Archives mensuelles : septembre 2014

La pub après 20H sur France TV : la confusion

france3-20081 source visuel : filmacreation.com

Alors que le président du CSA vient de prendre position contre le retour de la publicité sur les chaines publiques après 20 heures, (estimant que le marché est insuffisant pour ne pas nuire aux chaines qui ne vivent que de la publicité) voici que, dans le même temps, le PDG de France Télévisions annonce le retour de la publicité après 20H sur France 3…

Que faut-il comprendre?

En réalité, l'interdiction de la publicité sur France TV après 20H ne concerne que les publicités commerciales et les programmes nationaux. Les programmes locaux et régionaux, tout comme les publicités génériques ou d'intérêt général ne sont pas concernés.

C'est sur cette base que France 3 va tenter l'expérience dès octobre en proposant des écrans publicitaires à 20H10 d'une durée de 1 à 4 minutes, et d'abord sur 4 régions pilotes. Bien-sûr, en fonction des réactions du marché il n'est sans doute pas exclu d'étendre l'expérience à d'autres régions.

Quelles publicités?

Pour rester dans le respect de la loi de 2009, seules les publicités locales ou régionales devraient être admises.

Mais comment les définir? On peut imaginer que la publicité locale ou régionale serait celle qui donne une adresse locale ou régionale. C'est la solution retenue pour la radio pour la défintion des publicités locales.

Quels enjeux

Nombreux : le financement des chaines publiques pour lesquelles la taxe TV ne semble plus suffire, mais aussi dans le même temps un marché qui s'essoufle sur fond de crise économique mais surtout de concuurence de la E-Publicité. C'est un vrai dilemne

Biocoop « démasqué »

"Les messages ne doivent pas être construits sur des arguments dénigrants visant un ou des produit(s) concurrent(s)"

Telle est le principe posé à l'alinéa b/ de la règle 1.1 de la Recommandation de l'ARPP sur les produits cosmétiques.

C'est pour l'avoir oublié que Biocoop est aujourd'hui mis à l'index par le JDP à la suite d'une plainte de la Fédération des Entreprises de la Beauté

Etait en cause cette publicité qui compare les produits cosmétiques conventionnels aux produits cosmétiques bio :

biocoop source visuel : http://www.jdp-pub.org

et plus notamment cette mention : "jusqu'à 25% de parabène". Cette affirmation est en effet trompeuse et mensongère pour les produits cosmétiques conventionnels puisque la réglementation interdit plus de 0,8% de parabène. On est loin du compte!

Le visuel participe aussi fortement au dénigrement.

Merci au JDP d'avoir rappelé que mettre son produit en valeur ne passe pas par la mise à mort de la concurrence.

Vers le paquet de cigarettes neutre?

lefigaro.fr source visuel : lefigaro.fr

En vigueur depuis un peu plus d'un an en Australie, le paquet de cigarettes sans marque et sans logo aurait contribué à une baisse sensible de la consommation du tabac dans ce pays.

Mais le prix du tabac – parfois le double du tarif français – y est aussi sans doute pour quelques chose.

Le projet a été présenté ce jour devant le gouvernement par Marisol Touraine. Alors le paquet neutre est-ce pour bientôt chez nos buralistes?

Sans doute pas pour tout de suite car il faudra laisser le temps nécessaire aux fabricants pour s'adapter, et aux stocks pour s'écouler.

C'est bien sûr c'est la jeunesse que l'on vise ici à protéger. Car la marque sur le paquet participe à la tentation…. L'effet marque que l'on connait pour bien d'autres produits finalement.

La suppression de la marque et du logo va libérer de la place pour accentuer le message de mise en garde sanitaire, notamment en jouant sur des visuels exposant les ravages du tabac sur le corps humain.

La pub désormais autorisée aux Avocats

images  source visuel : ec.europa.eu

"Dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, l'avocat est autorisé à recourir à la publicité ainsi qu'à la sollicitation personnalisée.
Toute prestation réalisée à la suite d'une sollicitation personnalisée fait l'objet d'une convention d'honoraires. »

C'est en ces termes que l'article 13 de la loi du 17 mars 2014 sur la consommation légalise, pour les avocats, le recours à la publicité.

Comparaison avec l'existant?

