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Lutter contre la cyberviolence et le cyberharcèlement

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L’enquête #MoiJeune, commandée par 20 Minutes et conduite par Opinion Way montre que les 18-30 ans sont majoritairement victimes de cyberviolence. Quelles sont les principales révélations de cette étude? Comment se protéger? Comment réagir? 

Source : 20minutes-media.c om

Une majorité de jeunes concernée

Selon l’étude Opinion Way, 63% des 20/24 ans interrogés auraient un jour subi sur la toile une agression verbale. Sur l’ensemble de la génération des 18/30 ans, plus d’un jeune sur 2 (53%) se dit concerné. Cela touche les deux sexes, et même majoritairement les hommes (54% contre 51% pour les femmes). Dans 37% des cas, la victime connaissait l’auteur des faits. 35% des jeunes sondés avouent même avoir un jour été l’auteur de cyberviolence. Et quand la cyberviolence se répète dans la durée, elle devient du cyberharcèlement,tombant alors sous le coup de lourdes sanctions.

Insultes, moqueries… mais pas que !

Toujours selon l’étude #MoiJeune, les deux principales formes de cyberviolence sont l’insulte (29%) et la moquerie (27%). Les photos compromettantes représentent 21% des cas. Puis viennent la diffamation (13%), le harcèlement (11%), l’usurpation d’identité (9%) et le revenge porn (2%).

Des victimes souvent silencieuses…

C’est peut-être le danger principal de la cyberviolence : la victime n’ose souvent pas se confier. 38% des victimes n’ont jamais avoué ce qu’elles subissaient. Et ce sont majoritairement des hommes : 29% le signalent à leur entourage contre 46% des femmes. Quant à porter plainte… seulement 4% des victimes s’y résolvent. Un jeune sur 4 ignore même que la cyberharcèlement est un délit pénal.

… Et résignées

85% des victimes disent ne pas avoir modifié leur façon d’utiliser les réseaux sociaux. Seuls 11% ont fermé leur compte après avoir été victime de cyberviolence. Retrouvez l’intégralité de l’étude sur le site www.moijeune.fr

Un délit pénal

Voici comment le Code Pénal définit le harcèlement (article L 222-33-2-2) : « Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale ».

Quand le harcèlement est fait avec utilisation d’un service de communication en ligne, (réseau social, boite mail, SMS, chat, messagerie…) la peine encourue est de 2 ans de prison et 30 000€ d’amendes. Ces peines sont portées à 3 ans et 45 000€ lorsque la victime est vulnérable ou âgée de moins de 15 ans ou lorsque le harcèlement a entraîné une ITT de plus de 8 jours. Certains faits ont leurs propres sanctions : 1 an et 15 000€ pour l’usurpation d’identité, 2 ans et 60 000€ pour le revenge porn.

La loi du 3 août 2018 a crée le délit de cyberharcèlement en meute qui s’applique lorsqu’il est le fait de plusieurs co-auteurs. Une loi qui pourrait être dissuasive puisque les sanctions peuvent être prononcées sans tenir compte de la part prise par chacun.

Rappelons que les faits de cyberharcèlement bénéficient actuellement d’une prescription de 6 ans, prescription dont le prolongement à 10 ans est à l’étude.

Le gouvernement veut aller plus loin dans la lutte contre la cyberviolence et le cyberharcèlement et promet le vote d’une loi pour le printemps. Notamment renforcer les campagnes de sensibilisation et d’éducation. Mais surtout mettre plus facilement en jeu la responsabilité des plateformes. Ce projet sonne-t-il le glas du statut d’hébergeur, un statut qui date de 2004?

Source : compte Twitter Education Nationale

Rappelons que de nombreux sites d’information existent pour les parents ou les enseignants. Le site www.e-enfance.org donne de nombreux outils lorsque la victime est jeune. Signalons aussi l’existence du N° Vert « Non au harcèlement » : 3020 et le numéro d’écoute pour ceux qui ne saurait pas vers qui se tourner : Net écoute : 0800 200 000.

Source : nordnet.com

A signaler également l’existence de l’application Bodyguard créée il y a un an par un jeune Français, Charles Cohen. Elle détecte automatiquement les propos violents et est capable de les modérer, voire si nécessaire de les supprimer. Appli intelligente, elle tient compte du contexte du message (positif ou négatif) et du destinataire, notamment de son genre. Fonctionne actuellement sur Twitter et YouTube.

source : mobilisnoo.org

 

De son côté, l’Association Respect Zone révèle qu’entre 2017 et 2018, les cas ont augmenté de 66% et que désormais ces propos représentent 9,5% de l’ensemble des commentaires sur les réseaux sociaux. Elle propose que les internautes adhèrent à la charte Respect Zone qui comporte 4 engagements :

  • Je respecte l’autre
  • Je modère les contenus
  • Je modère mes espaces numériques
  • J’affiche le label Respect Zone :