Écrans : un message sanitaire pour protéger les moins de 3 ans?

Le Sénat a adopté mardi 20 novembre – Journée Internationale des Droits de l’Enfant – une proposition de loi instaurant un message sanitaire pour protéger les enfants de moins de 3 ans des risques de surexposition aux écrans. Quel peut être le devenir de cette proposition?

Les enfants exposés de plus en plus tôt

Des études l’attestent. Les enfants sont exposés très tôt aux écrans. Ainsi, une étude de l’Inserm a démontré que 2 enfants sur 3 de moins de 2 ans regardent la télévision tous les jours et que 20 à 30 % d’entre eux utilisent au moins une fois par semaine un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Selon le baromètre Junior Connect’ 2017, les 1 à 6 ans passeraient chaque semaine 4H37 sur internet.

source : magicmaman.com


Une exposition qui n’est pas sans risque

Les risques d’une surexposition précoce sont multiples. Des troubles de la vision, du langage, du sommeil, voire même des effets sur le développement du cerveau. Devant ces enjeux, nombreux sont les médecins et les organismes scientifiques, telle que l‘Académie des Sciences,  à prôner l’application du principe de précaution.

source : journaldesfemmes

Imposer un message sanitaire

Sur l’initiative de la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, le Sénat vient d’adopter à 333 voix contre 2 (!), un projet de loi visant à mettre en place un message sanitaire qui concernerait tous les appareils munis d’un écran. Ce projet de loi comporte 3 mesures :

  • Obligation de faire figurer sur les emballages un message sanitaire attirant l’attention des parents sur les risques d’exposition aux écrans des enfants de moins de 3 ans
  • Obligation de faire figurer ce message sanitaire dans toute publicité pour ces produits
  • Mettre en place, sous le contrôle du CSA, une campagne de sensibilisation annuelle.

Quel devenir pour cette proposition?

Cette proposition demande, comme tout texte de loi, à être adoptée par l’Assemblée Nationale. Réunira-t-elle le même consensus? On peut s’attendre à des actions de lobbying fortes des professionnels concernés qui peuvent s’interroger sur l’effet psychologique d’un tel message sanitaire et son incidence sur les ventes. Mais surtout, la nouvelle Ministre, Christelle Dubois se montre réticente, alléguant qu’à ce jour les risques évoqués ne sont pas attestés par des études scientifiques.

Une position qui détonne dans ce concert d’unanimité. Le même jour, le 20 novembre, le Défenseur des Droits des Enfants, Monsieur Jacques Toubonrendait public son 1er rapport. Un rapport comportant 26 recommandations. Dont celle d’interdire les écrans avant 3 ans dans les écoles et les structures d’accueil, justement au nom du principe de précaution ! Espérons que notre Ministre saura finalement se ranger du côté des scientifiques et des pédiatres.

Le Blackhot : le code de détresse à faire connaître

Aujourd’hui 25 novembre, c’est la Journée Internationale contre les violences faites aux femmes. Droitdelacom.org s’associe à la démarche de promotion du point noir au creux de la main. Parce que toute communication est importante, surtout quand elle est un signe de détresse.

source : flair.be

La Blackhotcampaign est née en Angleterre. Elle a été imaginée en 2015 par une femme battue par son compagnon. Une femme qui, comme beaucoup d’autres, n’arrivait pas à en parler. Elle a alors eu l’idée de se peindre un point noir au creux de la main et de le montrer discrètement à une personne de confiance. Le Blackhot était né et est aujourd’hui utilisé aux USA, au Canada, en Australie… En France il est quasiment inconnu. Raison de plus pour nous associer à sa promotion.

Les chiffres des violences faites aux femmes font peur : selon l’OMS, 30% des femmes seraient concernés, et en France 1 million de femmes. Des femmes qui souvent ont du mal à en parler, par peur, parfois par honte ou sentiment de culpabilité.

Pour tous ceux et celles qui veulent en savoir plus, divers sites et moyens de communication existent : #lepointnoir et #blackhotfrance à utiliser sur les réseaux sociaux. http://www.lemurdesmains.com et http://www.lepointnoir.com pour en savoir davantage et savoir comment agir au cas où…

Ensemble, soyons attentifs à cette communication de détresse. Et n’hésitons  pas à partager.