Avant cette réforme, la publicité n'était pas totalement interdite. Mais elle était restreinte

Ainsi, L'Ordre National ou l'Ordre Régional pouvait faire de la publicité pour la profession. Une sorte de pub générique en sorte…

Il était admis qu'un avocat pouvait avoir un site internet. Admis aussi qu'il pouvait s'exprimer dans la presse ou des colloques.

Un cabinet pouvait aussi disposer d'une plaquette, mais à condition de ne pas la diffuser à l'extérieur….

Que change la loi?

Beaucoup de chose puisque désormais l'avocat pourra faire de la "sollicitation personnalisée". On peut en déduire (mais il faut attendre le décret d'application qui ne devrait pas tarder) que tous les médias peuvent désormais lui être accessibles. A quand une campagne 4×3 comme aux Etats-Unis? A quand un spot TV?. Le hors-média devrait également être autorisé. Un cabinet pourra donc demain lancer une campagne de e-mailings ou de publipostage, quitte à acheter des fichiers.

Une réserve cependant, cette sollicitation ne devra pas être "physique". Le démarchage restera donc interdit.

Sous quel contrôle?

Une question importante reste à régler : toutes ces communications devront-elles être validées par le Conseil de l'ordre? Cela permettrait de garantir un certain respect déontologique, mais obligerait l'Ordre à se structuer pour pouvoir répondre à la demande. Car on le sait, la publicité nécessite souvent réactivité.

Dès que le décret d'application sera paru, nous ne manquerons pas de vous en dire plus.

Projet de loi sur le numérique

redressement-productif.gouv.fr source visuel : redressement-productif.gouv.fr

 

Axelle Lemaire, Secrétarire d'Etat en charge du numérique a présenté mercredi 3 septembre en Conseil des Ministres les contours de son projet de loi sur le numérique, projet qui devrait voir le jour dans les premiers mois de 2015, après une concertation de près de 6 mois. Cette consultation sera pilotée par le Conseil National du Numérique.

L'objectif du projet est de mieux préparer l'économie française à l'air du numérique.

Droit à l’image : Julie Gayet gagne son action contre Closer

closer

Nous avions relaté en son temps l'action de Julie Gayet contre le journal Closer à la suite de la publication de sa photo "volée" alors qu'elle était dans sa voiture. Nous étions quelques jours après la révélation de sa liaison avec François Hollande.

L'affaire vient d'aboutir devant la justice pénale de Nanterre. Si Julie Gayet obtient gain de cause, les peines restent modestes : 1000€ avec sursis pour l'auteur de la photo et 3000€ avec sursis contre deux dirigeants de la revue. Rappelons qu'en la matière, ce sont les directeur et rédacteur en chef qui sont pénalement responsables

Une plainte « monstre » contre Facebook

numerama.comsource visuel : numerama.com

60 000 européens ont demandé (via un site internet) à ralier la plainte contre Facebook déposée par Maximilian SCHREMS devant le Tribunal de Commerce de Vienne.

Même si dans un premier temps l'auteur de la plainte dit ne pouvoir retenir que 25 000 des 60 000 demandes, voici une "class action" qui va sans doute faire couler beaucoup d'encre!

A l'origine de cette plainte, cet avocat autrichien, Maximilian Schrems qui avait découvert il y a quelques années que son compte Facebook (ouvert en 2007) représentait quelques 1222 pages de données collectées par le réseau social

Quel enjeu?

Il faut d'abord comprendre que les législations américaine et européenne sont très différentes en la matière. Le droit européen est plus protecteur des données personnelles de l'utilisateur.

Monsieur Schrems s'en prend notamment au Graph search, au tracking à travers les like, et à la transmission, non autorisée par le membre, de données personnelles.

Au-delà, on peut aussi faire le rapport avec les récentes décisions de Bruxelles en matière de droit à l'oubli. Et on se souvient que Bruxelles a obtenu récemment plusieurs succès en la matière, y compris contre Google.

Financièrement, il y a aussi un petit enjeu pour le réseau social puisque 500€ de dommages et intérêts sont demandés par plaignant.

Enfin, si cette plainte est déposée présentement contre Facebook, c'est bien sûr l'ensemble des réseaux sociaux qui pourrait demain être concerné. Et n'oublions bien-sûr pas Google…