Archives mensuelles : novembre 2016

Protéger sa vie privée

3 outils pour protéger sa vie privée.

Que ce soit par email, sms ou appel téléphonique, nous sommes trop souvent sollicités. Si le marketing direct est nécessaire, son ingérence dans notre vie privée est parfois difficile à accepter. Il existe pourtant des moyens de s’en prémunir. Petit tour d’horizon de ces outils qui veillent sur notre tranquillité, voire sur nos données personnelles…

Signal Spam est une Association loi 1901 qui regroupe à la fois des partenaires publics (La CNIL, la Gendarmerie, le dgccrf…) et privés (UDA, Microsoft, La Poste, Ebay…). Même si les textes prévoient que l’internaute ne peut pas être sollicité par Email sans avoir au préalable donné son accord, cette règle du Opt-in est loin d’être toujours respectée. L’internaute peut donc signaler sur www.signal-spam.fr les spams qu’il reçoit de manière indue. Sur le 2ème trimestre 2016, un peu plus de 2 millions de spams ont ainsi fait l’objet d’un signalement.

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www.33700.fr  vous permet de signaler les SMS et les messages vocaux que vous jugez inopportuns. En 2015, c’est presque 1,5 million de signalements dont 62% concernaient des SMS. 33700.fr regroupe les principaux fournisseurs d’accès (Bouygues Telecom, Orange, SFR) et les associations professionnelles.

33700

Le service www.bloctel.gouv.fr a été mis en place au 1er juin 2016. Il permet à un consommateur de s’inscrire sur cette liste d’opposition au démarchage téléphonique. L’inscription est gratuite. Mais attention, elle ne protège pas des appels des commerçants avec lesquels vous êtes déjà en relation commerciale ou auxquels vous avez donné votre numéro de téléphone. Elle est aussi inopérante vis-à-vis des organismes de presse, de sondage et des services publics. Une fois le formulaire d’inscription en ligne rempli, le consommateur reçoit un Email et devra cliquer sur le lien pour confirmer sa demande. Celle-ci deviendra opérationnelle au bout de 30 jours et pour une durée de 3 ans renouvelable.

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Que change la loi numérique?

La loi numérique a enfin été promulguée le 8 octobre. Elle restera dans l’histoire de notre démocratie, la 1ère loi accompagnée d’une grande consultation nationale, numérique of course. En septembre et octobre 2015, pas moins de 137 000 internautes se sont connectés au site dédié et 21 000 internautes ont donné leur avis. Un an plus tard, qu’apporte cette loi ?

L’enjeu de la loi numérique était important : accompagner la transition numérique et faciliter l’économie de demain. En somme un projet de société. La loi adoptée compte une quinzaine de dispositions. Nous avons sélectionné quelques-unes pour vous.

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L’ouverture des données publiques

Les administrations et les organisations publiques, ainsi que certaines entités privées mais bénéficiant de fonds publics, auront désormais l’obligation de partager sur leur site internet leurs bases de données, sous réserve d’anonymat. Les contenus de ces bases pourront alors être librement exploités.

Le principe de neutralité du net

La neutralité du net, c’est garantir le principe de non-discrimination technique d’accès au réseau en fonction des services et des fournisseurs. Tout le monde logé à la même enseigne …

La portabilité des données

La portabilité des données doit permettre à un internaute de récupérer toutes ses données d’usage d’une plateforme, notamment dans l’hypothèse d’un changement de fournisseur.

La loyauté vis-à-vis des internautes

Il s’agit principalement ici de garantir la loyauté des commentaires sur les sites internet.

La protection des données personnelles

Est par exemple posé le principe qu’un courriel doit être considéré comme un pli confidentiel, au même titre qu’un courrier postal cacheté !

La lutte contre le porn revenge

Le porn revenge devient un délit punissable d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 2 ans et d’une amende pouvant atteindre 60 000€

La mort numérique

Un internaute pourra, par voie testamentaire, décider de ce que doivent devenir ses différents comptes après sa mort.

