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« Éteignons la pub pour la malbouffe »

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L’UFC – Que Choisir et 6 autres associations réclament une interdiction des publicités pour les aliments non équilibrés en graisses, sucres et sels et ciblant les enfants. Ces Associations réclament « une loi de moralisation du marketing alimentaire »  Éléments du débat.

Le cri d’alarme lancé par l’Association de consommateurs et ses partenaires dans ce combat s’appuie sur un constat inquiétant : de 3% d’enfants en surpoids dans les années 60, le pourcentage d’enfants obèses ou en surpoids frise aujourd’hui 1 enfant sur 6. Bien évidemment, la publicité n’est sans doute pas la première responsable. L’éducation transmise par la famille, et la recherche de l’équilibre alimentaire sont sûrement les meilleurs moyens de lutter contre l’obésité des enfants et des adolescents. Le sport aussi. La lutte contre la surconsommation des écrans également. Mais impossible non plus de nier toute responsabilité de la publicité en la matière. Même si, malheureusement et à notre connaissance, aucune étude d’impacts de chacun de ces facteurs n’existe.

L’UFC a mené l’enquête en analysant plus de 7 000 spots publicitaires TV et Internet et en visionnant près de 450 heures de programmes. Et le constat est alarmant. Près de 4 000 spots vantant les mérites d’aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés visent chaque année la tranche des 4/14 ans.

Si les chaines télévisées publiques ont supprimé les spots publicitaires au sein des émissions destinées aux enfants, restent ceux intégrés dans les programmes grand public notamment sur les chaines généralistes. Et reste également les publicités sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux.

L’étude prend appui sur le nutriscore qui, on le sait, reste aujourd’hui sur la base du volontariat. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ainsi, si les produits classés D représentent, dans les publicités tous publics 31% des publicités, ce taux monte à 72% dans les publicités destinés aux enfants. Sont fautifs principalement les publicités pour les confiserie et les chocolats pour 43% et les publicités pour les fast-foods pour 33%. Alors qu’étonnamment les boissons sucrées ne représentent que 3% des publicités incriminées. Au global, selon cette enquête, les catégories D et E cumulées représentent 43% des publicités tous publics, mais 88% des publicités pour enfants. Un écart certes important mais qui s’explique selon nous en partie par la spécificité des produits promus auprès des enfants.

L’UFC Que Choisir en tire la leçon en réclamant une loi interdisant la publicité pour ces produits classés D et E. Une demande assortie d’une pétition en ligne, « Éteignons la pub pour la malbouffe ». Une pétition qui vise à atteindre 50 000 signatures. Alors, si cette interdiction peut faire avancer les choses, soutenons-la. Mais n’oublions pas que nous adultes devons prendre notre part de responsabilité.