Archives mensuelles : février 2018

« La Vie en LU »…

La célèbre marque nantaise vient d’être rappelée à l’ordre par l’ARPP pour avoir diffusée son slogan #LaVieEnLu sur une dizaine de compte d’instagrameurs… sans respecter les règles publicitaires. Explications.

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On le sait, le recours aux influenceurs est une tendance lourde de la communication des marques et les instagrameurs sont les plus courtisés. C’est sans doute le post de Camille Lacour qui soulève le plus de réactions. On y voit le sportif en compagnie de sa fille sur une aire de jeu, exhibant un paquet de LU avec en légende « #LaVieEnLu c’est un peu pour ma fille et beaucoup pour papa… ». Le selfie posté le 7 février va entrainer quelque 13 000 j’aime, mais aussi sont lot de réactions négatives « Arrêtez avec vos placements de produits ou pub » ou encore « Derrière il n’y a que du marketing ».

Que reprocher à ce post? Simplement d’avoir oublié de préciser qu’il s’agissait de communication publicitaire. Le post aurait dû mentionner « post sponsorisé ». C’est aujourd’hui chose fait : « sponsorisé par LU France ».

Les rapports entre influenceurs et marques devront être réglementés, et on croit savoir qu’un statut de l’influenceur est à l’étude depuis quelques temps. Mais cependant le droit français est clair. La règle de base en la matière veut que toute publicité soit identifiée comme telle. Cette règle impose donc à un influenceur qui assure la promotion d’une marque d’utiliser la mention « post sponsorisé » ou toute mention équivalente.

L’ARPP a réagi en rappelant la règle à la marque et aux instagrameurs concernés. D’autant que l’ARPP a dernièrement complété sa recommandation sur la communication digitale, identifiant 4 hypothèses où la mention « post sponsorisé » est obligatoire

  • l’influenceur et la marque ont des engagements réciproques
  • l’influenceur est rémunéré ou bénéficie d’une contrepartie
  • la marque exerce un contrôle éditorial
  • la communication de l’influenceur vise la promotion d’un produit.

Mais bien-sûr, un post sponsorisé n’a pas le même taux d’engagement…

 

 

Les Français et la #pub, désamour ou résignation?

Voilà plusieurs années qu’aucune étude sur les rapports que les Français entretiennent avec la publicité, n’avait été publiée. Raison de plus pour s’intéresser à l’étude « On vous dit tout » de Keep Calm. Une impression de « trop plein » s’en dégage. Exploration.

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La pub, rien que la pub?

A la question « quand une marque communique, s’agit-il de … » 67% des 500 personnes interrogées évoquent la publicité contre seulement 18% pensent à de l’information. Ils sont même 11% à songer à de la … manipulation. Et le tableau est complété par le fait que 63% des sondés estiment que la communication des marques est présente de façon permanente dans leur vie quotidienne.

A la question (certes bien orientée) « la communication des marques vous parait-elle invasive?« , c’est sans surprise que 98% ! répondent OUI. Au hit parade de la publicité invasive arrive la pub TV avec 82% devant la pub internet avec 64%. Mais il est vrai que l’étude sépare la publicité sur internet de celle sur les réseaux sociaux (27%) et sur les applications (25%). Ce qui peut en effet biaiser ce hit-parade… Car on sait par ailleurs que 83% des Français trouvent justement que la publicité digitale est trop intrusive. Du côté des médias bons élèves, la publicité au cinéma (avec seulement 8%) et l’affichage (avec 19%). A en croire ces résultats, ce seraient donc les mauvaises langues qui se plaindraient des avant-film et de l’invasion de l’espace public par les marques…

Une résignation assumée?

Une chose est certaine, la publicité parait omniprésente dans l’environnement du consommateur/usager. Et tout le mérite de cette étude est de le rappeler. Mais cela signifie-t-il que les Français sont peu sensibles aux nouvelles formes de communication qui se veulent plus tournées vers le service au consommateur, comme le brand content par exemple? Ou cela veut-il dire que les efforts de storytelling ont finalement peu d’impacts sur l’appréhension du consommateur? Pas si sûr puisqu’à bien y regarder, et toujours selon cette étude, les Français ne nous paraissent pas résolument publiphobes. Un sur deux (52%) reconnait que la communication (la publicité?) est un mal nécessaire et ils sont même 26% à considérer qu’elle a des effets positifs sur la société.

Une étude qui sonne comme un rappel (ou alerte?).

La publicité a ses vertus, et le consommateur sait les reconnaître…  à condition de ne pas en abuser!

Électro-ménager : vers un indice de durabilité?

