Archives mensuelles : février 2019

Les dates de péremption source de gaspillage alimentaire

Vous connaissez sans doute l’application Too Good To Go qui permet de lutter contre le gaspillage alimentaire. Forte de ses bientôt 3 années de succès, elle publie un Livre Blanc « Les dates de péremption, une idée dépassée?« . Un Livre Blanc qui fourmille de recommandations. A découvrir absolument.

Depuis son lancement, Too Good To Go a été téléchargée par 3,5 millions d’utilisateurs et a permis de sauver 10 millions de repas en Europe. Forte de cette crédibilité, la marque franchit un nouveau cap avec la publication d’un Livre Blanc en partenariat avec France Nature Environnement, « Les dates de péremption, une idée dépassée« . L’objectif est de proposer une révision de la réglementation des dates de péremption pour en faire un indicateur fiable et réduire le gaspillage alimentaire.

L’idée selon laquelle les dates de péremption sont sources de gaspillage n’est pas nouvelle. La Commission Européenne l’a estimée à environ 10% du gaspillage en Europe. Pour la compréhension de l’enjeu, il faut rappeler qu’il existe deux types de dates de péremption :

  • La date limite de consommation : « produit à consommer jusqu’au… » Sont concernés les produits hautement périssables
source : lanutrition.com
  • La DDM ou date de durabilité minimale : « produit à consommer de préférence avant... » Passé cette date, le produit a pu perdre certaines de ses qualités gustatives, voire nutritives, mais reste consommable. Ce qui est souvent méconnu de la majorité des consommateurs.
source : clcv-ille-et-vilaine.overblog.com

A noter que certains produits ne sont pas assujettis aux dates de péremption : les fruits et légumes frais, l’alcool, la boulangerie et la pâtisserie, le vinaigre, le sel, le sucre, la confiserie pour ne citer que les principaux.

Le Livre Blanc explique que les dates de péremption sont fixées par les industriels eux-même, car il n’y a ni normes ni harmonisation. Et les industriels conscients de leur responsabilité et de leur image jouent le principe de précaution…

Alors, quelles sont les recommandations formulées par ce Livre Blanc? Impossible de toutes les citer, mais nous avons retenu :

  • Harmoniser les dates par interprofession et par produits phares.
  • Supprimer les DDM pour les produits non soumis aux dates de péremption
  • Améliorer les packagings pour prolonger la durée de vie des produits
  • Optimiser la relation entre fabricants et distributeurs
  • Rendre les dates plus lisibles, plus visibles et plus compréhensibles
  • Favoriser l’éducation et la sensibilisation par des actions des pouvoirs publics, des distributeurs et des écoles.

Un chantier immense, à la hauteur des enjeux : mieux faire comprendre au consommateur le rôle des dates de péremption et lutter contre … la force de l’habitude en gagnant sa confiance ! Saluons la contribution de ce Livre Blanc à ce projet ambitieux.

Nous avons eu le plaisir d’interroger Stéphanie Moy chargée des relations presse de Too Good To Go et nous la remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Q1- Stéphanie, pouvez-vous nous présenter l’application Too Good To Go et ses résultats ?

L’application a été lancée il y a presque 3 ans. Elle permet de mettre en relation des consommateurs avec les commerces de proximité disposant d’invendus. Ces invendus sont transformés en « paniers surprise » et vendus pour 1/3 de leur prix normal, paniers que les bénéficiaires viennent récupérer en fin de journée. Cela permet au commerçant de réduire le gaspillage alimentaire, de valoriser ses invendus et de toucher une autre clientèle. Les résultats sont très encourageants : l’application a été téléchargée en Europe 3,5 millions de fois. En France ce sont 3 millions de repas sauvés et 6000 commerçants partenaires. En zone urbaine, on touche principalement les commerces de proximité, et en zone rurale les chaines de distribution.

Source : toogoodtogo.fr

Q2- En matière de gaspillage alimentaire, quels sont les 2 ou 3 chiffres qui vous frappent le plus ?

Des chiffres éloquents montrent en effet bien le fléau que représente le gaspillage alimentaire. Au niveau mondial, on estime qu’un tiers de la production est jetée. En France, le gaspillage alimentaire représente chaque année 10 millions de tonnes et 16 millions d’€. En moyenne sur une année, un foyer français jette ainsi 29 kilos de produits alimentaires.

Q3 – Votre Livre Blanc « Les dates de péremption, une idée dépassée » fourmille de recommandations. Quelles sont celles qui vous paraissent prioritaires dans le contexte actuel ?

Trois recommandations nous paraissent prioritaires. Il faut tout d’abord améliorer la lisibilité de la DDM. Ainsi on propose d’ajouter à la formule « A consommer de préférence avant… » « mais aussi après » ou une expression proche. Il est aussi important, comme nous l’expliquons dans notre Livre blanc, d’harmoniser les dates de péremption par interprofession afin qu’elles soient identiques pour un même produit. Enfin, il est nécessaire d’assouplir les règles entre les producteurs et les distributeurs.

