Archives mensuelles : novembre 2015

Tabac : vers le paquet neutre

 

lefigaro.fr

Voici à quoi pourrait ressembler le paquet neutre

une plus grande place laissée aux messages sanitaires…

source visuel : lefigaro.fr

L’instauration en France du paquet de tabac neutre connait bien des rebondissements. Après sa suppression par le Sénat, puis les vives manifestations des buralistes, le voici cette semaine, réhabilité par l’Assemblée Nationale.

Nos députés ont en effet, mais avec 2 petites voix d’écart, adopté le principe du paquet de tabac neutre qui devrait apparaître chez nos buralistes en mai prochain. Paquet au format unique, aux mêmes couleurs, à la typo identique pour toutes les marques. Sur ce futur paquet, plus de logo, plus de charte graphique de marque. Le nom de la marque subsiste en petits caractères.

Vous l’avez compris, cette mesure entend lutter contre le marketing des cigarettiers. Marketing qui vise en priorité les plus jeunes et notamment les ados, plus sensibles à la fonction identitaire.

Ses détracteurs ne manquent pas d’arguments. L’Australie qui a été le premier à l’instaurer n’apporterait pas la preuve de son efficacité. Mais cette mesure a, dans ce pays, à peine trois ans et c’est sans doute un peu tôt pour un vrai bilan. Les buralistes quant à eux craignent une baisse de leur chiffre d’affaires, mais surtout un développement des ventes parallèles, que ce soit sur internet ou par contrebande. Sans oublier que cette mesure n’étant pas pratiquée dans les pays frontaliers, le risque de l’approvisionnement au-delà de nos frontières est réel pour les bureaux de tabac frontaliers. Les buralistes ne s’y sont d’ailleurs pas trompé, argumentant que leur profession est créatrice de lien social. Mais comment mettre en balance ce lien social et les milliers de morts liés au tabac?

Cette mesure est demandée depuis une dizaine d’année par l’OMS. La France serait de 4ème pays à suivre cette recommandation et le 3ème pays européen après l’Irlande et le Royaume Uni. Mais il faudra malgré tout une nouvelle délibération du Sénat. Quoi qu’il en soit, on voit mal l’Assemblé Nationale faire machine arrière…

5 ème rapport de la HADOPI

logohadopi[1]

Il est de ces institutions qui sont les mal-aimées de tous. C’est sans doute le cas de la HADOPI dont on annonce la disparition depuis au moins 3 ans. C’était même une des promesses de François Hollande. Et pourtant, cette institution est toujours là et entame sa 6 ème année. Paradoxe, son budget 2016 est en augmentation de 40% pour atteindre 8,5 millions d’€.

HADOPI, c’est la lutte contre le piratage des musiques et vidéos en mode P2P. HADOPI, c’est la réponse graduée. Quelques chiffres sont à retenir. Depuis sa création, elle a signifié,

  • 4,9 millions de premier avertissement par mail
  • 490 000 deuxième avertissement par LRAR

Mais surtout, elle a transmis seulement 361 dossiers au Parquet, dont 246 entre juin 14 et juin 15!

Pour sa défense, HADOPI plaide que 90% des internautes prévenus n’ont pas récidivé. Vertu pédagogique donc de la réponse graduée. Mais comment en être sûr? Ces internautes ne se sont-ils pas tournés vers le streaming?

Un rapport suggérait de remplacer la saisine du Parquet par une amende administrative. Est-ce la solution? Rappelons que dernièrement un accord a été signé pour tenter d’assécher les finances des sites de téléchargement illégaux en les privant de publicité. C’est sans doute aussi une piste. S’en prendre justement aux sites illégaux ne reviendrait-il pas moins cher?

 

Alcool : la loi Evin assouplie

sowine

source visuel : sowine-typepad.fr

La décision avait déjà été adoptée au Sénat. Elle vient de l’être à l’Assemblée Nationale. Ne manque plus que la publication de la loi. La réforme devrait donc pouvoir s’appliquer début 2016.

Rappelons l’idée : distinguer dans la loi Evin la publicité de l’information. Objectif : faciliter le travail des journalistes et le tourisme œnologique. Désormais, la simple information œnologique ne sera plus considérée comme de la publicité, et ne sera donc plus assujettie à la loi Evin. On peut alors imaginer de voir apparaitre sur nos écrans, grands et petits, des spots pour une région comme le bordelais ou la champagne, dès-lors qu’il existe une indication géographique…

Alors est-ce, comme le craignent les associations de lutte contre l’abus d’alcool, la porte ouverte à une publicité plus large et un accès aux médias interdits jusqu’alors? Tout va dépendre de son usage. Si on s’en tient à de l’information sur une région viticole, le risque peut être contrôlé. Mais on peut aussi se demander si promouvoir la région de Champagne, ce n’est pas indirectement promouvoir le champagne? Formulé autrement, quels sont les contours d’un « contenu informatif »?

