Archives mensuelles : décembre 2012

HADOPI : 2 ans, 1bilan

lepoint.fr

Fin décembre, HADOPI communiquait un bilan de ses deux années de fonctionnement.

Bilan qui tient à quelques chiffres, ceux de la riposte graduée

3 millions de personnes prises en train de télécharger

– 1,15 million de 1er avertissements

– 100 000 2ème avertissements

– 340 3ème avertissements

– 14 dossiers transmis au juge

– 3 jugements : 1 amende de 150€, 1 condamnation sans amende, 1 relaxe.

Beaucoup diront que la montagne a accouché d'une souris…. surtout pour une institution qui coûte à l'Etat près de 10 millions d€.

Il y a bien sûr une autre façon de lire les chiffres : la procédure de riposte graduée porte ses fruits, le contrevenant étant "impressionné" par les risques…

Rappelons que la Commission Lescure doit faire des propositions au printemps 2013 pour garantir une meilleure protection des droits d'auteur sur le net.

Instagram dans l’objectif?

Les nouvelles conditions d'utilisation d'Instagram, qui devaient entrer en vigueur mi-janvier, ont soulevé un tollé général.

instagramsource visuel : yourimageoncanvas.co.uk

Principale clause en jeu : "Vous acceptez qu'une entreprise ou toute autre entité puisse nous payer pour afficher votre nom et votre profil d'utilisateur…"

Instagram a depuis donné un démenti de vouloir transformer les photos de ses utilisateurs en support publicitaire.

Juridiquement, deux règles essentielles doivent être rappelées. Elles s'imposent à Instagram, comme à tous les réseaux sociaux.

– le droit à l'image interdit tout usage de l'image d'une personne sans son accord. A plus forte raison à des fins payantes. Et le détournement de l'objet de l'image d'une personne est également sanctionnable

– la publicité est une activité encadrée par des règles précises, notamment celle qui fait obligation d'annoncer clairement la publicité comme telle.

Les médicaments accessibles sur le web

pharmacie-gardesource visuel : pharmacie-garde.com

 

Nous racontions il y a quelques posts, l'initiative de la pharmacie A la Grace de Dieu sise à Caen, de vendre des médicaments sur son site internet.

Ce pionnier ne sera bientôt plus le seul, puisque le Conseil des Ministres du 19 décembre a autorisé ces ventes.

Alors pourquoi autoriser la vente en ligne d'un produit de santé? Tout simplment parcequ'une directive européenne nous y contraint. En effet, au nom de la libre circulation des marchandises, principe cher à Bruxelles, la France ne peut y échapper. Elle est même plutôt en retard car cette directive européenne est applicable en France dès 2013, donc…. demain.

Des mesures de "sécurité" ont été prévues

– seuls seront autorisés les sites adossés à une pharmacie

– le site ne pourra que proposer des médicaments "en accès libre"

– le site devra être autorisé par l'Autorité Régionale de la Santé

– il devra afficher un logo spécifique

Que faut-il en penser?

Cette libéralisation est bien sûr désapprouvée par l'Ordre des Pharmaciens qui plaide (à juste titre) que rien ne remplace les conseils du pharmacien.

Mais à quoi bon résister puisque nous n'avons pas le choix d'appliquer ou non la directive européenne.

Par ailleurs, 9% des Français auraient déjà acheté sur internet des médicaments. Donc en provenance de l'étranger. Et là, les risques de contrefaçons sont énormes, avec tous les dangers que cela peut impliquer pour la santé.

Finalement, cette mesure est peut être de salubrité publique…

Vers une hausse de la redevance TV

lemediaplus.comsource visuel : lemediaplus.com

Les députés viennent d’adopter le principe d’une hausse de la redevance TV, hausse de 6€, qui porte donc la redevance à

131€

Peut être une réponse (très partielle) à la baisse des revenus de la publicité qu’entrainent à la fois la disparition de la pub après 20 heures sur les chaines de France Télévisions, mais aussi le partage du gâteau avec les 6 nouvelles chaines de la TNT….

 

 

Faut-il interdire la revue « L’Amateur de Cigare » des kiosques?

L'association DNF que l'on sait très active plaidait dernièrement devant le tribunal correctionnel de Paris que la vente en kiosque de la revue L'Amateur de Cigare constituait bel et bien une propagande en faveur du tabac, propagande que l'on sait totalement interdite depuis la loi Evin

source visuel : www.renaud-bray.com

Les juges n'ont pas suivi les arguments de DNF(qui réclamait 60 000€ de dommages et intérêts), estimant que cette revue (tirée à environ 17 000 exemplaires) s'adresse à un cercle restreint et que ses ventes sont principalement faites sur abonnement.

SUPER U rattrapé par l’huile de palme

Le distributeur SUPER U a été condamné début décembre par le Tribunal de Commerce de Paris pour publicité mensongère.

