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Distribution de la presse : Projet de réforme

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Le gouvernement annonce pour le printemps un projet de loi réformant la distribution de la presse. Dans le même temps, l’APIG propose un « plan de filière » pour venir au secours du média presse. Tour d’horizon.

Bien que l’audience globale de la presse soit en légère progression (+1,9% en 2018), tout n’est pas rose dans l’avenir de ce média. La progression de l’audience est due exclusivement à la presse numérique alors que la presse papier poursuit inexorablement sa perte de lecteurs. Elle se heurte aussi à la perte de ses annonceurs qui préfèrent se replier sur le numérique. Sur les cinq dernières années, la presse papier aurait ainsi perdu plus de 70% de ses recettes publicitaires. Autant dire qu’un plan d’urgence s’impose pour résister à cette hémorragie. Et cela, d’autant plus que la distribution coûte cher : en moyenne un tiers du prix du journal ou du magazine.

Un Projet de loi pour réformer la distribution

Le projet de loi pourrait être discuté au printemps. Il concernera principalement la distribution de la presse papier. Celle-ci est aujourd’hui encore régie par la loi Bichet qui date de 1947. Vous vous en doutez, à l’époque il s’agissait surtout d’assurer la liberté de la presse en garantissant des conditions de distribution indépendantes de l’orientation politique du titre. Selon le gouvernement, le projet de loi réaffirmera le principe de « la liberté de diffusion et de la neutralité de la distribution » tout adaptant cette distribution aux nouvelles conditions économiques du secteur. Alors, que prévoit de projet?

La mesure phare : l’ouverture de la distribution de la presse papier à de nouveaux acteurs. Actuellement elle est assurée par deux sociétés coopératives : Presstalis (en grosse difficulté) et MLP (Messageries Lyonnaises de Presse). Le projet envisage donc d’ouvrir à de nouveaux acteurs dont les éditeurs de presse n’auront plus l’obligation d’être actionnaires. Une mesure qui risque de susciter bien des craintes quant au respect de la notion de service public.

Le projet prévoit également plus d’autonomie pour les marchands de journaux. Ils resteront tenus de distribuer la presse d’information politique et d’information générale (plus de 40 titres) mais pour les autres types de presse, ils pourront négocier. Cela devrait permettre de rendre l’offre plus lisible et de limiter les invendus. Le projet envisage également d’autoriser la création de points de vente en grandes surfaces… une façon sans doute de rapprocher la presse de ses lecteurs à une époque où kiosques et bureaux de tabac-presse connaissent eux aussi une forte hémorragie.

Le plan filière de l’APIG

Dans le même temps, l’Alliance pour la Presse d’Information Générale vient de remettre au gouvernement un plan de sauvetage de la filière sur 5 ans. Un plan qui comporte 17 mesures. Parmi celles-ci, la création d’un fonds de soutien à la transformation des imprimeries (sans doute pour une plus grande automatisation). Un fonds estimé à hauteur de 14 millions par an. La plan demande également le passage à une TVA à 0% (actuellement la presse bénéficie déjà d’une TVA au taux exceptionnel de 2,10%). Autre suggestion : considérer le portage (actuellement subventionné par l’État) comme un service à la personne – ce qui permettrait aux bénéficiaires de profiter d’un crédit d’impôt. Enfin, le plan propose de repointer les aides à la distribution payées par l’État sur les éditeurs de presse plutôt que sur La Poste comme c’est le cas actuellement. Un plan valorisé à hauteur de 169 millions d’€ par an sur 5 ans.

Des réformes qui devraient trouver le soutien des lecteurs si on en croit le sondage réalisé en octobre 2017 selon lequel 80% des Français disent préférer la presse papier à la presse numérique.

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