Faut-il avoir peur de Yik Yak?

L’application Yik Yak devrait arriver en France dans les prochaines semaines. Occasion de faire le point sur ce qu’il est permis – ou non – au royaume des réseaux sociaux.

Yik Yak, l’appli polémique?

yik-yak

source : lafactory-npa.fr

Yik Yak est une application née en 2013 en Caroline du Sud. Elle a d’emblée rencontré un certain succès sur les campus américains. Vous allez comprendre pourquoi.

Yik Yak permet d’échanger avec les personnes qui se trouvent à proximité de vous, dans un rayon de 16 kms. Mais plus le nombre d’utilisateurs augmente, plus le rayon se rétrécit. On comprend alors le succès de l’application sur un campus de plusieurs milliers d’étudiants. Le yaker poste un yak (200 caractères maximum). Son yak prend place dans la timeline, et les personnes aux alentours peuvent réagir pour (+1 point) ou contre (- 1 point). Le yaker a un crédit de départ de 100 points, qui sera alors débité (-1) ou crédité (+1). Lorsqu’un yak atteint un score de – 5, il est retiré de la timeline.

Mais des abus ont eu lieu, au point que plusieurs universités américaines en sont arrivées à interdire l’application. Des abus encouragés par le fait que l’application est totalement anonyme. On évoque même la mort d’une étudiante américaine harcelée sur ce réseau… Des abus malgré les conseils de l’application lors de l’envoi du premier yak : ne pas porter atteinte à la vie privée, ne pas persécuter les autres yakers et signaler les yaks répréhensibles.

Et pourtant, tout n’est pas permis sur les réseaux sociaux.

Saisissons l’occasion de rappeler que le droit français (notamment la loi LCEN de 2004) et européen fixent les limites de la libre expression sur les réseaux sociaux. Ainsi, sont interdits les injures, les diffamations et les dénigrements. La dignité humaine et l’ordre public doivent y être respectés. Sur les réseaux sociaux il est également interdit de faire l’apologie des crimes contre l’humanité, d’inciter à la violence ou à la haine raciale.

Alors faut-il craindre l’arrivée de Yik Yak sur nos campus?

On le voit, le droit français est un rempart et devrait permettre de réagir en cas d’abus. L’anonymat accentue bien-sûr le risque de déviance. Mais il est peut-être bon de rappeler qu’un réseau social devient ce que ses utilisateurs veulent bien en faire. A l’échelle d’un campus, Yik Yak peut permettre des échanges intéressants entre étudiants, participer à la constitution d’une « communauté ». Aux yakers d’être vigilants !

En cas d’infraction ou de préjudice commis par un yaker, le droit civil (notion de responsabilité délictuelle) et le droit pénal seront là pour punir et/ou dédommager. Quant à la plateforme, sa responsabilité pourra également être engagée, conformément à son statut d’hébergeur.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s