Le Green Friday pour une consommation plus responsable

Ce Vendredi 23 Novembre, c’est le Black Friday. Vous êtes forcément au courant! Mais savez-vous que c’est aussi le Green Friday? Une réponse à la surconsommation effrénée. Décryptage

Arrivé timidement en France en 2013, le Black Friday semble cette année conquérir le consommateur français. Selon un sondage YouGov, 91% des Français connaissent cette journée promotionnelle, transformée en Black Friday Week par plusieurs grandes marques. Les prévisions de chiffre d’affaires pour 2018 tablent sur 1,3 milliard d’€…

Mardi : récolte dans nos boites aux lettres…

Mais ce succès s’accompagne cette année d’une plus forte résistance, dont la plus significative est peut être celle du Green Friday. Ce « Vendredi vert » a été lancé l’an dernier par Envie, le réseau de recyclage et de reconditionnement. Le Green Friday est devenu, sous la houlette de Altermundi, un collectif de 180 associations et entreprises. Il a obtenu le soutien de la ville de Paris (avec une subvention de 40 000€) et dernièrement celui de la ville de Lyon. Il bénéficie également de l’appui d’autres partenaires tels que le Réseau francilien Réemploi, Dream Act, Ethiquable ou encore Emmaüs.

Le Green Friday déclare la guerre à l’hyper consommation et à la consommation impulsive. Mais il entend aussi sensibiliser au recyclage, à la 2ème vie du produit et inciter le consommateur à réparer plutôt que jeter. Ce mouvement vise donc aussi à protéger la planète et lutter contre le pillage de matières premières.

Une des affiches 2017


Mais quelle est la promesse du Green Friday au consommateur? Aucune ristourne. Inutile d’espérer votre téléviseur à moitié prix (La Fnac) ou un téléviseur offert pour un acheté (MDA). Par contre, le commerce s’engage à reverser 15% du montant de votre achat à une association engagée pour une consommation plus responsable, telle que Zero Waste par exemple.

Le Green Friday n’est pas le seul mouvement de résistance au Black Friday. Des marques ont pris des positions courageuses. Comme la Camif qui a décidé de fermer son site d’E-commerce ce 23 Novembre. Comme Greenpeace qui a lancé l’opération « Faites quelque chose ». Traduisez « n’achetez rien! »  Ou encore Naturalia qui propose le Vrack Friday. Nature et Découvertes a fait le choix d’un Fair Friday. Initiative proche du Green Friday, une quarantaine de commerçants de Cherbourg s’engage à reverser 5% de la recette du jour au Secours Populaire.

Depuis quelques années, le combat pour une consommation plus responsable gagne du terrain, servant sans doute de terreau fertile au Green Friday. Rendez-vous dans un an?


L’alcool, un argument marketing à interdire?

En juillet dernier, la Fédération française d’addictologie avait tiré la sonnette l’alarme devant les produits non alcoolisés mais qui utilisent l’alcool comme argument marketing. Très souvent en direction des jeunes, voire des adolescents. La question rebondit cette semaine avec la discussion du budget de la Sécurité Sociale au Sénat.

Bonbons, sodas, jus de fruits, cocktails… sans alcool, mais au goût de l’alcool. La tendance arrive jusqu’aux produits cosmétiques, avec en prime, l’odeur de l’alcool ! Objectif : ancrer le produit dans nos mémoires gustatives. Du bonbon Lutti au goût de Spritz … au Spritz ? Du sirop Teisseire Mojito … au Mojito ? On semble bien être ici dans le message subliminal…

Et les marques ne cachent pas forcément leur (mauvaise) intention, à l’image de la publicité des bonbons Lutti :  » Pas envie d’attendre vendredi soir pour le prochain mojito? Emportez votre mini-dose (sans alcool) partout… » « la saveur de votre cocktail préféré à n’importe quel moment »…

Et la liste peut être longue. Vous cherchez une boisson non alcoolisée au goût de Mojito? Ces marques ont pensé à vous : Teisseire, 7up, Finley, Schweppes, Lipton, Sodatream… Sinon, votre supermarché vous proposera sans doute des yaourts copacabana.

Rebondissement ce jeudi 15 novembre au Sénat. Lors du vote du budget de la Sécurité Sociale, le sénateur Bernard Jomier propose de frapper ces produits d’une taxe de 5%. Il faudra bien-sûr encore l’aval des députés pour que la mesure entre en application.

Mais ne serait-il pas plus efficace d’amender la loi Evin et d’interdire l’alcool comme argument marketing ? Plus efficace, mais il est vrai pas forcément plus simple puisque, comme nous l’avons montré, bon nombre de ces produits sont déjà sur nos marchés. Une chose est sûre, il y a une faille dans notre arsenal juridique. Et les marketeurs ont su l’exploiter!

Vers la fin du Clean Tag ?