Alors que chaque Français jetterait en moyenne plus de 20 kg de déchets électroménagers par an, la Secrétaire d’État à la Transition Écologique, Brune Poirson évoque la possibilité de créer un indice de durabilité. Explications.

lesoir.be

Cet indice de durabilité des appareils électroménagers prendrait la forme d’une notation sur une échelle de 1 à 10, échelle qui reposerait sur 3 critères principaux : la disponibilité des pièces détachées, la facilité de réparation et la disponibilité des outils et appareillages nécessaires aux réparations.

En ce qui concerne la disponibilité des pièces détachées, la loi française n’est pas totalement démunie puisque depuis mars 2015, les fabricants sont obligés d’informer les consommateurs de la durée durant laquelle les pièces détachées peuvent être trouvées en vue d’une réparation. On sait que SEB a montré l’exemple, garantissant une durée de 10 ans sur environ 40 000 références. Mais d’autres marques proposent cette disponibilité décennale et Miele ose les 11 ans!.

Cette mesure serait dans un premier temps sur la base du volontariat. Mais ce serait déjà une belle incitation des fabricants à … faire mieux que leurs concurrents. Au plus grand profit du consommateur.

Alors fini le temps de l’obsolescence programmée? Devenue on le sait un délit depuis 2015 punissable de 300 000€ d’amende, amende qui peut être portée à 5% du chiffre d’affaires en cas de circonstances aggravantes. Mais une loi difficile à appliquer car l’intention volontaire d’obsolescence programmée doit être prouvée. Pas facile. En septembre dernier, la 1ère plainte a été déposée par l’Association Halte à l’Obsolescence Programmée contre les principaux fabricants d’imprimantes.

La proposition de Madame Poirson mérite que l’on s’y attarde. Mais d’autres mesures législatives pourraient aussi être de réelles incitations à fabriquer et à consommer « durable ». Comme prolonger la durée de la garantie légale. A l’instar du site de E-commerce magarantie5ans qui inclut dans ses prix de vente une garantie de 5 années. Ou encore un taux de TVA réduit sur les réparations (la Suède applique une TVA réduite de 50%). Et pourquoi pas une mention légale qui accompagnerait toute publicité pour un appareil ménager – encourageant indirectement les fabricants à penser durable?

De grands magazines s’engagent pour leurs mannequins.

Les magazines du groupe Condé Nast International d’un côté, Elle et Version Femina de l’autre, viennent d’adopter une charte de bonne conduite visant, entre autre, à prévenir les risques de harcèlement sexuel. Un engagement qui les honore, en ces temps de scandales qui ont défrayé la chronique. Présentation.

La charte du Groupe Condé Nast International…

VOGUE

La charte adoptée par le Groupe Condé s’adresse aux fournisseurs et autres partenaires. Elle s’impose à toute séance de prise de photos ou de vidéos et vise à établir un environnement de travail sûr et respectueux.  La charte pose d’abord le principe que tout mannequin doit être âgé d’au moins 18 ans et qu’en cas de recours à un mannequin mineur, celui-ci doit bénéficier d’un accompagnateur choisi par l’agence. La charte prévoit qu’en cas de position dénudée, de photo de lingerie ou de maillot de bain ou encore de position sexuellement explicite, une fiche descriptive doit être remise aux participants. La charte précise qu’aucun sujet ne doit subir une pression pour « s’exposer plus qu’il ne se sent à l’aise« . Elle recommande que le mannequin ne reste pas seul avec un prestataire, photographe, maquilleur…

… et celle de Elle et de Version Femina

ELLE

VERSION FEMINA

La charte adoptée par ces deux magazines évoque d’emblée les notions d’éthique et de responsabilité sociétale. Elle rappelle leur engagement en matière de respect des droits de l’homme, de la diversité et de l’égalité entre hommes et femmes. Le ton est donné.

Engagement est pris de ne pas employer des mannequins dont la taille serait inférieure au 34 pour les femmes et au 44 pour les hommes . Lors des séances de photos ou de vidéos dénudées, tout comme durant les moments durant lesquels les mannequins s’habillent ou se déshabillent, ceux-ci ne peuvent se retrouver seuls avec un acteur du shooting. Bien-sûr, les situations de nudité doivent avoir été expressément acceptées par les intéressés.

Deux chartes assez proches l’une de l’autre qui visent à un plus grand respect d’une profession qui fait rêver plus d’un jeune. Un encadrement qui, nous l’espérons, apportera une plus grande sécurité au monde du mannequinat. Une démarche qui était sans doute nécessaire.