Tous les articles par henririvollier2

De l’intention à l’interprétation. Le cas #Dove

De l’intention à l’interprétation, il n’y a parfois qu’un pas, et les publicitaires le savent bien. Des publicités peuvent choquer. La faute peut être intentionnelle, mais il arrive aussi qu’elle participe d’une maladresse. Chacun se forgera une opinion sur la récente mésaventure de Dove.

DOVE

le début de la vidéo qui a provoqué le scandale

source : lexpress.fr

La semaine dernière, la marque Dove a déchainé les passions sur les réseaux sociaux américains. En cause, une vidéo publicitaire destinée à internet. Cette publicité vante les mérites d’une crème pour la peau. On y voit une femme noire ôter son T-shirt, ce qui laisse apparaître une 2ème femme à la peau… blanche. Il n’en fallait pas plus pour que de nombreux internautes accusent alors la marque de racisme. Les réactions vont jusqu’à l’appel au boycott des produits Unilever (#BoycottDove).

Et pourtant, cette vidéo a une suite. Car à son tour la femme blanche ôte son T-shirt, et on voit apparaître un 3ème visage de femme à la peau mate. Le message semble donc dire que la crème convient … à toutes les peaux, à toutes les femmes. Et là, on est loin du racisme !

dove 3

La vidéo dans son intégralité des 3 visages

source lalibre.be

L’erreur est sans doute pour Dove et son agence d’avoir été un peu vite en besogne. La marque n’a peut-être pas procédé au bon vieux pré-test de rigueur (il est bon parfois de revenir aux fondamentaux) qui aurait évité cette mésaventure dont Dove se serait bien passé. Un pré-test qui paraissait d’autant plus utile que Dove avait déjà connu une alerte en 2011 avec une publicité pour une crème hydratée. Une publicité plus difficile à défendre.

dove 2

La publicité de 2011 pour une crème hydratée

et qui pouvait être prise pour un message raciste

source : marianne.net

Pour conclure, rappelons que Dove a aussi été une marque pionnière dans la mise en valeur de la diversité des corps féminins. Alorsresponsable, mais pas coupable?

#Avis en ligne : un encadrement renforcé au 1er janvier

Nous présentions dans notre article du 11 décembre dernier la mise en place, dans le cadre de la loi numérique, de la norme NF Z 74-501 relative aux avis en ligne des internautes. Un an plus tard, une enquête de le DGCCRF révèle que bien des progrès sont encore possibles.

  • avis-en-ligne

Au moment de tester un nouveau restaurant, qui n’est pas influencé par les avis en ligne? Une enquête de 2014 révélait que 41% des consommateurs reconnaissaient avoir acheté un produit ou un service après avoir lu un avis positif. L’enjeu est donc de taille…

L’enquête de la DGCCRF (forte de ses 127 contrôles) fait ressortir un taux de non conformité de 35%. Parmi les principales fraudes :

  • les avis mis directement par le professionnel qui se fait passer pour un client
  • le fait de prétendre que les avis sont certifiés alors que la norme ne portent que le mode de collecte, la modération et le traitement.

Devant les enjeux, la réglementation sera renforcée dès le 1er janvier prochain. Le site devra assurer une information loyale, claire, transparente et fiable et préserver les conditions d’une saine concurrence. La véracité, les dates et le classement des avis risquent d’être particulièrement sous surveillance… Car au royaume de la concurrence, tout n’est pas permis.

Données personnelles : conscients des risques, les 18-24 ans ont cependant un comportement à risques

Le CSA a publié le 19 septembre dernier son rapport 2017 sur les Français et les données personnelles. Un rapport qui montre un certain paradoxe dans le comportement des 18-24 ans.

CSA

On sait les Français en général inquiets pour leurs données personnelles sur internet. 85% se déclarent, dans cette enquête du CSA conduite fin août, préoccupés. Mais c’est peut-être le comportement des 18-24 ans qui peut inquiéter.

Nés avec internet, beaucoup de ces jeunes en font leur terrain d’expression favori. Pour preuve, 72% reconnaissent y publier régulièrement des informations ou des photos personnelles, notamment sur les réseaux sociaux. 41% n’hésitent pas à laisser des données personnelles dans les forums.

