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Le "1 acheté = 1 offert" bientôt interdit?

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Ce jour, le Conseil des Ministres vient d’approuver un projet de loi concernant l’alimentation. Parmi les multiples mesures envisagées, certaines visent à limiter les opérations promotionnelles démesurées.

Alors que nous avons tous en mémoire les récentes bousculades (le mot est sans doute un peu faible) dans plusieurs Intermarchés occasionnées par la promotion de pots de 950 grs de Nutella à -70%, le projet de loi sur l’alimentation arrive devant le Conseil des Ministres. Un projet de loi ambitieux qui aura pour tâche de concilier dans le domaine alimentaire les intérêts souvent divergents des acteurs : agriculteurs, industriels et distributeurs. La tâche est ardue… Et on ne parle pas de l’intérêt du … consommateur! Un projet de loi qui fait suite à 5 mois d’Etats Généraux de l’Alimentation.
Parmi les nombreuses mesures envisagées, certaines visent directement à limiter les opérations de promotions.
Le seuil de SRP relevé
On le sait, la vente à perte est interdite en France. Le SRP (Seuil de Revente à Perte) s’impose à tout revendeur (sauf en période de soldes). Jusqu’à présent, ce seuil était calculé sur le prix d’achat. Le projet de loi prévoit de le relever de 10%. En clair, un produit acheté 1€ ne pourra pas être revendu en dessous de 1,10€. Histoire de rappeler au distributeur que le produit proposé à la vente occasionne aussi des frais de logistique et de stockage, d’assurance…
Les promotions plafonnées
Mais la mesure phare du projet de loi concerne les limites posées aux opérations promotionnelles sur les produits alimentaires. Celles-ci seraient limitées à 34% en valeur et à 25% en volume. Des limites qui mettraient les exemples ci-dessous hors-la-loi :
promotion 1

source : argentdubeurre.com

promotion 2

source : rayon-boissons.com

Par contre, ces promotions resteraient possibles :
promotion 4

source : affishop.fr

promotion 5

source : Carrefour.fr

Le projet de loi a été adopté par le Conseil des Ministres. Première étape franchie. Reste à venir le jeu des commissions parlementaires et les votes de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Comptons entre 6 et 8 mois environ. Une période où les lobbyistes vont avoir du pain (euh pardon…) sur la planche.
Qu’en pense le consommateur me direz-vous? Bien-sûr, les grosses promos on aime!  Mais pour autant sommes-nous prêts à voir disparaître à petit feu notre agriculture?
Au final, un projet de loi aux multiples enjeux : économiques, sociétaux, environnementaux. Avec en filigramme une question essentielle : quelle économie, quelle société voulons-nous?