Publicité comparative… ou pas!

Bonjour cher lecteur et heureux de vous retrouver après ces quelques mois de silence simplement dû à un surcroît d’activités. Intéressons-nous aujourd’hui à la publicité comparative mise à la une ces derniers temps par deux annonceurs nationaux : Biocoop et Chauffeur Privé

Biocoop : « N’achetez pas de pommes traitées chimiquement »

Biocoop lance, au cours de la 2ème quinzaine de septembre 2014 (oui, la justice est assez lente…), une campagne publicitaire (conçue par Fred & Farid Paris) qui dénonce les pesticides dans les fruits. Histoire de mettre en valeur son offre de fruits bio. La campagne est assez violente : jugez-en avec ces 2 visuels (source lareleveetlapeste)

biocoop-1

Trois associations professionnelles (Interfil, ANPP et FNPF) saisissent les référés mais sont déboutées en octobre 2014. Deux ans plus tard, le 21 septembre 2016, le TGI de Paris rend son verdict et cette fois-ci en faveur des demandeurs. Biocoop est condamné à verser à chacun des 3 plaignants 10 000 € de dommages et intérêts et à payer 9 000€ de frais de publication du jugement. Par contre la marque échappe à la condamnation de publicité trompeuse, les chiffres avancés s’appuyant sur un rapport scientifique de l’INRA de 2009…

Dans cette affaire, plusieurs médias ont évoqué la publicité comparative. Mais en l’espèce il est difficile de parler de publicité comparative. Celle-ci nécessite en effet que l’annonceur visé soit explicitement ou implicitement identifiable. Condition qui, nous semble-t-il en l’espèce, fait défaut, Biocoop s’en prenant de manière très générale à toute la filière fruits traditionnelle… Bien vague.

Reste que l’action de Biocoop peut être en effet attaquée, mais sous l’angle des règles concurrentielles. Lesquelles interdisent les actions en dénigrement et l’appel au boycott (nous ne sommes pas aux Etats-Unis). La campagne de Biocoop peut sans contestation avoir ces deux caractéristiques anticoncurrentielles. Ce qui justifie la condamnation.

Certains d’entre vous le regretteront. Avertir le consommateur qu’en mangeant une pomme il déguste 28 pesticides serait donc interdit? Oui sous la forme choisie par Biocoop, la publicité. Mais la marque aurait pu, avec bien moins de risques choisir les relations presse ou les relations Publics… ou d’autres moyens d’expression. D’autres se demanderont sans doute pourquoi le rapport de l’INRA en 2009 est-il passé inaperçu? Mais cela, est une autre histoire…

Quand Chauffeur Privé s’en prend à Uber

Si vous habitez une grande ville, notamment Paris et Lyon, vous avez sûrement vu cette campagne d’affichage lancée mi-novembre :

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On le voit sur ces affiches, Chauffeur Privé surfe notamment sur le Made in France en se présentant comme l’entreprise qui paie 100% de ses impôts en France et qui garantit un prix défini avant la course… S’il s’agit bien en l’espèce d’une publicité comparative, celle-ci n’est pas conforme aux exigences de la loi française qui date de 1992. En effet, une publicité comparative ne doit pas dénigrer le concurrent visé. L’ARPP ne s’y était pas trompée puisqu’elle avait émis un avis négatif sur cette campagne. Mais on le sait, un avis déontologique ne s’impose pas. Sans doute à suivre… !

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