Cette pratique quotidienne (pour la plupart) ne signifie pourtant pas que ces mêmes jeunes en ignorent les risques. Ainsi, ils se disent à 93% inquiets pour la protection de leurs données personnelles et à 48% très inquiets. Ils sont 61% à avoir déjà tenté d’effacer d’internet des données . 75% déclarent rechercher régulièrement des informations les concernant en tapant leurs nom et prénoms sur un moteur de recherche.

Un constat implacable qui prouve, s’il en était besoin, qu’une sensibilisation aux risques de l’outil est une nécessité. Certes, les dernières évolutions du droit national, le règlement européen applicable dans quelques mois, les décisions de la CJCE vont dans le bon sens. Mais la vigilance demeure de mise.

Droit à la déconnexion : tout doucement…

La loi El Khomri, dite « loi travail », a créé, dans son article 55, un droit à la déconnexion pour les salariés en dehors de leur temps de travail. (Voir notre article du 30 décembre dernier). Huit mois après son entrée en vigueur (1er janvier 2017), peut-on en faire un premier bilan ?

Il convient d’abord de rappeler que ce droit à la déconnexion est soumis à la négociation collective. Un premier bilan à moins de 12 mois n’est donc pas totalement significatif et doit être relativisé. Néanmoins, la fin de l’été a été marquée par deux enquêtes conduites chacune auprès d’un panel de 1 000 salariés.

IFOP

La 1ère enquête a été menée par l’IFOP entre le 7 et le 10 juillet. Et le résultat n’est pas en faveur de la déconnexion : 78% des personnes interrogées avouent continuer à se connecter sur leurs outils numériques, en dehors de leurs heures de travail. 37% avouent même le faire « souvent »… Les raisons avancées sont multiples :

  • les obligations professionnelles pour 31%
  • éviter la surcharge de travail au retour pour 26%
  • ne pas rater une opportunité pour 11%

Un salarié sur deux pense même que son entreprise n’a pas pris de dispositions suite à l’entrée en vigueur du droit à la déconnexion.

ELEAS

La 2ème étude est due au Cabinet Eléas. Elle a été conduite du 13 au 15 septembre. Les résultats sont peut-être plus nuancés (est-ce l’effet de la reprise du travail?). L’étude révèle que 33,5% des salariés restent connectés, taux qui monte à 51,5% chez les cadres.

Avec des chiffres sensiblement différents, ces deux études témoignent d’une même réalité : le droit à la déconnexion n’est pas entré dans nos réflexes. Les plus difficiles à convaincre seront peut-être les salariés eux-mêmes : 27% d’entre eux ressentent en effet, en cas de déconnexion, un sentiment de culpabilité… La séparation vie professionnelle et vie privée n’est peut-être pas pour demain…

#Gleeden revient en télévision…

C’est le 2 octobre que Gleeden revient en publicité télévisée. Ses campagnes en médias de masse ont toujours suscité de vives réactions. Avec une question de fond : une publicité prônant l’infidélité ou l’adultère est-elle conforme à notre droit? Éléments de réponses…

Selon une enquête IFOP de 2014, 1 Français sur 2 avoue avoir été infidèle (ce serait parait-il un record européen…). Et l’homme serait un peu plus infidèle que sa compagne. Mais ce sont bien les femmes qui sont les cibles des publicités de Gleeden, même si elles ne représentent que 40% des inscrits . Le positionnement du site n’est-il pas : « La rencontre extra conjugale pensée par des femmes ». Un site qui approche des 4 millions d’inscrits dont plus d’1 sur 2 serait français. (Une femme s’inscrit gratuitement alors que l’homme achète des crédits).

A chaque nouvelle campagne, son lot de réactions, voire de plaintes. La campagne qui démarre ce 2 octobre fera-t-elle exception? Rien n’est moins sûr. Alors, une publicité pouvant être considérée comme un encouragement à l’infidélité dans le couple tombe-t-elle sous le coup de la loi?

De quelques arguments

Du côté de ses partisans, on évoque bien-sûr la liberté d’expression. Or, l’affichage et internet obéissent justement à ce principe de liberté d’expression, pourvu que l’activité promue ne soit pas contraire à la loi. Et précisément, c’est en 1975 que la loi française a supprimé le caractère de faute que revêtait jusque-là l’infidélité dans le couple.