En cause, son clip publicitaire diffusé depuis février 2012 et qui souligne les dégâts occasionnés sur la faune et la flore par la culture intensive du palmier à huile. Huile de palme que SUPER U promet de retirer de ses produits.

source visuel www.vlabbe.blogspot.com

C'est un groupement de producteurs de COTE D'IVOIRE qui avait saisi la justice française, estimant que ce spot de SUPER U portait gravement atteinte à leur "fonds de commerce".

La justice française vient de leur donner raison, en estimant que le consommateur moyen n'aura pas les moyens, par manque de connaissances et d'informations, de prendre du recul et qu'il risque donc d'en déduire qu'il est de son devoir de supprimer de sa consommation tout produit contenant de l'huile de palme. Un des arguments développés par les producteurs était justement que tous les pays ne pratiquent pas une culture nuisible à l'environnement du palmier à huile. En somme, le spot de SUPER U manquait de nuance.

Le spot en cause est interdit à compter du mardi 18 décembre sous risque d'une astreinte de 3000€.

Comme quoi, il est finalement difficile d'être "le commerce qui profite à tous"

CUISINELLA, s’il vous plait, faites-vous oublier….

Avec sa dernière vidéo virale, la marque CUISINELLA atteint les sommets de la pub que l'on aimerait n'avoir jamais réalisée.

Dans cette fausse caméra cachée, tout est mauvais : on prend le consommateur pour un idiot, on surfe sur la violence (même si, à un moment on comprend que le sniper tire des balles … de peinture), on méprise l'être humain que l'on va mettre de force dans un cercueil.

Placée sur You tube et retirée deux heures plus tard cette vidéo est écoeurante.

Certes, la marque ne nous a pas habitué à des pubs très fines. Souvenez-vous le clip "Cuisinez-la" un modèle de pub gore… Ou encore celle où la femme très fière de sa cuisine (c'est d'ailleurs bien connu, la cuisine, c'est affaire de femme) jette son compagnon par la fenêtre. Cette malheureuse pub passe d'ailleurs toujours sur nos écrans malgré sa violence inhérente, voire son caractère dangeureux (je pense aux enfants, ou aux personnes fragiles qui pourraient être tentées de faire 'comme à la télé'")

Alors bien sûr nous ne donnerons pas le lien de la vidéo bad buzz, ne voulant pas rentrer dans le jeu de la marque.

Disons-le clairement : sous prétexte de se démarquer ou de faire une pub décalée, tout n'est pas permis.

je n'ai qu'une certitude : jamais je n'achèterai CUISINELLA.

Car, comme vous, ce que j'attends avant tout de mon fournisseur, c'est un mlnimum de respect.

Le statut d’hébergeur sera-t-il remis en cause?

source visuel : http://www.commentcamarche.net 

 

Vous suivez peut être les travaux de la Commission Lescure, chargée par le Gouvernement de préparer des propositions pour une meilleure protection des droits d'auteurs sur internet.

Déjà des mesures pointent, notamment l'élargissement de l'offre légale, principalement en matière de livres numériques et de vidéos. Elargir, mais aussi rendre l'offre légale plus attractive par des tarifs plus attrayants…

Mais la commission Lescure envisagerait également une certaine remise en cause du statut d'hébergeur dont bénéficie les plateformes d'hébergement qui deviennent très vite des plateformes de … téléchargement et qui en tirent parti (grâce à la publicité) sans contribuer à la rémunération des auteurs.

Un débat de fond intéressant dans un monde virtuel où l'idée de gratuité s'était jusqu'à présent imposée.

DIM : une campagne qui fait du bien

Nous avons a plusieurs reprises évoqué ces publicités qui font l'apologie de la femme longiligne, voire parfois anoréxique.

Voilà qui ne risque pas d'arriver avec le nouveau collant de DIM au nom évocateur : "Generous".

source visuel : ma-grande-taille.com

Un spot où trois femmes dansent à l'aise dans leur collant (qui résiste biensûr) sans honte pour leurs formes généreuses (le produit s'adresse aux femmes qui font au moins un 42). Et une campagne forcément conforme aux recommandations de l'ARPP sur l'image de la femme et la protection de la santé.

Voilà donc une campagne qui va en rassurer plus d'un : les femmes longilignes ne sont donc plus les seules à être belles…

La MII de SEAT ou les transports en commun

Pour le lancement de sa nouvelle petite citadine, la MII, SEAT a conçu 3 films qui sont dans la droite ligne ce visuel qui illustre actuellement le site internet de la marque :

 

Le thème est classique : transport en commun ou voiture particulière?

Chacun des clips met l'accent sur un des travers des transports en commun : les odeurs (des autres), les "casse-pied", le bus qui démarre sous votre nez.

Certes tout est traité avec humour.

N'empêche que l'ensemble peut vite être pris pour une critique des transports en commun.

Rappelons qu'une règle déontologique édictée tant par l'ARPP que la CCI demande à ce que la publicité ne puisse pas comporter de critique vis à vis d'une attitude citoyenne et éco-responsable. En son temps, Renault s'était fait rappeler à l'ordre pour un spot radio du même type, spot qui, pour vanter les mérites du Scenic, comportait des critiques grossières des transports en commun vus par deux "malheureux" passagers d'un bus.