Un décret du 24 décembre 2017 avait autorisé une expérimentation de la publicité par marquage des trottoirs (Clean Tag) dans trois villes : Bordeaux, Nantes et Lyon. Cette autorisation fût rapidement annulée dans les deux grandes villes de l’Ouest à la demande des Municipalités. Un arrêté ministériel du 26 octobre 2018 met à son tour fin à l’expérimentation dans la métropole lyonnaise. Est-ce la fin du Clean Tag?

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Un pochoir, un compresseur pour projeter de l’eau sous pression, et le trottoir devient support publicitaire. Le procédé est sans doute plus écologique que la distribution de flyers ou que l’affichage. L’eau est non potable, les éventuelles couleurs sont à base de craies et le Clean Tag disparait au bout d’une dizaine de jours. Le débat est donc ailleurs. Sans doute dans le fait de transformer un espace public destiné au piéton en surface publicitaire. La crainte de l’overdose. Une agression mercantile de plus penseront certains. Encore une incitation à la (sur)consommation renchériront les autres. Sans omettre dans ce débat ceux qui invoquent le risque de distraction et donc d’accident (+ dangereux que le smartphone?)

Lyon restait donc le dernier bastion. La Société Biodegr’AD y est bien implantée depuis quelques années et a travaillé avec de grandes marques telles que Carrefour et même Les Aéroports de Lyon. La porte se ferme – au moins provisoirement – sur ce support publicitaire. Le trottoir est rendu au piéton… Au-delà des 3 villes d’expérimentation, d’autres Communes ont sans doute délivré des autorisations. Celles-ci risquent désormais d’être plus difficiles à obtenir.

Mais qu’en dit le droit ? Les opposants au Clean Tag peuvent invoquer l’article R 418-3 du Code de la Route qui stipule :  » Il est interdit d’apposer des placards, papillons, affiches ou marquages sur les signaux réglementaires et leurs supports ainsi que sur tous les équipements intéressant la circulation routière. Cette interdiction s’applique également sur les plantations, les trottoirs, les chaussées…. ». Même si cet article est loin d’être respecté, (comme le montre l’exemple ci-dessous) il peut aujourd’hui servir de base de combat aux détracteurs du Clean Tag.

affichage sauvage

Lire également

26 décembre 2017 – Le Clean Tag en phase de test.

Le marketing d’influence à la recherche de plus de clarté

La recommandation de l’ARPP « Communication publicitaire digitale » publiée au printemps 2018, prescrit de mentionner le côté publicitaire des posts des influenceurs auxquels la marque a recours. Cette règle n’est pas toujours respectée et le Jury de Déontologie Publicitaire vient de publier son premier avis en la matière, retenant la plainte d’un particulier à l’égard d’une blogueuse.

Les faits

La blogueuse « Manon Auxkilos » qui se définit elle-même comme « régimeuse désireuse de partager son quotidien de fitgirl en construction » avait publié sur son compte Facebook un post mettant en avant les vertus de l’application Xendera (« Dépense ton énergie! ») qui permet d’obtenir des bons de réductions et autres bons plans en échange… d’exercices physiques mesurés par la dite appli. Astucieux… La blogueuse avait été approchée par l’agence d’influence Upfluence. Le contrat portait principalement sur son compte Instagram (170 000 abonnés), mais le cahier des charges prévoyait également que la blogueuse devait communiquer sur ses réseaux sociaux.

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source du visuel : blueboat.fr

Contrairement aux prescriptions de l’ARPP, le post Facebook ne mentionnait pas son  caractère commercial. Dans son avis publié le 6 septembre, le JDP retient la faute de la blogueuse.

Si c’est, à notre connaissance la première décision du JDP en la matière, on se souvient de l’intervention de l’ARPP envers la Société LU pour un post Instagram de Camille Lacourt. On se souvient aussi du concours de gifs lancé sur Twitter par la marque Kenzo, concours relayé par David Coscas, là encore, sans mention du caractère publicitaire. L’histoire de Manon Auxkilos est donc loin d’être isolée…

Les règles applicables

La toute première des règles à respecter est celle qui veut que toute publicité soit identifiée comme telle. C’est une règle qui s’impose quelle que soit la forme de la publicité, son canal, son support. Et les réseaux sociaux n’y échappent pas.

La Recommandation « Communication publicitaire digitale » de l’ARPP consacre sa section 4 au marketing d’influence et pose les principes d’une saine collaboration entre influenceurs et marques. Elle ne laisse aucun doute, comme en témoignent ces courts extraits :

ARPP

– « L’existence d’une collaboration commerciale entre un influenceur et un annonceur pour la publication d’un contenu doit dans tous les cas être portée par l’influenceur à la connaissance du public ».

