Archives mensuelles : avril 2017

Naming : la Ligue 1 devient la Ligue 1 Conforama

La Ligue 1 de football et la célèbre marque d’ameublement Conforama se lient pour 3 ans dans une opération de naming. Occasion de faire le point sur cette pratique.

NAMING 1

source : sportune.fr

Le naming est une opération de parrainage (souvent sportif, mais rien n’interdit le naming dans d’autres secteurs) par laquelle une marque donne son nom à un équipement ou un événement sportif.

S’il porte sur un équipement public, il devra respecter certaines contraintes : servir un intérêt public local, respecter le principe de neutralité du service public et ne pas porter atteinte à l’ordre public. Mais il peut aussi porter sur un équipement privé. Dans cette hypothèse le naming est souvent une manière de financer des travaux de construction ou de rénovation. MMA a par exemple investi 3 millions d’€ dans le stade du Mans – devenu le MMArena – (en plus du million d’€ versé chaque année pendant 10 ans, mais relativisons car le stade inauguré en 2011 a coûté un peu plus de 100 millions d’€…) En échange de l’exploitation de l’équipement, le sponsor verse une redevance. Celle-ci est fonction de plusieurs critères : les conditions d’exploitation, le chiffre d’affaires espéré (billetterie, vente d’espaces publicitaires, répartition des charges etc…).

Mais le naming peut également être pratiqué sur des événements, telles que les Ligues sportives. Il est alors un sponsoring assez classique dans les mécanismes. Longtemps boudé, le naming semble conquérir le foot français. Depuis l’été dernier, la Ligue 2 est devenue la Dominos Ligue 2 et depuis le début d’année, l’e-sport n’y a pas échappé avec la Orange e-Ligue 1

Concernant la Ligue 1, Conforama l’a donc emporté devant un concurrent pourtant de taille : SFR. La marque d’ameublement s’est engagée pour 3 ans à compter de la saison 2017-2018. Et si aucun des protagonistes ne souhaite révéler les enjeux financiers, les indiscrétions parlent de 7 à 10 millions d’€ par an. Si ce chiffre était confirmé, ce serait le naming le plus important en France.

Preuve que la pratique du naming n’est encore pas communément acceptée dans notre pays, les critiques, sur Twitter notamment, ne se sont pas fait attendre. Heureusement, souvent avec humour. Histoire sans doute de rester sportif … #Ligue1Conforama

 

Twitter entend lutter contre les contenus offensants

Instagram a récemment pris des mesures contre les contenus sensibles. Twitter lui emboîte le pas en déclarant son intention de protéger l’internaute contre les contenus offensants.

Cette lutte contre les contenus, qu’ils soient sensibles ou offensants, n’est pas le fruit du hasard. Bruxelles a clairement invité les principaux réseaux sociaux à la vigilance. En Angleterre, Twitter, Facebook et Youtube ont dû s’expliquer deux heures durant devant le Parlement britannique. L’Allemagne a voté de lourdes amendes… La pression pour mettre fin aux comportements déviants sur le social media est bien là…

Vous avez sans doute vu apparaître sur Twitter ce tweet d’un nouveau genre : un rectangle gris avec pour seul message « Ce tweet peut comprendre des contenus potentiellement offensants ». Si vous voulez en savoir plus, un 2ème message d’avertissement vous attend : « Afin de le voir, vous devrez modifier votre sélection de médias offensants. Vous pouvez trouver ceci sous la section Sécurité des réglages de confidentialité et de sécurité de votre compte ». L’internaute qui le souhaite peut alors modifier ses paramètres

Twitter contenus offensants

source : twitter

Twitter s’est longtemps caché derrière le fait qu’un contrôle a priori des tweets était impossible et que le réseau ne pouvait donc intervenir qu’en cas de signalement. Ce n’est bien entendu que partiellement exact. Un contrôle a priori est possible, tout est question des moyens que l’on entend allouer à cette modération…

Mais qu’est-ce qu’un tweet offensant? Pour Twitter, c’est celui qui contient une attaque en fonction de l’âge, de l’ethnie, de l’identité ou de l’orientation sexuelle, du handicap, de la maladie, de la nationalité, de la race ou encore de la religion.

Si un internaute désire se rendre sur un profil signalé comme comportant des contenus offensants, il arrive sur un avatar, une image et un fil d’actus masqués. Mais l’internaute peut passer outre : « Yes, view profile ».

Reste le cas de l’internaute mentionné malgré lui dans une conversation. Il peut alors la masquer en actionnant la flèche en haut à droite, puis en choisissant « Masquer cette conversation ». Les futures notifications liées seront alors bloquées. Rappelons encore que sur Twitter, on a la possibilité de bloquer des mots ou des # : paramètres/notifications/mots masqués (écrire les mots ou # que l’on veut bannir, puis valider). On peut aussi se désabonner… et bien sûr signaler un tweet.

Il appartient à chaque réseau social de prendre les dispositions propres à garantir que le social media ne devienne pas une zone de non droit. Mais aussi à chaque internaute de rester vigilant et de se protéger. Responsabilité partagée…

Communication responsable : se poser les bonnes questions !

Alors que se déroulait mardi 4 avril le colloque #ComUnivert à SUP’DE COM Lyon, les réseaux sociaux s’enflammaient autour des campagnes de Nivea et de Pepsi. Quelles leçons pouvons-nous en tirer?

Le 6 ème #ComUnivert, colloque centré sur le marketing et la communication responsables, accueillait cette année l’Uda, Botanic et l’Agence Planète Verte. Occasion pour l’Uda d’expliquer comment cette instance s’efforce d’être une ressource au service d’une communication plus responsable, tandis que Botanic témoignait de son engagement sans faille à la cause et que le président fondateur de Planète Verte présentait les concepts développés par son agence. Tous s’accordaient sur la nécessité, pour un annonceur, d’être cohérent, d’aller au bout de sa démarche, et de se poser les bonnes questions sur l’ensemble de sa chaine de production…

Nivea et Pepsi qui, dans le même temps, déclenchaient la fureur de milliers d’internautes, se sont-elles posé les bonnes questions? On a du mal à le croire…

White is purity

nivea

source visuel : breitbart.com

C’est avec ce slogan que Nivea met le feu aux poudres par un post sur son Facebook Moyen-Orient. De nombreuses réactions sur la toile, et notamment sur Twitter parlent de racisme. La marque retire le post, présente des excuses et, ironie du sort, rappelle qu’elle milite pour la « diversité, la tolérance et l’égalité », reconnaissant que le post pouvait être trompeur (le mot est faible). Alors, comment une grande marque comme Nivea – qui affiche comme valeur la diversité – peut-elle valider un tel slogan?

Black Lives Matter

index

source visuel : français.rt.com

 

On connait le mouvement Black Lives Matter aux Etats-Unis. Il dénonce les violences policières faites aux Noirs. Pepsi, dans un de ses spots publicitaires en imagine une parodie, le top modèle Kendall Jenner allant offrir une canette à un policier. Les réactions sont immédiates, Pepsi est accusé de récupération, une récupération pour le moins maladroite. Là encore Pepsi s’excuse et se justifie en expliquant que ce n’était pas ses intentions, que son spot a mal été interprété. La marque semble expérimenter que la publicité opportuniste n’est pas toujours pertinente… et que tout mouvement n’est pas forcément à exploiter…

Deux marques de notoriété internationale dont la renommée n’est plus à faire et qui pourtant font le même faux pas. Devant ces faits, le conseil exprimé lors du #ComUnivert « se poser les bonnes questions » ne prend-il pas tout son sens?