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B2B : le E-commerce signe une charte de bonne conduite

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De très nombreuses TPE et PME vendent leurs produits sur les marketplaces mais restent trop souvent à la merci du bon vouloir de ces dernières. Une dizaine de plateformes signent ce mardi 26 mars une charte de bonne conduite pour plus de transparence et plus de bienveillance. Quel est son contenu? Quelles sont ses limites?

Lorsque l’on est une TPE ou une PME, pouvoir commercialiser ses produits sur une des grandes plateformes de vente en ligne peut être une question de survie. A titre d’exemple, selon Amazon, 10 000 entreprises françaises vendent leurs produits sur la-dite plateforme. Mais ces entreprises peuvent parfois rencontrer de sérieuses difficultés dans leur relations avec les « géants » du E-commerce.

C’est pour identifier ces difficultés que le gouvernement avait mis en place durant tout le mois de novembre 2018 un site internet de doléances. Et même si ce site n’avait rencontré qu’un demi-succès (une centaine de témoignages seulement), les TPE/PME y font état de rupture unilatérale, de déréférencement brutal, de baisse des prix imposée, voire même de présence de produits contrefaits. Il convient de préciser ici que beaucoup de ces plaintes concernaient Amazon qui, malheureusement, ne signera finalement pas la charte, malgré les efforts déployés par Mounir Mahjoubi !

Après cet état des lieux, le travail de conception de la charte pouvait commencer. Il a impliqué l’Etat, les plateformes, la FEVAD et la CPME. Trois axes principaux peuvent être dégagés avec pour ambition de rééquilibrer la relation commerciale :

  • plus de transparence : les plateformes s’engagent à mieux informer leurs clientes TPE/PME. Objectif, lutter contre les clauses abusives et les décisions unilatérales
  • plus de bienveillance : les plateformes prennent l’engagement de mieux répondre, et dans des délais courts, aux demandes et réclamations de leurs clientes
  • instauration d’une médiation en cas de litige, sous le contrôle du médiateur des entreprises

Cette charte a le mérite d’exister. Mais en tant que charte, elle n’a bien-sûr pas de pouvoir contraignant. Elle repose sur le volontariat et est adoptée par Le Bon Coin, Darty/Fnac, Cdiscount, Ebay, La Redoute, Conforama… Malheureusement sa portée est limitée par le refus d’Amazon (20% du marché) et d’Alibaba d’y participer. Par ailleurs, ne risque-t-elle pas demain de devenir obsolète puisque l’Europe a engagé de son côté le même travail avec le projet P2B : Plateform to Business. Mais on le sait, les projets européens tardent parfois à aboutir…

Quoiqu’il en soit notre Secrétaire d’Etat au numérique reste déterminé. Pour preuve, l’annonce de la mise en place à Bercy d’un « observatoire des plateformes« . Histoire de vérifier que les choses évoluent dans le bon sens.

Source visuel : usine-digitale.fr