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Les bateaux publicitaires font débat

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Alors que la loi Climat et Résilience s’apprête à interdire les avions publicitaires, l’apparition des bateaux publicitaires divise partisans et adversaires. Montée à bord.

Les bateaux publicitaires ont fait leur apparition sur les rives de la Méditerranée depuis un peu plus de 2 ans. Spécialisée dans ce « nouveau media » la société Boatcom promet sur son site « un bateau écologique financé par la publicité ». A l’appui de cette promesse, un certain nombre d’arguments. Le bateau est présenté comme à vocation écologique, ses filets ramassant les déchets flottants sur 6 millions de m2 chaque mois, et sans coût pour le contribuable. Le bateau est en matière recyclable et le choix d’un catamaran permet de diminuer la consommation d’énergie. Le bateau participe aussi à la sensibilisation aux gestes écologiques par des messages. Il participe également à la vie sociale en affichant des messages de prudence ou d’urgence et propose même des séances de cinéma en plein air. Mais bien-sûr tout cela ne fait pas oublier l’objet du débat, un écran de 32 m2 qui navigue à 300 mètres du littoral à une vitesse de 3 nœuds et qui diffuse régulièrement des messages publicitaires, principalement d’annonceurs locaux et souvent pour des activités de loisirs. D’ailleurs la société Boatcom ne tourne pas autour du pot en termes d’arguments de vente. Elle promet aux annonceurs tentés « des centaines de milliers de personnes » et un public « réceptif car passif ». Sur un mois, ce sont 2 100 passages qui sont garantis et sur une saison 16 800.

Si la loi Climat et Résilience entend interdire à compter du 1er janvier 2022 les avions publicitaires, c’est bien sûr à cause de la pollution engendrée, mais pas que. La pollution visuelle dans un espace préservé et la gêne occasionnée à des citoyens en quête de tranquillité sont aussi deux arguments de poids. Et le bateau publicitaire encourt en la matière les mêmes critiques que l’avion publicitaire.

Sans compter que sur les 43 communes concernées, 41 se sont déclarées défavorables à ce « nouveau média ». Ce qui n’a pas empêché la Préfecture Maritime de donner son accord, profitant d’un vide juridique.

Même si les arguments des bateaux publicitaires peuvent séduire, leurs inconvénients ne peuvent être ignorés. A l’heure où une fronde s’élève dans nos villes contre la multiplication des écrans publicitaires numériques, il pourrait paraitre bien paradoxal de les autoriser dans une zone dédiée avant tout au repos et à la détente. L’affichage publicitaire est également de plus en plus contraint, voire interdit par souci de respect du cadre de vie et des espaces naturels. Enfin, à la veille de l’interdiction des avions publicitaires, comment justifier à ce secteur l’autorisation des bateaux publicitaires? Sans oublier que selon vie-publique.fr, la marine marchande émet 2,90% des GES mondiales, soit plus que l’aviation civile ! Ce sont sans doute de tels arguments qui ont conduit le Gouvernement à déposer le 14 juin dernier un amendement visant à interdire les bateaux publicitaires.