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Lutter contre l’obsolescence prématurée

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Dans un contexte où les matières premières se raréfient alors que les déchets s’accumulent, nous n’avons pas d’autres choix que de lutter contre l’obsolescence prématurée ou programmée. Deux initiatives qui vont dans le bon sens.

La lutte contre l’obsolescence prématurée est sans doute un combat à conduire au niveau européen. Et c’est précisément dans le cadre de projets européens que sont nées ces deux initiatives.

L’Observatoire des pannes

C’est dans le cadre du projet européen PROMPT que l’UFC – Que Choisir a mis en place L’Observatoire des pannes, une plateforme de signalement des pannes. L’objectif est de permettre aux consommateurs de signaler les pannes dont ils ont été victimes, mais surtout de les analyser afin  de détecter les produits les plus cités et les pannes les plus récurrentes. L’association de consommateurs espère ainsi, par la concordance des informations recueillies, faire pression sur les fabricants et les distributeurs pour qu’ils mettent sur le marché des produits plus durables.

La plateforme est assez simple d’accès. Le consommateur choisit d’abord la catégorie de produits concernés. Quatre catégories lui sont proposées (avec des sous-ensembles de produits), à savoir le gros électroménager, le petit électroménager, le domaine high-tech, et le jardinage. Ensuite le consommateur indique la marque et le modèle, puis il décrit la panne. Il a à sa disposition une zone de téléchargement de pièces.

L’usager trouvera également sur la plateforme une FAQ sur les droits du consommateur en cas de panne et il pourra générer une lettre-type de réclamation pré-remplie à partir du signalement fait. On le voit, une plateforme qui s’inscrit dans une démarche donnant-donnant…

Un droit à réparation pour l’électronique

Autre initiative, le 11 mars, la Commission Européenne annonçait vouloir étendre aux appareils électroniques le droit à la réparation déjà reconnu dans l’électroménager. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Green Deal qui veut faire de l’Europe en 2050 un continent neutre en matière de carbone. Ce droit à réparation s’appliquerait dès 2021 aux téléphones, aux tablettes et aux ordinateurs portables. L’objectif est clairement là encore de lutter contre l’obsolescence prématurée alors qu’actuellement seuls 40% des déchets électroniques sont recyclés sur l’espace européen.

Une disposition qui devrait inciter les constructeurs à mettre sur le marché des produits plus durables et ainsi favoriser l’économie circulaire tout en économisant les ressources. Les constructeurs seraient ainsi tenus de proposer des produits plus facilement réparables, voire dont les utilisateurs pourraient eux-mêmes remplacer certaines pièces comme les batteries. Ils seront également tenus de faciliter les mises à jour logicielles, d’utiliser un pourcentage de matériaux recyclés, de fournir au consommateur des informations sur la réparabilité et la durabilité de leurs produits. Le projet prévoit également l’interdiction de destruction des invendus et la mise en place du chargeur universel.