Archives mensuelles : novembre 2018

Instagram veut sévir contre les fake’s influencers

On sait la toile et les réseaux sociaux pleins de surprises et de faux amis. Faux comptes, faux abonnés, faux likes, faux commentaires… Difficile pour tout un chacun de faire la différence. Instagram prend les choses en main pour plus de transparence.

Le contexte

Les multiples petits et grands scandales qui ont ponctué l’actualité de Facebook ces derniers mois n’y sont sans doute pas pour rien dans les mesures envisagées pour lutter contre la fausse notoriété de certains comptes. Des comptes qui cherchent à grossir leur nombre d’adhérents ou leur popularité en faisant appel à des applications tierces. A l’heure où le marketing d’influence attire de plus en plus de marques, et à l’heure où Instagram devient dans le cadre de cette stratégie le réseau social le plus courtisé, il était temps d’agir. D’autant qu’il faut moins de quelques minutes pour trouver sur la toile ce type d’applications.

Que propose Instagram?

Instagram semble avoir mis au point un algorithme capable d’identifier les abonnés ou les commentaires provenant directement d’applications et non d’internautes en chair et en os. Les comptes ainsi identifiés seront dans un premier temps prévenus que ces faux abonnés ou faux commentaires ont été supprimés. Mais ils seront également invités à mettre fin à ces pratiques, notamment en modifiant leur code d’accès (dont le partage n’est en outre pas très sécuritaire). A défaut Instagram menace en précisant que ces comptes « pourraient voir leur expérience Instagram affectée ».

Une mesure nécessaire. Mais le vague de la menace manque de crédibilité. Instagram est-il réellement prêt à prendre des mesures radicales? La fermeture des comptes qui n’entendraient pas le message?

Écrans : un message sanitaire pour protéger les moins de 3 ans?

Le Sénat a adopté mardi 20 novembre – Journée Internationale des Droits de l’Enfant – une proposition de loi instaurant un message sanitaire pour protéger les enfants de moins de 3 ans des risques de surexposition aux écrans. Quel peut être le devenir de cette proposition?

Les enfants exposés de plus en plus tôt

Des études l’attestent. Les enfants sont exposés très tôt aux écrans. Ainsi, une étude de l’Inserm a démontré que 2 enfants sur 3 de moins de 2 ans regardent la télévision tous les jours et que 20 à 30 % d’entre eux utilisent au moins une fois par semaine un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Selon le baromètre Junior Connect’ 2017, les 1 à 6 ans passeraient chaque semaine 4H37 sur internet.

source : magicmaman.com


Une exposition qui n’est pas sans risque

Les risques d’une surexposition précoce sont multiples. Des troubles de la vision, du langage, du sommeil, voire même des effets sur le développement du cerveau. Devant ces enjeux, nombreux sont les médecins et les organismes scientifiques, telle que l‘Académie des Sciences,  à prôner l’application du principe de précaution.

source : journaldesfemmes

Imposer un message sanitaire

Sur l’initiative de la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, le Sénat vient d’adopter à 333 voix contre 2 (!), un projet de loi visant à mettre en place un message sanitaire qui concernerait tous les appareils munis d’un écran. Ce projet de loi comporte 3 mesures :

  • Obligation de faire figurer sur les emballages un message sanitaire attirant l’attention des parents sur les risques d’exposition aux écrans des enfants de moins de 3 ans
  • Obligation de faire figurer ce message sanitaire dans toute publicité pour ces produits
  • Mettre en place, sous le contrôle du CSA, une campagne de sensibilisation annuelle.

Quel devenir pour cette proposition?

Cette proposition demande, comme tout texte de loi, à être adoptée par l’Assemblée Nationale. Réunira-t-elle le même consensus? On peut s’attendre à des actions de lobbying fortes des professionnels concernés qui peuvent s’interroger sur l’effet psychologique d’un tel message sanitaire et son incidence sur les ventes. Mais surtout, la nouvelle Ministre, Christelle Dubois se montre réticente, alléguant qu’à ce jour les risques évoqués ne sont pas attestés par des études scientifiques.

Une position qui détonne dans ce concert d’unanimité. Le même jour, le 20 novembre, le Défenseur des Droits des Enfants, Monsieur Jacques Toubonrendait public son 1er rapport. Un rapport comportant 26 recommandations. Dont celle d’interdire les écrans avant 3 ans dans les écoles et les structures d’accueil, justement au nom du principe de précaution ! Espérons que notre Ministre saura finalement se ranger du côté des scientifiques et des pédiatres.

Le Blackhot : le code de détresse à faire connaître

Aujourd’hui 25 novembre, c’est la Journée Internationale contre les violences faites aux femmes. Droitdelacom.org s’associe à la démarche de promotion du point noir au creux de la main. Parce que toute communication est importante, surtout quand elle est un signe de détresse.

source : flair.be

La Blackhotcampaign est née en Angleterre. Elle a été imaginée en 2015 par une femme battue par son compagnon. Une femme qui, comme beaucoup d’autres, n’arrivait pas à en parler. Elle a alors eu l’idée de se peindre un point noir au creux de la main et de le montrer discrètement à une personne de confiance. Le Blackhot était né et est aujourd’hui utilisé aux USA, au Canada, en Australie… En France il est quasiment inconnu. Raison de plus pour nous associer à sa promotion.

