Archives mensuelles : juillet 2013

HEINEKEN tenté par la nuit

On sait la publicité pour l'alcool très encadrée. Seules certaines mentions sont autorisées et tous les arguments ne sont pas exploitables.

Associer alcool et nuit a déjà tenté plusieurs marques. Mais en général, la justice a condamné toute tentative d'associer l'alcool au monde de la nuit.

Heineken tente une voie détournée, celle de créer une "bouteille nuit"

nuitsource visuel : barmag.fr

Série spéciale, cette bouteille comporte une encre spéciale réactive  qui permet d’afficher des étoiles filantes, ainsi qu’une étoile de lumière sous l’effet des ultraviolets.

Si cette bouteille ne pose pas de problème en elle-même, il en est peut-être autrement de la campagne de publicité destinée à en assurer la promotion

Heineken appuie en effet le lancement de cette série spéciale d'une campagne d'affichage qui ne résisterait pas forcément à une action des associations de lutte contre l'alcoolisme… On la voi ici dans sa version diurne, mais la version nuit est encore plus évocatrice.

heineken nuitsource visuel : facebook.com

Peut-être à suivre?

Pub pour l’alcool : un arrêt important de la Cour de Cassation

Le 3 juillet, la Cour de cassation a rendu un arrêt important relatif à la publicité pour l'alcool. Cet arrêt opposait l'ANPAA à la Société Ricard. Voici un des viusels qui étaient en cause :

ricardsource visuel : docnews.fr

Les faits

En juin 2011, Ricard lance une grande campagne de communication sur plusieurs médias (presse, affichage, internet). Cette campagne est connue sous l'appellation "Un ricard, des rencontres". L'ANPAA demande l'arrêt de cette campagne, et notamment la suppression du slogan "un ricard, des rencontres". Le 23 mai 2012, la Cour d'Appel de Paris lui donne gain de cause, mais la société Ricard se pourvoit en cassation.

La campagne présentait 4 visuels différents avec en haut à gauche les accroches suivantes "Rencontre#1Ricard/eau" "Rencontre#3Ricard/glace" "Rencontre#34Ricard/grenadine" et enfin "Rencontre#56Ricard/menthe". En bas à droite, chaque visuel portait la mention "UN RICARD, DES RENCONTRES".

Chaque visuel avait pour fond des nuages aux couleurs du produit ajouté

Les arguments

– sur le slogan "Un ricard, des rencontres", la Société Ricard explique que le mot "rencontre" fait allusion à l'association du produit avec un autre élément (eau, grenadine, menthe, glace), et non aux rencontres entre personnes. La Cour de cassation ne retient pas cet argument. Pour elle, le mot rencontre est un mot communément employé, et sera retenu par le consommateur dans son sens courant "faire des rencontres". Pour les juges, ce slogan ne traduit donc pas "le mode de consommation" Voici comment s'exprime la Cour : "le terme de rencontre est communément employé, et renvoie donc, dans l’esprit du consommateur, non à un mélange d’ingrédients, ou à un cocktail, mais au rapprochement entre personnes, associant la boisson alcoolique avec la possibilité de nouer des relations inattendues et fortuites, constituait une incitation directe à consommer du Ricard dans le but de vivre des moments de convivialité"

– sur la présence des nuages : pour la société Ricard, les nuages et la gamme de couleurs utilisée fait référence aux éléments ajoutés au produit, et au mélange ainsi produit, ce que l'on appelle dans le vocabulaire technique le "louchissement". Là encore, la Cour de Cassation retient une tout autre interprétation. Le consommateur retiendra des visuels une impression de légèreté et d'évasion. Pour les juges, ces visuels ne font donc pas appel aux références objectives et olfactives du produit.

La Cour de Cassation ne fait donc que confirmer la décision des juges du fait.

Pub pour l'alcool et Facebook.

L'arrêt rendu par la Cour de Cassation a une autre portée. On sait que la publicité pour l'alcool a été autorisée sur le net, mais avec des limites, notamment la nécessité de ne pas prendre la jeunesse pour cible.

C'est justement un des intérêts de cet arrêt. En effet, la société Ricard avait également conçu une application qui fonctionnait en lien avec facebook et qui permettait de partager une recette avec son réseau d'amis facebook et qui incitait les amis à récupérer eux aussi l'application Ricard mix codes.

La cour retient également que l'utilisation du # dans le slogan était de nature à attirer les personnes sensibles aux nouvelles technologies, donc notamment les jeunes.

La Cour de Cassation considère que cette démarche est "inopinée et intempestive" et que le fait qu'un internaute intervienne ne lui supprime pas son caractère publicitaire. "le fait que ce message soit relayé par l’intervention d’un internaute à l’intention de son « réseau d’amis » ne lui faisait pas perdre son caractère publicitaire"

C'est donc une condamnation sans appel de la publicité pour l'alcool sur les réseaux sociaux où les jeunes sont massivement présents, tel bien sûr que Facebook.

DROIT A L’IMAGE : l’erreur du siècle. Analyse

montreuxsource visuel : doubl3cream.com

Petite bombe dans le monde de la communication. Le Festival de Montreux (Suisse) met en filigrane de son journal du festival (numérique et papier) une photo d'enfant, sans doute récupérée sur internet.

Pas de chance : le petit garçon est Grégory Villemin, une des affaires les plus mystérieuses (et non élucidée )de  meurtre d'enfants.

La direction de la communication s'est bien sûr excusée.

