Le #CleanTag en phase de test

Les premiers marquages publicitaires sur trottoirs sont apparus il y a un peu plus de 5 ans maintenant. Une pratique qui profitait d’une tolérance, alors que des textes l’interdisaient. Mais ça, c’était avant. Avant le décret du 22 décembre qui leur confère statut.

clean tag le figaro.fr

source : lefigaro.fr

Le clean tag avait réussi à s’imposer dans certaines villes, malgré les codes de la route et de l’environnement. En effet, l’article R 418-3 du Code de la Route dispose que l’affichage publicitaire est interdit « sur les signaux réglementaires et leurs supports, ainsi que sur tous les autres équipements intéressant la circulation routière » (trottoirs compris précise la suite du texte) et l’article R 581-27 du Code de l’Environnement édicte : « la publicité non lumineuse ne peut être apposée à moins de 0,50 mètre du niveau du sol »

Une expérimentation limitée…

La légalisation du #cleantag prévue par le décret publié au JO de ce 24 décembre est limitée à une expérimentation pour une durée de 18 mois et sur le territoire de 3 villes : Bordeaux, Lyon et Nantes. Des villes où justement des régies s’étaient spécialisées dans cette pratique.

Certains grands principes de l’affichage urbain lui sont étendus, tels que les 80 mètres entre deux marquages (disposition du Grenelle de l’Environnement). Pas question non plus de déroger aux zones d’affichage interdites par le Code de l’Environnement. Il devra également mentionner l’annonceur, mais comme doit le faire toute publicité.

clean-tag-mappy

source : envi2bio.com

… et encadrée

Le clean tag devra respecter certaines exigences :

– avoir une durée de vie n’excédant pas 10 jours, avec remise en état des lieux (même si cette exigence aura bien du mal à être appliquée)

– ne pas dépasser 2,5 m2

– être réalisé avec des peintures biodégradables à base aqueuse ou à base de craie

– prévoir une solution antidérapante

Chacune des 3 villes devra procéder à une évaluation tous les 6 mois, et au terme de l’expérimentation, un bilan général sera dressé. Outre un bilan quantitatif, il devra préciser les éventuels liens avec les accidents de la route, l’opinion des riverains, les impacts financiers pour la commune (les taxes payées par les régies), et le respect des normes techniques.

Les enjeux sont multiples et parfois contradictoires. D’aucuns considèrent que ce type d’affichage est bien moins polluant et envahissant que l’affichage traditionnel (et sans doute ont-ils en partie raison). D’autres y voient un envahissement du domaine public (mais n’est-ce pas déjà le cas avec les panneaux 4×3 ou autres mâts-porte affiches?). Certains mettent le doigt sur les risques occasionnés par la distraction des piétons…

Et si le clean tag était tout simplement un dommage collatéral du smartphone? Vous savez, cet outil qui nous fait, nous piétons, nous diriger nez … au sol?

 

 

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