Certaines de ces mesures sont déjà en vigueur, d’autres le seront progressivement. La loi renforce également les pouvoirs de sanction de la CNIL en multipliant par 20 le montant de l’amende maximale : 3 millions d’euros désormais !

Source principale : Dossier de presse Gouvernement

Source du visuel : ZDnet.fr

L’affichage alimentaire en test

Un règlement européen de 2011 a rendu obligatoire l’affichage sur les emballages alimentaires, de 5 valeurs nutritionnelles, règlement qui rentrera en application en France le 13 décembre prochain. Mais la forme de cet affichage sera déterminante pour la compréhension du grand public. Conscient de cet enjeu, le Gouvernement a lancé un test grandeur nature qui prendra fin de 4 décembre.

La France compte 15% de personnes en surpoids. Et nos nouveaux modes de consommation alimentaire n’arrangent rien… Il est donc essentiel de mettre au point un affichage suffisamment clair qui permette au consommateur d’identifier rapidement l’aliment qui lui convient le mieux, en fonction de son état de santé et de son mode de vie.

Depuis le 26 septembre, et pour 10 semaines, est conduit dans une quarantaine de grandes surfaces, un test auprès des consommateurs. Ce test porte sur 4 types « logos » possibles.

Le Nutri-Score :

Les aliments sont classés de A à E et de vert à rouge. A et vert correspondent à la meilleure qualité nutritionnelle.

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Source visuel : la voix du Nord

Le Sens

Cet affichage repose sur la fréquence de consommation conseillée, de 1 à 2 fois par semaine à occasionnellement.

Source visuel : lsa-consoaffichage-le-sens

Le Nutri-Couleurs

Cet affichage reprend le principe des couleurs type feux tricolores, mais appliqué aux 5 éléments nutritionnels dont l’affichage est obligatoire : quantités énergétiques, de matières grasses, d’acides gras saturés, de sucre et de sel.

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Source visuel : process-alimentaire.com

Le Nutri-Repère

Les 5 mêmes éléments nutritionnels sont repris, mais exposés en pourcentage.

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Source visuel : process-alimentaire.com

Ce test prendra fin le 4 décembre. Il sera accompagné d’enquêtes terrain auprès des consommateurs. Mais il permettra également d’évaluer les incidences de chacun des 4 modèles sur la courbe de vente des produits concernés.

L’affichage nutritionnel est complexe. Certains produits très (trop ?) nutritifs, tel que le chocolat, peuvent se trouver menacés par cet affichage. En outre, chaque consommateur a ses propres préoccupations de santé alimentaire, et trouver l’affichage qui convienne à tous est quasi impossible. Mais l’enjeu est réel face à la « malbouffe » qui nous menace tous à un moment ou à un autre…

Souhaitons que ce test ne subisse pas le même sort que celui lancé en 2012 sur l’affichage environnemental qui a lui finit … aux oubliettes.

A noter que, conformément au règlement européen, le logo qui sera retenu ne sera pas obligatoire, cet affichage reposant sur le volontariat… Mais peu à peu les marques s’y plieront au risque de voir interpréter leur refus comme un aveu de mauvaise qualité nutritionnelle…

Et vous, quel affichage préférez-vous ?

 

 

Sources : Europe1.fr et 60millions

Tabac et cinéma : quand le placement se fait clandestin

On le sait, depuis la loi Evin, toute publicité pour le tabac est interdite et cette interdiction s’étend à toutes les formes de publicité. Le Placement de produit compris, et quelque soit le média. Et donc au cinéma!

Et pourtant, nombreux sont les films qui enfreignent la loi en toute impunité (je n’ai jamais entendu parler de poursuites…). Les Intouchables et Cliente mettent en avant les paquets Malboro. Amélie Poulain au pied de son photomaton avec son sac Gitanes, vous la revoyez? Et Quartier VIP et ses Gauloises aussi?

Aujourd’hui, nous avons choisi un focus sur L’amour est un Crime Parfait. Il date un peu, mais reste un bel exemple de placement clandestin.