Nous ne ferons pas de commentaire sur ce que nous pensons être une erreur, mais nous pouvons analyser un peu plus la situation juridique.

A qui la faute?

La faute serait attribuée à une … jeune stagiaire de 20 ans (vu son âge, assez normal qu'elle ne soit pas sensibilisée à l'affaire Villemin qui date de 1984). Mais cela ne dédouane en rien la direction du Festival. En effet, la stagiaire agit bien au nom de l'entreprise qui l'a accueillie. Et il appartient à l'entreprise d'accueil de mettre en place des procédures de validation de toute action de ses stagiaires. Ici, soit ces procédures n'existent pas, soit elles n'ont pas été respectées.

Image du mineur

S'agissant ici d'un mineur, il aurait de toute manière fallu solliciter l'accord des parents. Si cette exigence avait été satisfaite, le couac n'aurait pas eu lieu.

Données personnelles

Ce cas illustre (avec violence), l'exploitation sur internet des données personnelles et des images et photos.

Rappelons que des procédures existent, notamment de protection des photos. Le site "source" en l'espèce n'avait sans doute pas verrouillé suffisamment.

Responsabilité

La responsabilité du Festival est bien sûr engagée. Responsabilité pour préjudice moral vis à vis de la famille.

 

Avis en ligne : une 1ère mondiale française

Les avis des consommateurs semblent avoir une certaine importance pour les consommateurs. 9 consommateurs sur 10 disent en effet les consulter et 89% les jugent utiles.

Mais paradoxe, 75% des consommateurs ont conscience que certains de ces avis sont …. faux.

AFNORsource visuel : bluetouff.com

C'est dans ce contexte que l'AFNOR vient de proposer une norme (NF Z74-501) qui constitue une 1ère mondiale. Cette norme a été négociée avec 43 organisations professionnelles et soumises aux avis des consommateurs pendant deux mois avant d'être arrêtée.

Son maître-mot : la transparence.

Voici présentée les principales règles

COLLECTE DES AVIS

– l'achat d'avis est interdit

– les auteurs doivent être identifiés (tout en restant anonymes en ligne) au moyen d'un téléphone, d'une adresse mail ou d'un compte facebook

MODERATION

– tous les avis doivent être affichés, y compris ceux qui sont négatifs

– interdiction de modifier un avis

PUBLICATION

– les avis les plus récents doivent être en premières places

– les avis devenus caducs doivent être supprimés (datant de plus de 3 ans et de plus de 6 mois pour un restaurant)

Cette norme est pour l'instant soumise au volontariat.

Le site qui l'applique peut s'en prévaloir.

Réforme annoncée des aides à la presse

pressesource visuel : avf.asso.fr

Le gouvernement vient de confirmer ce mercredi les projets de réforme des aides accordées à la presse.

Bonne nouvelle pour la pluralité de la presse, tous les types de presse (et non seulement la presse d'information générale comme cela avait pu être envisagé), conservent la TVA réduite au taux de 2,1%.

Il est même envisagé, sans que des échéances ne soient fixées, de pouvoir étendre ce taux réduit à la presse en ligne.

Les innovations seront prioritaires dans l'attribution des aides, que même que le portage multi-titres.

Les aides aux kiosques seront également maintenues.

 

PUB TV : des réformes annoncées

On en parle depuis quelques semaines de manière de plus en plus insistante, et nous y avons dernièrement consacré un post.

pub tvsource visuel : yoo-mag.fr

Un assouplissement des règles de publicité à la TV est attendu. Voici les principales mesures qui pourraient voir le jour :

– ouvrir la pub TV au cinéma (un des dernier bastion encore interdit)

– permettre aux distributeurs de communiquer sur leurs opérations commerciales ou promotionnelles

– permettre aux parrains de communiquer sur leurs principaux codes de marques : leur slogan par exemple,leur symbole….

– possibilité de cumuler parrainage et placement dans certaines émissions.

Ces mesures pourraient voir le jour à l'automne.

On sait les investissements publicitaires à la télévision en retrait. Ces mesures pourraient servir de dopage.

Mais il faudra sans doute les compléter par une clarification du parrainage, notamment sur les chaines publiques sous peine de désorienter le téléspectateur…

A suivre donc…

HADOPI : la coupure internet, c’est fini

lepoint.fr

Le Journal Officiel du mardi 9 juillet publie un décret supprimant la possibilité de suspendre la connexion internet en cas de téléchargement illégal.

Depuis le rapport Lescure, cette mesure était attendue.

Rappelons que la suspension de connexion pouvait être prononcée, sur décision de justice, pour un délai d'un mois.

Elle avait été instaurée par la loi HADOPI II par décret du 10 juin 2010. En effet, le Conseil Constitutionnel avait censuré la loi HADOPI I, justement parce que cette suspension pouvait être décidée sans décision judiciaire.

En droit, on a de plus en plus tendance à considérer que la connexion à internet fait désormais partie des droits fondamentaux du citoyen. La décision de mettre fin à cette possibilité de suspension va donc dans le bon sens des libertés individuelles et droits fondamentaux.

La convention européenne des droits de l'homme dans son article 10 la considère d'ailleurs comme illégale.

Dans la pratique, le décret qui vient d'être publié ne changera pas grand chose puisqu'il faut rappeler que cette suspension n'a été prononcée en 3 ans, qu'une seule fois en mai dernier (voir post précédent).

2013 verra sans doute la fin d'HADOPI, le relais devant être assuré par le CSA.