Cette réforme avait été suggérée pour permettre aux journalistes d’être moins contraints et de ne pas risquer de tomber sous le joug de la loi Evin. Mais en plus de 20 ans les actions en justice contre un journaliste se comptent sur les doigts d’une main! Quant au tourisme œnologique que la réforme voulait aussi encourager, il ne s’est jamais aussi bien porté…

Alors, devant les risques d’une telle réforme, certains – telle que la Ministre Marisol Touraine – remettent en cause son bien-fondé.

Jours de France VS Jour de France

En 2010, Entreprendre, du Groupe Lafont Presse lance Jour de France. Une marque qu’il avait inscrite à l’INPI depuis 2003. La réaction du Groupe Figaro, propriétaire de Jours de France ne se fait pas attendre. La Cour d’Appel de Paris vient de trancher : Jour de France devra cesser ses parutions.

L’affaire est un peu plus complexe qu’il n’y parait, le Groupe Lafont Presse contestant la paternité du Groupe Figaro sur la marque. Il avait d’ailleurs, dans une instance précédente, obtenu gain de cause. Mais ce n’est pas l’avis des juges qui ont tranché en appel ce vendredi 20 novembre.

cineclap.free

Jours de France créé en 1954

Groupe Figaro

source visuel : cineclap.free

lafontpresse.fr

Jour de France lancé en 2011

Groupe Lafont Presse

source visuel : lafontpresse.fr

 

 

Les juges retiennent en effet que la trop grande proximité des deux marques, tout comme un code couleur (rouge et blanc) très proche sont constitutifs de CONCURRENCE DÉLOYALE, source d’un risque de CONFUSION dans l’esprit des lecteurs. Les juges estiment que le lancement, dans ces conditions, de Jour de France est contraire « aux usages loyaux et honnêtes du commerce »

Ils prononcent l’interdiction de publication de Jour de France, sous huitaine et sous la forme print comme sous la forme numérique. Entreprendre devra en outre verser 110 000€ de dommages et intérêts. Mais parions qu’il n’a pas dit son dernier mot.

Apps : ad supported

android
source visuel : phonandroid.com

C’est par un mail assez laconique et technique que Google informe les développeurs de la mise en place d’un label « ad supported » pour les applications sur Android qui contiennent de la publicité intégrée, dite in-app.

Cette mention « ad supported » sera portée sur le listing des applications de Google Play Store. Elle rentrera en application au 11 janvier 2016. Une mesure qui contribuera indiscutablement à une plus grande clarté.

L’INPI refuse d’enregistrer la marque Pray For Paris

 

PRAY

source visuel : paletsurplanchebois.org

L’histoire se répète… Comme après les attentats de janvier, l’INPI a reçu, et selon lui, dès le lendemain des attentats de Paris, des demandes d’enregistrement de la marque « Pray For Paris », ou encore « Je suis Paris ».

Dans un communiqué publié hier 20 novembre, l’INPI déclare avoir refusé cet enregistrement comme contraire à l’ordre public. Juridiquement une marque peut en effet être refusée à l’enregistrement dès-lors qu’elle peut être contraire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs.

En l’espèce, l’INPI considère – et comment lui donner tort – que tenter de récupérer à des fins mercantiles un mouvement populaire profond et dramatique est contraire à l’ordre public. Un acteur économique, poursuit l’INPI, ne saurait s’attribuer une telle vague populaire à des fins privées.

Pas sûr d’ailleurs que la marque « Pray For Paris » soit recevable puisqu’elle est utilisée depuis 2012 par un site de vente de vêtements en ligne. Cette marque s’est engagée à verser 20% de son chiffre d’affaires de cette semaine à la Croix Rouge.

 

 

 

Figaro Magazine : le reportage qui dérange

 

NY

source visuel : fm971.ca

Les Sociétés de journalistes s’étaient, à juste titre, émues à la suite de la publication dans Le Monde du 4 juillet 2012 d’un supplément sur l’Algérie « 50 ans après l’indépendance« , supplément qui n’était en fait qu’une commande. Une affaire similaire agite de nouveau les rédactions. Le Figaro Magazine a publié, le week-end dernier (7 novembre) , un reportage de 11 pages sur la participation au Marathon de NY de son rédacteur en chef, Guillaume Tabard. Mais tout laisse à penser que ce reportage répond lui aussi à une commande. Celle des chaussures de running de la marque Asics.

Les éléments semblent suffisamment probants : 5 photos dans lesquelles les dites chaussures apparaissent clairement. Et des phrases qui sont autant d’aveux, notamment cette légende accompagnant l’une des photos litigieuses : « Devant lui, ses précieuses chaussures de course Asics. Ce sont elles qui le porteront demain vers la ligne d’arrivée ». Ou encore « Le jour … où l’on a acheté sa 1ère paire d’Asics, des rolls au pied »!