Du côté des opposants, on rappelle l’article 212 du Code Civil qui énonce : « Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance ». Dans ce contexte, la publicité pour un site de rencontres extra-conjugales reviendrait, selon eux, à encourager une violation du Code Civil, et serait donc, de fait, illégale.

Les antécédents

Gleeden s’est déjà essayé à la télévision. Mais pas toujours avec succès. Une campagne de parrainage de la météo sur BFM TV a avortée au bout de 48 heures sous la pression des réactions des téléspectateurs. Nous étions en Juin 2011.

En Octobre 2013, le JDP a été saisi pour une campagne d’affichage utilisant 3 affiches différentes, notamment celle-ci :

GLEENDEN

Le JDP, dans une décision de Décembre 2013, a donné gain de cause au site de BlackDivine. Les principaux arguments alors retenus étaient que ces affiches ne portaient pas atteinte aux grands principes du Code des Pratiques Loyales de la Chambre de Commerce Internationale (légalité, décence notamment) ni à la Recommandation de l’ARPP sur l’image de la personne humaine. Le JDP estimant que chacun était libre de se sentir concerné – ou pas – par la proposition commerciale de Gleeden.

C’est en 2015 que la justice va être saisie pour la première fois. C’est encore une campagne d’affichage qui est en cause, sur les culs de bus de la RATP. Cette fois-ci, c’est une Association d’obédience catholique qui saisit le TGI de Paris. Elle reproche à la campagne publicitaire de faire la promotion de l’infidélité. Le même type de visuel est visé. Cette campagne avait entraîné une pétition sur CitizenGo, pétition qui avait atteint 20 000 signatures. Mais le TGI de Paris donne gain de cause à Gleeden et condamne même l’Association demanderesse à 2 000€ de dommages et intérêts au titre des frais de procédure… La décision du TGI s’appuie principalement sur le fait que l’infidélité n’est plus une faute aux yeux du droit français.

gleeden 4

La campagne qui ne laissa pas indifférent

Source : leditodufauteuil

En Avril 2016, Gleeden revient sur le petit écran sur M6 et C8. Mais il est vrai avec un spot plus édulcoré, l’Amanturière. Le site a par ailleurs largement communiqué dans les couloirs du métro parisien et on sait sa régie particulièrement vigilante sur les risques de dérapage…

Alors quelles réactions la nouvelle campagne peut-elle déclencher? Un spot décalé qui va vous inviter à secouer votre smartphone pour faire disparaître les preuves…  Rappelons que, puisqu’il s’agit d’un spot TV, celui-ci a été obligatoirement visionné en amont par la commission spécialisée de l’ARPP. Le spot que vous pourrez voir à partir de lundi (si vous êtes un peu couche tard car il ne peut être diffusé qu’en night-time, donc après 22H30) a reçu le feu vert de l’ARPP.

Comme on le voit, le débat reste ouvert chez les juristes… Quant à la morale, il appartient bien entendu à chacun de se forger son opinion…

 

 

Le « décret photoshop » entre en application

Adopté le 4 mai 2017 (voir notre post du 6 mai), le décret dit « photoshop » entre en application le 1er octobre. Il crée une nouvelle obligation, celle de préciser si la silhouette d’un mannequin a été retouchée. Contours.

DOVE

Source : Kaleidoskopiak

Objectifs visés

Ce décret veut avant tout protéger la jeunesse (les adolescent(e)s notamment) contre la dictature de la beauté. Lutter contre les risques de dévalorisation de soi, et les risques de l’anorexie. « Rose, rassure-toi, le corps parfait n’existe pas » est sans doute le message central de ce décret… Pour preuve le fait que ce décret soit intégré au Code de la Santé publique (art 2133-2).

Cibles et responsabilité

Le décret vise en tout premier lieu les annonceurs. C’est donc à l’annonceur à veiller au respect du décret, même en cas d’achat de photo dans une banque d’images. Bien-sûr, les prestataires de l’annonceur (agence, studio photo…) pourraient être poursuivis en complicité. Mais en cas d’infraction au décret, l’annonceur reste l’auteur principal.

