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La fin du ticket de caisse systématique?

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Dans le cadre du projet de loi sur l’économie circulaire qui va être débattu dès la semaine prochaine, un amendement prévoit la suppression du ticket de caisse systématique. Tour d’horizon de ce projet.

C’est à la députée LREM Patricia Morallès que revient la paternité de cette proposition. Partant du constat simple que bon nombre de consommateurs jettent leur ticket de caisse sans même l’avoir regardé. La proposition vise donc à n’imprimer le ticket que si le consommateur en fait au préalable la demande en caisse.

Une réforme progressive

Le ticket de caisse s’est imposé dans la pratique car, selon la loi, il n’est obligatoire que pour les prestations de service supérieures à 25€. La mise en place de cette réforme serait progressive, en 3 étapes. A compter du 1er septembre 2020, seraient concernés les achats inférieurs à 10€, à compter du 1er janvier 2021, les achats inférieurs à 20€ et enfin à compter du 1er janvier 2022, ceux inférieurs à 30€.

Protéger l’environnement

Un des objectifs de cette réforme est bien sûr la protection de l’environnement. Une grande chasse au gaspillage. L’auteure de la proposition estime qu’un hypermarché utilise en moyenne plus de 10 000 rouleaux de papier thermique chaque année, soit l’équivalent de 848 kms de papier! Toujours selon Patricia Morallès, une boulangerie de quartier en consommerait l’équivalent de 6 kms et un bureau de tabac l’équivalent de 29 kms. Pour le distributeur Auchan, la consommation de ces rouleaux représenterait quasiment 3 fois le tour du monde. On vous laisse faire le calcul avec la consommation annuelle mondiale, soit 12 milliards de rouleaux…

… Et protéger la santé

C’est le 2ème enjeu et non des moindres, la santé des consommateurs. Car beaucoup de ces tickets contiennent encore du bisphénol A, même si plusieurs marques l’ont remplacé par une autre substance, souvent d’ailleurs un autre type de bisphénol. L’alerte avait été donnée dès 2011 par L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation. Une étude de l’Université de Grenade confirmait en mars 2019 que cette substance est un perturbateur endocrinien présentant des dangers notamment pour les femmes enceintes, avec des risques de fausses couches ou de naissances prématurées. Selon les scientifiques il existerait également des risques de cancers et de troubles cardiovasculaires. Dès 2015, le bisphénol A a d’ailleurs été interdit dans tous les matériaux en contact avec les aliments. Et depuis 2017, cette substance est inscrite par l’Agence Européenne des produits chimiques sur la liste des substances « extrêmement préoccupantes. » Devant ce constat, on pense tout particulièrement aux caissiers et caissières qui manipulent ces tickets à longueur de journée…

Faut-il rechercher des alternatives?

Certaines marques ont déjà mis en place des alternatives au ticket de caisse. Chez BioCBon et Franprix, le client choisit d’avoir un ticket de caisse ou pas. Ces marques sont déjà sans doute dans la solution qu’induira ce projet de loi une fois adopté.

Mais d’autres marques, comme Promod ou les Galeries Lafayette ont choisi d’envoyer à leur client un ticket de caisse dématérialisé. On peut s’interroger sur la pertinence de ce choix en termes de pollution numérique mais aussi en termes de protection des données personnelles et de respect de la vie privée. A réserver sans doute aux clients qui demanderont expressément à disposer du fameux ticket de caisse.