Les chiffres des violences faites aux femmes font peur : selon l’OMS, 30% des femmes seraient concernés, et en France 1 million de femmes. Des femmes qui souvent ont du mal à en parler, par peur, parfois par honte ou sentiment de culpabilité.

Pour tous ceux et celles qui veulent en savoir plus, divers sites et moyens de communication existent : #lepointnoir et #blackhotfrance à utiliser sur les réseaux sociaux. http://www.lemurdesmains.com et http://www.lepointnoir.com pour en savoir davantage et savoir comment agir au cas où…

Ensemble, soyons attentifs à cette communication de détresse. Et n’hésitons  pas à partager.

Le Green Friday pour une consommation plus responsable

Ce Vendredi 23 Novembre, c’est le Black Friday. Vous êtes forcément au courant! Mais savez-vous que c’est aussi le Green Friday? Une réponse à la surconsommation effrénée. Décryptage

Arrivé timidement en France en 2013, le Black Friday semble cette année conquérir le consommateur français. Selon un sondage YouGov, 91% des Français connaissent cette journée promotionnelle, transformée en Black Friday Week par plusieurs grandes marques. Les prévisions de chiffre d’affaires pour 2018 tablent sur 1,3 milliard d’€…

Mardi : récolte dans nos boites aux lettres…

Mais ce succès s’accompagne cette année d’une plus forte résistance, dont la plus significative est peut être celle du Green Friday. Ce « Vendredi vert » a été lancé l’an dernier par Envie, le réseau de recyclage et de reconditionnement. Le Green Friday est devenu, sous la houlette de Altermundi, un collectif de 180 associations et entreprises. Il a obtenu le soutien de la ville de Paris (avec une subvention de 40 000€) et dernièrement celui de la ville de Lyon. Il bénéficie également de l’appui d’autres partenaires tels que le Réseau francilien Réemploi, Dream Act, Ethiquable ou encore Emmaüs.

Le Green Friday déclare la guerre à l’hyper consommation et à la consommation impulsive. Mais il entend aussi sensibiliser au recyclage, à la 2ème vie du produit et inciter le consommateur à réparer plutôt que jeter. Ce mouvement vise donc aussi à protéger la planète et lutter contre le pillage de matières premières.

Une des affiches 2017


Mais quelle est la promesse du Green Friday au consommateur? Aucune ristourne. Inutile d’espérer votre téléviseur à moitié prix (La Fnac) ou un téléviseur offert pour un acheté (MDA). Par contre, le commerce s’engage à reverser 15% du montant de votre achat à une association engagée pour une consommation plus responsable, telle que Zero Waste par exemple.

Le Green Friday n’est pas le seul mouvement de résistance au Black Friday. Des marques ont pris des positions courageuses. Comme la Camif qui a décidé de fermer son site d’E-commerce ce 23 Novembre. Comme Greenpeace qui a lancé l’opération « Faites quelque chose ». Traduisez « n’achetez rien! »  Ou encore Naturalia qui propose le Vrack Friday. Nature et Découvertes a fait le choix d’un Fair Friday. Initiative proche du Green Friday, une quarantaine de commerçants de Cherbourg s’engage à reverser 5% de la recette du jour au Secours Populaire.

Depuis quelques années, le combat pour une consommation plus responsable gagne du terrain, servant sans doute de terreau fertile au Green Friday. Rendez-vous dans un an?


L’alcool, un argument marketing à interdire?

En juillet dernier, la Fédération française d’addictologie avait tiré la sonnette l’alarme devant les produits non alcoolisés mais qui utilisent l’alcool comme argument marketing. Très souvent en direction des jeunes, voire des adolescents. La question rebondit cette semaine avec la discussion du budget de la Sécurité Sociale au Sénat.

Bonbons, sodas, jus de fruits, cocktails… sans alcool, mais au goût de l’alcool. La tendance arrive jusqu’aux produits cosmétiques, avec en prime, l’odeur de l’alcool ! Objectif : ancrer le produit dans nos mémoires gustatives. Du bonbon Lutti au goût de Spritz … au Spritz ? Du sirop Teisseire Mojito … au Mojito ? On semble bien être ici dans le message subliminal…

Et les marques ne cachent pas forcément leur (mauvaise) intention, à l’image de la publicité des bonbons Lutti :  » Pas envie d’attendre vendredi soir pour le prochain mojito? Emportez votre mini-dose (sans alcool) partout… » « la saveur de votre cocktail préféré à n’importe quel moment »…

Et la liste peut être longue. Vous cherchez une boisson non alcoolisée au goût de Mojito? Ces marques ont pensé à vous : Teisseire, 7up, Finley, Schweppes, Lipton, Sodatream… Sinon, votre supermarché vous proposera sans doute des yaourts copacabana.

Rebondissement ce jeudi 15 novembre au Sénat. Lors du vote du budget de la Sécurité Sociale, le sénateur Bernard Jomier propose de frapper ces produits d’une taxe de 5%. Il faudra bien-sûr encore l’aval des députés pour que la mesure entre en application.

Mais ne serait-il pas plus efficace d’amender la loi Evin et d’interdire l’alcool comme argument marketing ? Plus efficace, mais il est vrai pas forcément plus simple puisque, comme nous l’avons montré, bon nombre de ces produits sont déjà sur nos marchés. Une chose est sûre, il y a une faille dans notre arsenal juridique. Et les marketeurs ont su l’exploiter!