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Affichage : vers la fin des bâches de chantier?

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Contre toute attente, les députés ont voté mercredi l’interdiction des bâches publicitaires sur les monuments historiques ou classés.

Ces bâches avaient trouvé leur source dans un décret de 2007 qui lui-même faisait exception au Code de l’Urbanisme. Ce décret posait certaines conditions : que la bâche n’excède pas 50% de la surface de l’échafaudage et surtout qu’elle soit respectueuse du site et du monument sur lequel elle était apposée, et cohérente avec le monument. A condition également que le prix payé par l’annonceur soit intégralement utilisé pour financer la restauration. Le choix cornélien entre contribuable ou annonceur privé.

Il est vrai que plusieurs dérives ont eu lieu. Des bâches trop voyantes et pas toujours respectueuses des conditions du décret. On a beaucoup parlé de la bâche Heineken l’été dernier sur l’Hôtel de la Monnaie de Paris, ou de celle d’Apple sur le Palais de Justice. On a même, parait-il, vu des bâches sur certains monuments, mais pas l’ombre d’un ouvrier alors que la bâche ne peut être apposée que pour la durée du chantier.

On se souvient aussi de l’intervention de notre Ministre de la Culture en mai pour faire retirer une bâche Apple de l’Hôtel des Vosges.

Les opposants crient à la pollution visuelle et au préjudice touristique. Le choix est difficile. On sait que le Ministère de la Culture ne parvient pas à financer tous les travaux nécessaires sur les monuments historiques, travaux qui souvent se chiffrent par millions d’€. Alors, laisser nos monuments se délabrer? Cela ne plaira sans doute pas davantage aux touristes…

La solution est sans doute dans un encadrement plus strict de l’application du décret de 2007. Mais nos députés viennent de faire un autre choix. Il faudra l’assumer.

A moins que nos sénateurs ne les suivent pas…