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Le coup de poker de Winamax

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Au poker, c’est bien connu, on ne gagne pas à tous les coups. La plateforme de poker en ligne Winamax vient d’en faire l’expérience avec une campagne d’affichage sur autobus. Mauvaise pioche et mauvaise foi.

Deuxième quinzaine d’octobre, 4 autocars recouverts d’un covering Winamax ont circulé dans 5 grandes villes françaises : Bordeaux, Lille, Lyon, Paris et Toulouse. Une campagne qui a fait polémique, principalement parce que ces autocars circulaient à vide. Une émission de CO2 assurée dans des villes qui en regorgent déjà.

Une campagne non conforme à la règlementation…

L’affichage par véhicules publicitaires est règlementé par le Code de l’Environnement. Et la campagne en cause méconnait deux points de cette règlementation :

  • Un véhicule dédié totalement à la publicité doit avoir reçu un équipement spécifique à cette fin. Dans le cas de Winamax, le covering ne constitue qu’un habillage. Cette condition n’est donc pas remplie. Ces autocars ne peuvent être qualifiés de « véhicules publicitaires » au sens du Code de l’Environnement. Leur circulation à des fins publicitaires est donc interdite.
  • La publicité par affichage ne peut pas dépasser 12 m2 depuis le Grenelle 2. Cette limite n’est visiblement pas respectée dans le cas Winamax.

Outre la pollution engendrée, cette campagne publicitaire n’était donc pas conforme à la règlementation en vigueur. En outre, le Règlement Local de Publicité (RLP) peut interdire ce type de publicité. Et c’est le cas du RLP de Paris qui stipule expressément : « La publicité apposée sur des véhicules terrestres équipés ou utilisés à des fins essentiellement publicitaires est interdite ». Une interdiction qui justifie largement la volonté de la ville de Paris de porter plainte.

… Et une mauvaise foi regrettable.

Dans cette malheureuse campagne, Winamax ne semble pas assumer en renvoyant la balle à la régie Alternacom qui aurait conçu seule cette campagne. Étrange, mais peu importe, car aux yeux du droit, l’annonceur restera toujours le premier responsable d’une campagne publicitaire.

L’annonceur Winamax se défend aussi en affirmant bien maladroitement (et avec une évidente contradiction), qu’il pensait que les autocars étaient électriques. Depuis quand un bus électrique n’est source d’aucune pollution?

Autre argument, les autocars auraient été destinés à transporter des touristes… Mais c’est ennuyeux, ces bus ont circulé à vide…

Tout annonceur peut un jour faire de mauvais choix et commettre des erreurs. Mais on attend alors de lui qu’il reconnaisse ses erreurs et fasse profil bas. Rester humble devient alors le maître-mot. C’est peut être le plus regrettable dans cette mésaventure Winamax. Sans compter que le secteur des jeux en ligne est un secteur dont la publicité est sous surveillance et est sensée obéir à une charte de bonne conduite…

Quant au slogan de cette campagne, « Ma devise dans le foot, c’est l’argent », il appartient à chacun d’apprécier…