La direction du Figaro assume en partie. Elle reconnait que le voyage, le séjour du rédacteur en chef et du photographe qui l’accompagnait ont été payés par Asics ». Mais il convient alors d’aller au bout et de reconnaître aussi l’infraction de publicité clandestine.

En effet, pour le droit, la publicité est consommée dès-lors qu’il y a transaction, quand bien même celle-ci serait en nature, comme cela semble être le cas en l’espèce.

Car le droit est sans ambiguïté. Toute publicité doit s’afficher comme telle. Le consommateur (ici lecteur) ne doit pas être piégé. Ne pas respecter cette règle tombe sous le coup du pénal et l’amende minimum encourue est de 6 000€. La responsabilité du Rédacteur en Chef est également engagée. Le reportage aurait donc dû mentionner son caractère publicitaire.

Alors comment qualifier le-dit reportage? Dans la presse, plusieurs qualificatifs sont avancés. Mais ils ne nous paraissent pas satisfaisants. Il ne s’agit pas de brand content, tout simplement parce que la marque Asics n’apporte aucun contenu, se contentant de mettre en valeur ses produits. Ni de placement de produit, car ce concept n’est pas reconnu à ce jour dans la presse écrite. Et la loi rend aussi obligatoire en cas, de placement de produit, d’en avertir le consommateur. Il ne s’agit pas davantage de parrainage, pour la bonne raison que le parrainage, (pour autant que l’on puisse l’adapter à la presse écrite) s’affiche clairement sous peine de ne servir à rien. Réfutons aussi la proposition de brand journalism. Ici, la marque Asics ne fait pas de journalisme de marque. Tous ces qualificatifs ne conviennent donc pas.

Non, les choses sont beaucoup plus simples. Montrer ou citer une marque dans un reportage en étant payé pour le faire porte un nom : c’est de la publicité. Et ici elle est clandestine.

Élargissement des aides directes à la presse

presse

L’élargissement des aides directes à la presse avait été promis par Fleur Pellerin. Un décret publié le 7 novembre vient de le rendre effectif. Jusqu’à maintenant, ces aides, qui représentent environ chaque année 130 millions d’€ sur le budget de l’État étaient réservées aux quotidiens généralistes. Dans le souci d’un plus grand pluralisme, ces aides profiteront désormais aux hebdos, mensuels  et autres bimensuels…

Mais, pour en bénéficier, 3 conditions sont requises :

  • ne pas tirer plus de 25% de ses revenus des recettes publicitaires
  • ne pas dépasser 300 000 exemplaires
  • ne pas avoir, au cours des 5 dernières années, subi de condamnation pour racisme, antisémitisme, incitation à la haine ou à la violence.

Cette dernière condition va, par exemple, exclure des titres tels que Minute ou Rivasol. En 2015, ces aides devraient représenter quelque 4 millions d’€ supplémentaires.  Une petite cinquantaine de titres vont en profiter.

C’est parti pour les extensions en .vin ou .wine

wi

source visuel : wikipedia.com

On en parlait depuis plusieurs mois de cette possibilité d’acquérir un nom de domaine en .vin ou .wine. Mais l’ICANN se heurtait à l’opposition des viticulteurs et des principaux pays européens producteurs de vin.

Le risque était en effet important de voir ces extensions achetées par des … non producteurs, notamment par de simples revendeurs ou distributeurs. L’ICANN a donc sur ce point apporté des garanties.

Garanties que ces extensions de pourront être acquises que par les détenteurs d’une appellation. Assez logique que « bourgogne.vin » (par exemple) profite d’abord aux viticulteurs de Bourgogne…

Rappelons que, très souvent, la commercialisation des extensions est aujourd’hui assurée par la Société californienne Donuts. Elle a promis de faire appel à un expert pour cette attribution. Ces extensions pourront être acquises pour une durée de 1 à 10 ans pour un coût annuel d’environ 50€. Ces acquisitions seront réservées jusqu’au 16 janvier aux privilégiés de la Trademarket Clearinghouse, puis ouvertes à tous à compter du 20 janvier 2016.

Un Guide pour une communication non sexiste dans les services publics

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (HCEFH) vient de publier un Guide pour lutter contre les stéréotypes sexistes dans la communication des services publics. Ce guide s’applique aussi bien en communication interne qu’en communication externe. il peut même guider le  choix des prestataires extérieurs.

HCEFH

source visuel : haut-conseil-egalite.gouv.fr

Voici les principaux reproches du HCEFH aux campagnes de communication des services publics :

  • le masculin qui prime trop souvent le féminin
  • les visuels
  • les couleurs douces pour les femmes et sombres pour les hommes
  • les positions lascives ou maternantes des femmes mais dominantes des hommes

Le Guide proposé comporte 10 recommandations pour une communication plus égalitaire. En voici quelques exemples :

  • éliminer les expressions sexistes
  • accorder les noms de métiers
  • ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle
  • parler « des femmes » et non de « la femme »
  • veiller à équilibrer le nombre de femmes et d’hommes.