Source : livre blanc

L’étude Reech lève le voile sur les influenceurs

La 3ème édition de l’étude Reech sur les influenceurs est d’une grande richesse. Elle permet de mieux appréhender ce marketing d’influence auquel aspirent bien des marques. Zoom et interview sur la façon dont les influenceurs informent leur audience.

Source : reech.com

Le marketing d’influence est en plein essor. Il fait rêver bien des marques, petites ou grandes. Dans le même temps, les influenceurs sont parfois sous le feu des critiques ou des interrogations : Ne trompent-ils pas leur audience en cachant le caractère commercial de leur engagement se demandent certains?

La relation entre un influenceur et une marque reste dominée par une règle d’une grande simplicité : toute publicité doit être identifiée comme telle. Donc, dès-lors qu’un influenceur est rémunéré par une marque pour mettre en avant des produits, cela doit être clairement dit. Et une rémunération en nature (voyage financé, don de produit…) n’échappe pas à cette règle.

La recommandation « Communication digitale » de l’Arpp ne dit pas autre chose :  » Pour l’identification de ces communications d’influenceurs réalisées en collaboration avec une marque (à moins que cette identification ne soit manifeste), il est recommandé d’adjoindre une indication explicite permettant de l’identifier comme telle, de manière à ce que ce caractère apparaisse instantanément » ou encore : « Cette identification peut se faire par tout moyen (dans le discours, dans le texte accompagnant le contenu, au moyen d’une mention dans la vidéo…) dès lors qu’elle est portée à la connaissance du public quel que soit son moyen d’accès au contenu« .

L‘étude Reech 2019 qui vient d’être publiée et qui a été réalisée sur plus de 1 300 influenceurs nous rassure. Les influenceurs jouent le jeu puisque 96% d’entre eux disent informer leur audience du partenariat à caractère commercial qui les lie à la marque.

Source : diaporama reech.com

Mais comment cette information est-elle faite? Certains optent pour un hashtag suivi du nom de la marque, d’autres pour des remerciements adressés à la marque ou encore par l’un de ces hashtags : #partenariat #produitoffert #remunere #collaboration #sponsorise #advertising (rappelons que #ad a, quant à lui, été jugé insuffisant par manque de clarté).

source : diaporama reech.com

L’étude Reech nous fournit également de précieuses informations sur ce qu’attendent et ce qu’apportent les marques dans la corbeille de ce partenariat. On y apprend que le placement de produit arrive largement en tête des pratiques (75%) devant le partage d’un code promo (30%). Quant à la rémunération, elle est dépeinte comme étant minoritaire par presque un influenceur sur deux (45%). Seuls 13,6% des influenceurs reconnaissent être majoritairement payés par les marques.

Une étude qui se veut rassurante : les influenceurs jouent la carte de la transparence vis à vis de leur audience. Et selon l’étude, cela serait vu de manière positive par leur audience dans 77% des cas. Le triptyque influenceur/marque/internaute semble donc avoir gagné en maturité.

Pour accéder à bien d’autres données, n’hésitez pas à consulter cette 3ème édition de l’étude Reech en vous rendant sur le site http://www.reech.com. Quant à nous, nous avons eu plaisir d’interviewer Céline Tessier, Head of Communication de Reech :

Q1- Céline, vous êtes Head of Communication de Reech et nous vous remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions. Par rapport aux éditions précédentes, quelles évolutions révèle la 3ème édition de l’étude Reech sur les influenceurs ?

« Notre sondage permet de mettre en lumière la forte évolution du marché de l’influence marketing et des attentes des marques. L’ensemble des acteurs sont en quête de professionnalisation et de meilleures pratiques pour réguler les nombreuses demandes. C’est pourquoi, cette année, nous avons voulu intégrer une nouvelle rubrique sur la transparence des partenariats. Un sujet, devenu incontournable et qui nous tient à cœur chez Reech, nous avons d’ailleurs adhéré à l’ARPP (l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité), afin de rendre les pratiques de l’influence marketing plus responsables ».

Q2- Les résultats de cette étude laissent-ils apparaitre des différences sensibles selon les medias ? (blogosphère, YouTube, Instagram…)

« De toutes les plateformes, on voit une concentration et appétence très forte pour Instagram en particulier, qui est la star de l’engagement, mais on observe aussi de près les nouveaux usages sur TikTok qui passe devant Snapchat, sur une autre cible ».

A lire également :

  • Instagram veut sévir contre les fake influenceurs – 30 novembre 18
  • Le marketing d’influence à la recherche de plus de clarté – 23 octobre 18
  • Marketing d’influence : 3 règles à respecter – 26 mars 18

Février Sans Supermarché ?

