Archives mensuelles : décembre 2015

Quand un liquide vaisselle donne dans le graveleux

ouset france

source visuel : ouestfrance.fr

A quelques jours de Noël, le BHV déclenche l’indignation sur Twitter. En cause, un packaging de liquide vaisselle de la marque Dishes Goods, jugé à la fois graveleux et sexiste.

Graveleux? Oui, à en juger par les slogans affichés sur les flacons du produit : « Il faut pomper pour que ça gicle » ou « C’est connu, le plaisir vient en astiquant » et « Ne pas avaler? Zut, pour une fois que j’étais d’accord »

Alors oui, pas très fin. Et pas très respectueux du consommateur. Pas très conforme non plus aux recommandations de l’ARPP. Le BHV s’en est défendu en expliquant qu’il fallait bien-sûr lire au second degré… Nous voilà rassurés!

Sexiste? Outre l’interprétation des slogans (dont nous laisserons à chacun la liberté), en cause un visuel de femme sur chaque packaging. En déduire que la vaisselle est une affaire de femme, il n’y a qu’un pas. Les grandes de ce monde n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir sur Twitter : Laurence Rossignol, notre Secrétaire d’Etat, Pascale Boistard, notre Chargée des Droits des Femmes, et même notre Anne Sinclair…!  Mais, selon nous, cette accusation de sexisme ne tient pas, puisque le même produit en version homme est disponible. Pour preuve ce visuel que nous avons trouvé après quelques minutes de recherche sur la toile :

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Le visuel sur le packaging est alors celui d’un homme, mais les slogans sont  identiques. Donc finalement, Dishes Goods prône que les hommes peuvent aussi faire la vaisselle… Ouf! A signaler que ce packaging a été conçu par une femme, Marie Colin.

Il est assez symptomatique de notre temps de voir un réseau social s’emballer à propos d’une publicité. Et de partage en partage, le bad buzz prend de l’ampleur. Symptomatique aussi de voir tous les acteurs s’apostropher et se répondre sur Twitter. Une spontanéité qui parfois peut prendre des allures de précipitation…

 

L’Allemagne lutte contre le racisme sur les réseaux sociaux

 

HELLOCOTON

Source visuel : hellocoton.fr

Alors que l’Allemagne a largement ouvert ses portes aux migrants, elle s’est trouvée en même temps confrontée à une recrudescence de propos racistes sur Facebook et Twitter. Le 20 octobre, Bild publiait, sur 2 pages, 41 messages haineux avec le nom de leurs auteurs, publication qui n’avait laissé personne indifférent.

L’Allemagne se devait donc de réagir. Dès septembre, elle mettait en place, avec les intéressés, un groupe de travail. Ce dernier vient d’aboutir à un accord signé le 15 décembre par Facebook, Twitter et Google.

Principale mesure de cet accord : l’obligation pour ces acteurs de supprimer les propos racistes dans les 24 heures de leur signalement. Une procédure de signalement simplifiée sera mise en place. Les réseaux sociaux s’engagent également à publier les rapports des ONG, histoire de faire contrepoids aux propos haineux.

Rappelons que juridiquement les GAFA ont seulement l’obligation d’intervenir en cas de signalement. En France « dans un délai raisonnable ». En Allemagne désormais, dans les 24 heures. Seule la non intervention après un signalement pourrait permettre une action pénale pour complicité. Ce sont là les limites du statut d’hébergeur.

 

 

 

Accord européen sur le « paquet données personnelles »

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source visuel : gralon.fr

En discussion depuis 2012, les mesures de protection des données personnelles ont reçu, mardi, un accord tripartite du Parlement européen, de la Commission et du Conseil des Ministres. Accord que le Gouvernement français qualifie, sur son site d’information, d’historique.

Les organismes gestionnaires des données seront tenus d’assurer une meilleure information sur le traitement réservé aux données. L’internaute pourra exercer un droit à la portabilité, c’est-à-dire demander le transfert de ses données d’un service à un autre.

L’accord confirme le droit à l’oubli lorsqu’aucun motif légitime ne s’y oppose. Les GAFA devront se conformer à la réglementation européenne, sous peine d’une amende pouvant atteindre 4% de leur chiffre d’affaires annuel!

Enfin, les internautes pourront contester la publicité ciblée.

Par contre, la fixation de l’âge à partir duquel un jeune peut s’inscrire à un réseau social sans l’accord de ses parents reste de la compétence de chaque État.

Ces différentes mesures devraient être définitivement adoptées au cours du 1et trimestre 2016, pour ne rentrer en vigueur qu’en 2018.