Le décret vise également les agences de mannequins et les mannequins eux-mêmes.

Le champ d’application

Ne sont visées que les photos de mannequin à usage commercial et insérées dans un message publicitaire faisant l’objet d’une communication au public (affichage, presse, internet principalement). A défaut de précision du décret, on peut considérer que tout type de communication publicitaire est concerné, qu’il soit média ou hors-media.

Mais attention, le décret ne vise que les retouches concernant la silhouette du mannequin, donc lorsque la silhouette a été affinée ou épaissie par un logiciel de retouches d’image (photoshop ou autre). Les autres retouches (couleur, reflet, suppression d’une petite tache de peau, modification du grain de peau…) ne sont pas visées par le décret.

La mention obligatoire

La photo retouchée devra être accompagnée de la mention « Photographie retouchée ». Cette mention devra apparaître de façon

  • accessible
  • aisément lisible (donc pas en contre sens de la lecture)
  • de manière clairement différenciée du message publicitaire (couleur ou fond en contraste). Il est d’ailleurs à noter que le décret renvoie de lui-même aux recommandations de l’ARPP, belle reconnaissance du travail d’autorégulation conduit depuis des années par cette institution.

A noter toutefois qu’aucune taille minimale de la mention n’a été imposée par le décret.

Les sanctions

En cas de non respect du décret, l’annonceur risque une amende pouvant atteindre 37 500€ ou 30% des dépenses de publicité engagées.

Un décret utile. Un décret qui rejoint les aspirations de nombre de consommateurs à la recherche d’une publicité plus véridique, d’une publicité qui ne mise pas que sur le paraître (ce qui n’interdit pas la part de rêve…). Bien des marques l’ont intégré (Dove depuis plus de 10 ans, Desigual plus récemment. Avec une mention toute particulière pour Asos et son engagement « zéro retouches » : la marque anglais ne supprime plus les vergetures ou les grains de beauté … ou autres boutons d’acné.

asos 2

 

Quand Asos ne corrige plus les vergetures sur les cuisses de ses mannequins

 

#Mannequinat : Kering et LVMH s’engagent

LVMH et Kering s’engagent pour faire bouger les lignes et lutter efficacement contre l’apologie de l’anorexie dans le mannequinat. Un engagement fort, impliquant une vingtaine de marques du luxe.

 

KERING

LVMH

C’est début septembre que les deux grandes marques ont signé une charte de bonne conduite et de responsabilité vis à vis de leurs mannequins. Cette charte est applicable partout dans le monde et concerne à la fois les séances photos et les défilés de mode. Elle va au-delà des prescriptions légales adoptées récemment et applicables depuis mai (voir notre post du 6 mai). Les principales dispositions visent à la fois à lutter contre l’anorexie, mais également à offrir aux mannequins des conditions de travail respectueuses de la personne. En voici les principales dispositions :

  • Les mannequins doivent fournir un certificat médical attestant d’une masse corporelle suffisante, certificat de moins de 6 mois alors que la loi se contente d’un certificat de moins de 2 ans
  • Les marques ne pourront pas employer des mannequins femmes d’une taille inférieure au 34 et hommes inférieure au 44
  • L’emploi de mineurs de moins de 16 ans pour mettre en valeur des vêtements adultes est interdit
  • Les scènes avec nudité ou semi-nudité doivent obtenir l’accord du mannequin et le cas échéant de son représentant légal
  • Les mannequins mineurs ne pourront pas travailler entre 22H et 6H et devront être « accompagnés » par leur agence
  • Les agences doivent apporter à leurs mannequins le soutien psychologique, voire psychothérapeutique dont ils peuvent avoir besoin.

On le voit, des mesures fortes. Espérons que, acteurs principaux du marché du luxe, Kering et LVMH réussiront à jouer le rôle de locomotive dans cette volonté d’offrir aux mannequins des conditions de travail décentes.

