné et que les enjeux de cette sanction sont peut être beaucoup plus larges que le simple usage de la nudité?

Cette décision de Facebook marquerait-elle un tournant? L'avenir nous le dira.

Nous profitons de ce post pour rappeler que d'autres activités sont censurées sur les réseaux sociaux, notamment l'incitation à la haine, l'appel à la violence, l'apologie du crime contre l'humanité.

Les leçons de l’affaire Kate Middleton

Mi-Septembre, Closer publie une photo de Kate Middleton, les seins nus, photo "volée" au hasard de son séjour en Provence.

Bien sûr pour illustrer notre post nous ne vous montrerons pas ces photos. Nous préférons et de loin celle du couple princier :

  source visuel : abcnews.go.com

Quelques jours plus tard, réaction de la justice de Nanterre qui interdit à Closer de revendre, de publier les dites photos, et ordonne la restitution des formats numériques à la famille princière.

La réaction de la justice est intéressante en matière de vie privée et de droit à l'image. Elle pourrait peut être créer un antécédent.

Mais dans ces lignes, évoquons le droit à l'oubli sur la toile.

Les photos incriminées sont sur la toile. Quelles actions sont alors possibles ?

Si l'action est intentée contre l'éditeur du site, ce dernier est pleinement responsable, tant pénalement que civilement.

Si l'action est intentée contre un hébergeur, ce dernier ne sera responsable que de ses propres fautes : par exemple, laisser les photos en toute connaissance de cause ou tarder à les retirer.

On le voit, des actions sont possibles, mais leur succès n'est pas assuré et dans le cas de Kate Middleton, dans combien de sites ces photos sont-elles présentes. Sans parler des réseaux sociaux.

Justement, quelle action est-elle possible contre un réseau social? Le titulaire du compte devient l'éditeur. Le réseau social devient l'hébergeur….

droits d’auteur : Dailymotion logiquement condamné

Le tribunal de grande instance de Paris, vient tout à fait logiquement, au nom des droits d'auteur, de condamner Dailymotion à verser à TF1 220 000€ de dommages et intérêts suite à la diffusion sur son site de vidéos propriétés de TF1 et de sociétés de production, notamment des vidéos de Gad Elmaleh.

Pour la petite histoire, si TF1 obtient gain de cause, c'est toutefois sans commune mesure avec les sommes réclamées : 80 millions d'€.

Cette décision confirme encore une fois le statut d'HEBERGEUR reconnu à Dailymotion (et non d'éditeur). La plateforme n'est donc pas responsable des fautes commises par des tiers (ici la violation de droits d'auteur), mais uniquement de ses propres fautes – ici, ne pas avoir réagi suffisamment rapidement à la demande de TF1 de retrait des vidéos. La faute, c'est ici la lenteur.

Une décision complétement conforme à la jurisprudence en la matière.

Les leçons de la Une de Libération du 11 septembre

En matière de presse, ce fût sans doute le fait de la semaine. Suite à la demande de nationalité belge par Mr Bernard Arnault, Libération titre le 11 septembre "Casse-toi, riche con!". Ce dernier porte plainte pour injures publiques et Libération lui répond par une nouvelle Une "Bernard, si tu reviens, on annule tout"

Ce duel entre un titre de presse et l'un des annonceurs les plus puissants est pour nous l'occasion de rappeler une règle d'or en matière de publicité dans la presse : la presse doit conserver une totale indépendance. L'annonceur ne doit pas influencer la ligne éditoriale de l'organe de presse.

Cette affaire Libération/Bernard Arnault constitue à elle toute seule un cas d'école!

Certes, les investissements publicitaires de LVMH dans Libé ne représentent pas 2% des recettes publicitaires du journal. C'est à la fois peu. C'est à la fois beaucoup en ces périodes de grosses difficultés de la presse écrite.

Comme moi, vous avez remarqué qu'à droite de la une "Bernard si tu reviens, on annule tout" figure …. une publicité pour la marque YSL!

HADOPI : la 1ere condamnation

  source visuel : grudler.typepad.fr

 

HADOPI avait prévenu : certains dossiers seraient transmis à la justice comme le prévoit d'ailleurs la procédure de riposte graduée.

C'est désormais chose faite puisque la justice vient de prononcer la première condamnation pénale dans le cadre de cette loi.

Celle-ci concerne un internaute dont la femme téléchargeait les chansons de Rihanna (rappelons que l'internaute est responsable de l'usage fait de sa connexion)

La loi prévoit jusqu'à 1500€ d'amendes. En l'espèce, le substitut du procureur avait demandé 300€. Le juge a retenu 150€.

Cette peine n'est pas assortie de la suspension de la connexion.

On le voit, le juge – ici le tribunal de Belfort – a fait dans la mesure.

13 autres dossiers seraient en instance. Cela sera-t-il de nature à impressionner les récalcitrants et à sauver cette HADOPI tant décriée?

HADOPI pédagogue?

 

On en finit pas de tourner les chiffres des résultats d'HADOPI dans tous les sens. Bien sûr cette institution, dans une période de totale incertitude sur son avenir, tente de justifier sa raison d'être et donc de démontrer que son action a été efficace.

Dans une conférence de presse de ce jour 5 Septembre, on retient un chiffre qui interroge : selon HADOPI, 95% des internautes ayant reçu le premier avertissement n'ont pas récidivé.

La réussite d'HADOPI serait donc là : mission "éducative" remplie!

A ceux qui s'interroge sur le faible nombre des dossiers transmis au juge – 14 à ce jour – HADOPI rétorque qu'elle na' pas pour vocation d'être répressive. Dont acte. Même si cela contredit les objectifs fixés lors de la création de cette institution : 50 000 saisines du juge par an!

Mais nous on veut bien croire que finalement l'internaute français est discipliné et qu'un avertissement le fait se ranger.