Les propositions de mois ou de jour « sans » se multiplient et ciblent les « consomm’acteurs » soucieux de consommer autrement. « Février Sans Supermarché » est né dans la région de Neuchâtel en Suisse romande. Découverte. 

Source visuel : site envertetcontretout

Alors que, selon l’Ademe, la majorité (65,5% en 2014) des courses alimentaires se fait encore en grandes surfaces généralistes, se passer de ces temples de la consommation peut paraitre un véritable défi. Mais c’est justement de défis lancés par des journalistes (ceux du Soir semblent très actifs) qu’est née l’idée d’un mois sans supermarché. De la Suisse romande, il semble recevoir un écho en France où une petite vingtaine de groupes Facebook se sont déjà constitués, notamment dans les régions du Jura, de Strasbourg, de Lyon, de Bourgogne pour ne citer qu’elles.

Février Sans Supermarché a été initié par En Vert et Contre Tout en 2017 et avait été suivi cette année-là par 800 adeptes. Mais la mobilisation progresse puisque, selon les statistiques, 20 000 personnes auraient participé en 2018.

En Vert et Contre Tout insiste pour que cette proposition ne soit pas présentée comme un boycott (« On a encore besoin des grandes surfaces ») mais comme un appel à consommer autrement. Et les pistes proposées sont nombreuses : acheter moins, favoriser le commerce local et les marchés ainsi que les achats de saison, soutenir les petits producteurs et les petits détaillants, acheter en vrac… Mais aussi lutter contre le suremballage, notamment alimentaire, des grandes surfaces.

Les rubriques du site dédié http://www.envertetcontretout.ch donneront des idées à ceux qui souhaitent relever le défi. Principales rubriques : Vidéos (promotion du covoiturage par exemple), DIY (faire sa lessive avec du lierre), Food (découvrir les laits végétaux), T’as vu ça? (une vidéo sur les pailles en plastique)…

Février Sans Supermarché vient s’ajouter aux déjà nombreux défis : Rien de Neuf lancé par ZeroWaste, le Lundi Vert ou le jour sans viande ni poisson, Janvier sans Alcool… Indiscutablement, un mobilisation pour une consommation plus responsable est en train de prendre corps…

5 février : Safer Internet Day

Ce mardi 5 février, c’est la journée mondiale Safer Internet Day. Une journée dédiée à l’éducation des jeunes au numérique. Une journée qui se prolonge tout le mois de février sous forme d’ateliers et d’événements. En France, c’est la journée « Internet sans crainte ». Tour d’horizon.

De la journée « Safer Internet Day » …

La journée Safer Internet Day est organisée dans un peu plus de 140 pays et relayée en Europe dans le cadre du réseau Insafe. Son objectif est de sensibiliser les jeunes – mais aussi les adultes – aux risques d’internet et de promouvoir des pratiques plus sûres.

… A la journée « Internet sans crainte ».

En France, Safer internet Day est devenu Internet sans crainte. Un programme national de sensibilisation des jeunes aux risques d’internet. Cette journée est par ailleurs organisée dans 31 pays européens. Son organisation est confiée à la Société Tralalere avec appui de l’Agence du Numérique et de l’Union Européenne. Cette journée compte également de nombreux partenaires. La baseline du site internet en dit long sur la dynamique insufflée : « Donnons aux jeunes la maitrise de leur vie numérique ».

Les cibles sont bien sûr les jeunes de 7 à 12 ans et les adolescents de 13 à 17 ans, mais aussi les enseignants et les médiateurs. Le site http://www.internetsanscrainte.fr offre de nombreux outils pédagogiques : Vinz et Lou pour les 7/12 ans et Exmachina et L’Isoloir pour les 13/17 ans. Des outils spécifiques pour lutter contre la cyberviolence sont également proposés. Une offre pertinente alors qu’une étude diligentée par TF1 révèle qu’en 2018, la cyberviolence a progressé de … 66% et que les commentaires violents sur les réseaux sociaux représentent presque 10% des commentaires !

serious game destiné aux 13/17 ans

Cette année, la thématique centrale de la Journée Internet sans crainte est « Les écrans, les autres et moi ». Une invitation à tous nous interroger sur nos modes de consommation des écrans et la relation que nous accordons à l’autre. Pas toujours facile à une époque où la moyenne du nombre d’écrans détenus par foyer est de 6,4…

Le site Internet sans crainte propose également un numéro vert d’écoute,NetEcoute au 0800 200 000 et un contact pour les signalements : http://www.PointDeContact.net

Facebook a fait le choix de cette journée pour remettre leur prix aux 12 premiers lauréats de son Fonds pour le civisme en ligne. Premier prix de 200 000€ décerné à l’Association Résonances qui a mis au point une application destinée à lutter contre les violences faites aux filles et aux femmes.