 

#Google s’engage contre la piraterie audiovisuelle

Selon une étude EY, 13 millions de personnes s’adonneraient en France à la piraterie audiovisuelle, ce qui représenterait 1,35 milliard de manque à gagner pour les ayants-droit. C’est dans ce contexte que Google vient de signer un accord avec les acteurs français.

youtube

Cet accord a été signé mardi 19 septembre au Ministère de la Culture. L’ALFA – Autorité de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle – en est le principal bénéficiaire. L’accord prévoit 3 mesures :

  • La mise à disposition par YouTube de son algorithme Content ID qui permet d’identifier et de gérer les droits. Cette mise à disposition est sans aucun doute la mesure phare de l’accord. Elle va permettre une identification et une centralisation des droits. Il sera alors possible à YouTube de bloquer les vidéos non respectueuses des ayants-droit
  • Une aide financière de Google au bénéfice de l’ALFA, pour une durée de 3 ans, renouvelables
  • Des actions de formation au profit des ayants-droit.

Un accord qui ne remplace bien-sûr pas l’action engagée par HADOPI, mais qui devrait permettre une meilleure protection des droits d’auteur sur le territoire français.

#CheckNews : « Demandez, nous vérifions pour vous »

A l’heure ou les fakenews se multiplient, nous saluons la belle initiative de Libé : permettre le dialogue direct entre un internaute et un journaliste. Et ainsi déjouer les fausses nouvelles et les rumeurs.

checkNews

Source visuel : checknews.fr

Lancé à titre expérimental durant la campagne présidentielle de mai dernier, CheckNews a repris du service ce 19 septembre. Mais cette fois-ci, à titre permanent. Durant la campagne, un test de 4 jours avait suscité 500 questions, qui elles-mêmes avaient engendré quelque 300 réponses.

L’idée est d’une grande simplicité : l’internaute pose directement sa question sur le site http://www.checknews.fr. Si le web ne fournit pas de réponse fiable, il a alors de grandes chances qu’un journaliste du service Désintox apporte une réponse qui se veut factuelle et sourcée. L’être humain remplace donc l’algorithme des moteurs de recherche. Ce qui permet à CheckNews de se définir comme « Le moteur de recherche humain ».

Le site proposera également une base de données des principales fakenews et intox que l’on trouve sur la toile et sur les réseaux sociaux.

Félicitons Libé de cette initiative qui indiscutablement apporte sa contribution au service d’une communication plus responsable.

Les taxes Netflix et YouTube publiées au JO

Votées respectivement en 2014 (taxe Netflix) et en 2016 (taxe YouTube), ces taxes attendaient leur décret d’application. Celui-ci vient d’être publié au Journal Officiel du 21 septembre. Leur entrée en vigueur est fixée au 1er janvier 2018. Tour d’horizon en 4 questions-clés.

youtube

Quel objectif ces taxes poursuivent-elles?

Ces taxes visent à contribuer au financement des œuvres audiovisuelles françaises. Jusqu’à maintenant, seules étaient taxées les vidéos physiques et celles émises par des plateformes de TV ou de VOD françaises. L’objectif de ces nouvelles taxes est donc d’établir une équité de traitement fiscal entre les plateformes françaises et étrangères, mais aussi entre les plateformes payantes et gratuites.

Quelles seront les entreprises assujetties?

Seront assujetties toutes les entreprises de vente ou de location de vidéos physiques ou dématérialisées établies en France, ou mettant à disposition du public en France des œuvres audiovisuelles, y compris gratuitement. Seront donc assujetties les entreprises dont le siège est à l’étranger. Quelques exonérations sont prévues : notamment les plateformes d’information (médias) et AlloCiné.

Sont donc directement visées les principales plateformes : YouTube, Netflix, Amazon Vidéo, Twitch, Itunes, DailyMotion….

Quel est le montant de ces taxes?

Leur montant est de 2%, calculés sur le chiffre d’affaires (ou les revenus de la publicité si les œuvres sont mises à disposition gratuitement). La taxe passe à 10% pour les œuvres pornographiques ou celles prônant la violence.

Qui bénéficiera du produit de ces taxes?

Le produit de ces taxes sera versé au Centre National du Cinéma jusqu’à concurrence de 70 millions d’€. Au-delà, c’est l’État qui serait directement bénéficiaire.

Reste une inconnue : l’État français aura-t-il les moyens de recouvrer ces taxes à l’encontre des plateformes étrangères? A défaut, ces taxes pourraient bien revêtir un caractère anticoncurrentiel au détriment de l’industrie audiovisuelle française…