Publicité et anorexie : la profession de mannequin mieux encadrée

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source visuel : wikistrike.com

C’est dans le cadre de la loi santé que viennent d’être adoptées deux mesures de lutte contre l’apologie de l’anorexie que peut véhiculer l’excessive maigreur de certains mannequins.

La première mesure est tellement simple que l’on se demande comment elle n’a pas été mise en place plus tôt. Désormais, le mannequin devra fournir un certificat médical attestant que son état de santé est, au regard de sa masse corporelle, compatible avec l’exercice de la profession de mannequin. A la clé, une amende pouvant aller jusqu’à 75 000 €.

L’autre mesure est applicable si la silhouette a été retouchée au moyen d’un logiciel. Dans cette hypothèse, la publicité devra porter la mention « photographie retouchée ».

Quand on connait les ravages physiques et psychologiques de l’anorexie, on ne peut qu’applaudir !

Flash info : Pub TV

lemediaplus.comsource visuel : lemediaplus.com

Le projet de loi écologiste qui visait à interdire la publicité dans les émissions TV pour la jeunesse a été vidé de son sens en commission. Sans doute histoire de ne pas creuser davantage le déficit de France Télévisions. Mais son initiateur, Monsieur Gottelin, n’a peut-être pas dit son dernier mot? (voir notre article du 22 octobre)

Grains de raison ou de déraison?

« Aimer le vin, c’est aussi avoir un grain de raison » ou « Le vin, je l’aime, je le respecte ». C’est par ces slogans chocs que le lobby Vin & Société illustre sa campagne de communication lancée le 6 décembre. Campagne à gros budgets presse et internet.

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Source visuel : lemonde.fr

C’est sous couvert d’inciter à une consommation responsable que Vin & Société propose le concept 2.3.4.0, soit 2 verres par jour pour la femme, 3 pour l’homme, 4 pour une occasion et 0 sur une journée par semaine. L’annonceur prétend s’appuyer sur des recommandations émises par le plan national nutrition santé. Mais en réalité, ces seuils étaient des seuils d’alerte médicale que Vin & Société semble transformer en seuils de consommation « normale ».

Les réactions ne se sont pas fait attendre. L’ANPAA bien-sûr est montée au créneau, estimant que cette campagne est déraisonnable et qu’elle conduit à une banalisation de la consommation d’alcool. La Haute Autorité de Santé est également intervenue, attirant l’attention sur les risques d’un tel message, notamment chez les jeunes ou les personnes âgées ou à santé fragilisée.

Vin & Société qui semble par ailleurs avoir obtenu récemment gain de cause à l’Assemblée Nationale (voir notre article du 26 novembre) semble bel et bien partir en guère contre la loi Evin. Est-ce vraiment raisonnable devant les ravages directs et indirects de l’abus d’alcool? Et comment prôner que l’on puisse consommer à certaines occasions jusqu’à 4 verres d’alcool?

UberPop : la justice trace les limites entre taxi et covoiturage

C’est une décision d’appel qui était attendue et qui est tombée aujourd’hui. Elle permet à la Cour d’Appel de Paris de bien définir les frontières entre la profession de chauffeur de taxi et le statut (et non la profession…) de covoiturier.

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source visuel : uberpop.co.uk

Rappelons le contexte : UberPop s’installe en France en février 2014. Suite à la pression des chauffeurs de taxi, l’activité est interdit 18 mois plus tard, en juillet 2015. UberPop se retrouve devant la justice du 1er degré qui prononce une peine d’amende de 100 000€ pour concurrence déloyale et tromperie sur la nature de la prestation fournie.

En appel, les juges se font plus sévères puisqu’ils prononcent une peine 50% plus lourde, soit 150 000€. L’exercice de cette activité – conduire contre rémunération un client à un point donné et décidé par lui, n’est pas du covoiturage. La décision de la Cour d’Appel permet en effet de mieux cerner les contours de ces deux activités, notamment :

  • Dans le covoiturage, c’est le covoiturier qui fixe la destination. Dans l’activité d’UberPop, c’est le client transporté
  • Le covoiturage est une activité « accessoire ». Entendez, non professionnelle. Elle n’a pas pour objectif le profit, mais de partager les frais et de … faire des rencontres.

Les deux activités ont donc des finalités divergentes et, rappellent les juges, ne doivent pas être confondues. La voie est ouverte à un nouveau jugement qui devrait se dérouler début 2016 et dans lequel UberPop devrait être poursuivi pour pratique illégale de l’activité de taxi. A suivre donc.