Nous laisserons les critiques cinématographiques donner leur avis sur le film, et nous nous contenterons de regretter que ce film soit (aussi) une véritable apologie du tabac.

crimesource visuel : ids.fr

Outre que les personnages fument du début à la fin (peut-être le remède à leur névrose?), outre les phrases du style « c’est bien que tu te sois remise à fumer », un plan du film montre durant plusieurs secondes et avec une identification très nette, 3 paquets de Gitanes entre les mains du héros (?) du film, Marc.

Voilà donc un film qui enfreint à la fois la loi Evin interdisant toute publicité pour le tabac et la réglementation du placement de produit. D’autant plus dommage que ce film est soutenu par des institutions cinématographiques respectables.

Dans 4 semaines arrive le paquet neutre. Au moins, celui-là on ne pourra plus l’exhiber à l’écran. Comme quoi…

Publicité comparative… ou pas!

Bonjour cher lecteur et heureux de vous retrouver après ces quelques mois de silence simplement dû à un surcroît d’activités. Intéressons-nous aujourd’hui à la publicité comparative mise à la une ces derniers temps par deux annonceurs nationaux : Biocoop et Chauffeur Privé

Biocoop : « N’achetez pas de pommes traitées chimiquement »

Biocoop lance, au cours de la 2ème quinzaine de septembre 2014 (oui, la justice est assez lente…), une campagne publicitaire (conçue par Fred & Farid Paris) qui dénonce les pesticides dans les fruits. Histoire de mettre en valeur son offre de fruits bio. La campagne est assez violente : jugez-en avec ces 2 visuels (source lareleveetlapeste)

biocoop-1

Trois associations professionnelles (Interfil, ANPP et FNPF) saisissent les référés mais sont déboutées en octobre 2014. Deux ans plus tard, le 21 septembre 2016, le TGI de Paris rend son verdict et cette fois-ci en faveur des demandeurs. Biocoop est condamné à verser à chacun des 3 plaignants 10 000 € de dommages et intérêts et à payer 9 000€ de frais de publication du jugement. Par contre la marque échappe à la condamnation de publicité trompeuse, les chiffres avancés s’appuyant sur un rapport scientifique de l’INRA de 2009…

Dans cette affaire, plusieurs médias ont évoqué la publicité comparative. Mais en l’espèce il est difficile de parler de publicité comparative. Celle-ci nécessite en effet que l’annonceur visé soit explicitement ou implicitement identifiable. Condition qui, nous semble-t-il en l’espèce, fait défaut, Biocoop s’en prenant de manière très générale à toute la filière fruits traditionnelle… Bien vague.

Reste que l’action de Biocoop peut être en effet attaquée, mais sous l’angle des règles concurrentielles. Lesquelles interdisent les actions en dénigrement et l’appel au boycott (nous ne sommes pas aux Etats-Unis). La campagne de Biocoop peut sans contestation avoir ces deux caractéristiques anticoncurrentielles. Ce qui justifie la condamnation.

Certains d’entre vous le regretteront. Avertir le consommateur qu’en mangeant une pomme il déguste 28 pesticides serait donc interdit? Oui sous la forme choisie par Biocoop, la publicité. Mais la marque aurait pu, avec bien moins de risques choisir les relations presse ou les relations Publics… ou d’autres moyens d’expression. D’autres se demanderont sans doute pourquoi le rapport de l’INRA en 2009 est-il passé inaperçu? Mais cela, est une autre histoire…

Quand Chauffeur Privé s’en prend à Uber

Si vous habitez une grande ville, notamment Paris et Lyon, vous avez sûrement vu cette campagne d’affichage lancée mi-novembre :

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On le voit sur ces affiches, Chauffeur Privé surfe notamment sur le Made in France en se présentant comme l’entreprise qui paie 100% de ses impôts en France et qui garantit un prix défini avant la course… S’il s’agit bien en l’espèce d’une publicité comparative, celle-ci n’est pas conforme aux exigences de la loi française qui date de 1992. En effet, une publicité comparative ne doit pas dénigrer le concurrent visé. L’ARPP ne s’y était pas trompée puisqu’elle avait émis un avis négatif sur cette campagne. Mais on le sait, un avis déontologique ne s’impose pas. Sans doute à suivre… !