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La feuille de route Numérique & Environnement du Gouvernement

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Le Gouvernement vient de rendre publique sa feuille de route pour concilier numérique et environnement et faire du numérique un outil au service de la transition écologique. Trois axes prioritaires et des mesures concrètes.

Un impact écologique qui doit nous alerter

Le premier impact du numérique est l’émission de gaz à effet de serre (GES). Les dernières études s’accordent autour du chiffre de 4% des GES imputés au numérique. Soit plus que toute l’aviation civile réunie… Selon L’Université McMaster d’Ontario, les technologies de l’information et de la communication pourraient représenter 14% des GES en 2040… l’équivalent de 4 fois le trafic aérien mondial actuel.

Selon l’Ademe, ces émissions sont liées avant tout à la production des outils numériques pour 44%, puis à leur usage pour 26%, à l’usage des réseaux sociaux pour 16% et enfin aux data centers pour 14%. Et si on fait un zoom sur les émissions de GES liées uniquement à l’usage des outils, 47% sont produits par l’utilisateur final, 28% par le réseau et 25% par les data centers.  Le Think Thank Shift Project nous alerte sur le fait que, si rien n’est fait,  le numérique représentera 7% des émissions de GES en 2025, et comme le confirme l’étude Le Grand (r)éveil digital, 14% en 2040.

Autre impact du numérique, la consommation d’énergie. Les chiffres de la consommation d’électricité mondiale liée au numérique connaissent quelques divergences selon les études. Pour l’INR le numérique consommerait 5,5% de l’électricité dans le monde et pour Digital For The Planet, cette consommation serait de 7% de la production d’électricité mondiale. Quoiqu’il en soit, si Internet était un pays, il serait d’ores et déjà le 3ème consommateur d’énergie derrière la Chine et les Etats-Unis.

Autre impact à ne pas négliger, les déchets électroniques. Selon le Rapport Global E-Waste Monitor 2020, ceux-ci ont atteint 54 milliards de tonnes à l’échelle de la planète, soit une moyenne par terrien de 7,3 kg, mais 16,2 kg pour un Européen et 21 kg pour un Français. Ces déchets pourraient s’élever à 75 milliards de tonnes en 2030.

3 axes prioritaires…

On ne peut donc plus faire l’impasse sur l’impact du numérique dans le réchauffement climatique, et le Gouvernement entend agir sans délai. Sa feuille de route rendue publique ce 23 février s’inspire à la fois des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat et du Colloque thématique qui avait eu lieu en Octobre dernier qui annonçait déjà les axes à suivre. Le plan d’action sera donc articulé autour de 3 axes :

  • Connaître pour mieux agir. Il s’agit ici principalement de chercher à collecter des données sur le sujet, données qui soient à la fois claires, précises et objectives, afin de pouvoir prendre les bonnes mesures. Le Gouvernement dispose également du Rapport commandé au Conseil National du Numérique, rapport fort d’une cinquantaine de propositions.
  • Soutenir un numérique plus sobre et plus responsable. Plusieurs des mesures proposées répondent à à cet objectif
  • Innover pour faire du numérique un outil de la transition écologique.

… Et des mesures concrètes

Quelles sont alors les principales mesures ? La plupart devraient prendre effet dans le courant 2021 promettent les Ministres Barbara Pompili et Cédric O. Le Gouvernement s’engage également sur des suivis réguliers des mesures proposées :

  • Créer un baromètre environnemental des acteurs dont la collecte des données sera confiée au régulateur des télécoms, l’Arcep
  • Soutenir les data-centers vertueux
  • Créer un fonds de 300 millions d’€ pour soutenir les initiatives de la green-tech
  • Intégrer la dimension environnementale dans le déploiement des nouvelles technologies, notamment la 5G, l’IA et le cloud
  • Conduire une étude sur les incidences du subventionnement des smartphones par les opérateurs à une époque où des millions de smartphones dorment dans nos tiroirs et où l’offre reconditionnée se développe
  • Justement, soutenir le marché du reconditionnement. A ce sujet, le gouvernement se fixe un objectif de 20% d’équipements issus du reconditionnement dans les services publics
  • Lancer une campagne de communication sur les bonnes pratiques.

Un plan d’action pour répondre à un pari, celui de réconcilier transition numérique et transition écologique. Rappelons également la proposition de loi déposée à l’automne dernier au Sénat.