– « Pour l’identification de ces communications d’influenceurs réalisées en collaboration avec une marque (à moins que cette identification ne soit manifeste), il est recommandé d’adjoindre une indication explicite permettant de l’identifier comme telle, de manière à ce que ce caractère apparaisse instantanément ».

« Cette identification peut se faire par tout moyen (dans le discours, dans le texte accompagnant le contenu, au moyen d’une mention dans la vidéo…) dès lors qu’elle est portée à la connaissance du public quel que soit son moyen d’accès au contenu ».

La mention du caractère publicitaire de la publication doit être claire et compréhensible et rapidement identifiable par tous. Peuvent être utilisées les mentions : « Post sponsorisé » « Article sponsorisé » « Publicité » « Partenariat » … Pour en revenir à Manon Auxkilos, sa publication sur Instagram portait la mention #ad. Une mention que seuls les initiés peuvent comprendre, ce qui explique aussi la décision du JDP.

Autres articles sur ce sujet :

26 mars 2018 : Marketing d’influence, 3 règles juridiques à suivre

15 février 2018 : La vie en LU

 

Faut-il sauver le soldat Hadopi ?

On a déjà beaucoup écrit sur Hadopi et les propositions de réformes ont été nombreuses. Mais aucune n’a vraiment vu le jour et la Haute Autorité poursuit son travail contre vents et marées. La réforme de l’audiovisuel votée début octobre par les députés est-elle de nature à changer la donne?

lepoint.fr

On se souvient que François Hollande avait fait de la suppression d’Hadopi une de ses promesses de campagne présidentielle. C’était il y a plus de 6 ans… La Haute Autorité est depuis régulièrement critiquée, surtout au moment de la publication du bilan annuel.

Rappelons que la Haute Autorité a pour mission de lutter contre le téléchargement illégal, et donc de protéger les droits des auteurs. Son action repose sur une riposte graduée en 3 temps : un 1er avertissement, un 2ème, puis la possibilité de transmettre à la Justice, donc de sanctionner. C’est sur le très faible nombre de poursuites et de sanctions pénales que reposent la plupart des critiques.

Il est vrai que les chiffres interrogent. Si depuis sa création en 2009, Hadopi a envoyé environ 10 millions de 1er avertissements, les 2ème avertissements sont 10 fois moins nombreux. Quant aux poursuites en Justice elles s’élèvent à environ 3 000 et à seulement une centaine de condamnations. C’est sur ce constat que beaucoup en déduisent qu’Hadopi coûte cher (9 millions de subventions annuelles) et ne sert pas à grand chose. Mais discerner le vrai du faux est difficile. L’écart entre les 1er et 2ème avertissements ne pourrait-il pas aussi signifier que les contrevenants ont été sensibles à la menace de sanctions ? Et qui prendrait le risque de décrire la situation sans Hadopi ?

Mais voici le débat relancé par une énième proposition de réforme qui vient, cette fois-ci, de l’Assemblée Nationale. Un ensemble de 11 mesures qui prône plus de pédagogie, et plus de pouvoirs répressifs.

Renforcer l’action pédagogique

Internet a développé la culture du gratuit. Pour en combattre les excès, l’Assemblée Nationale suggère qu’Hadopi renforce son action pédagogique, notamment

– en sensibilisant les personnes ayant fait l’objet de poursuites, aux autres formes de consommations portant atteinte aux droits d’auteur

– en menant régulièrement des actions pédagogiques d’ampleur nationale sur les pratiques illicites de consommation de bien culturels dématérialisés. Hadopi conduit déjà régulièrement des campagnes de communication en ce sens. Comme celle-ci :

HADOPI

Et renforcer les pouvoirs répressifs

Seulement une petite centaine de condamnations en 9 ans, ce n’est sans doute pas suffisant pour une réelle dissuasion. Aussi, le projet suggère-t-il qu’Hadopi puisse sanctionner sans avoir besoin de recourir au juge. Principales propositions :

– doter la Haute Autorité d’un pouvoir de transaction pénale

– la doter d’un pouvoir de caractérisation des sites massivement contrefaisants

– créer un dispositif de blocage temporaire et rapide des sites diffusant sans autorisation des contenus protégés par les droits d’auteur.

La proposition de l’Assemblée Nationale reprend par ailleurs la suggestion de fusionner Hadopi avec le CSA. Cette fusion aurait l’avantage de créer une autorité unique. Alors, faut-il doter Hadopi de nouveaux pouvoirs ou la fondre dans le CSA?

La pub TV piétine d’impatience

La télévision a perdu sa place de 1er média publicitaire, place que lui a ravi Internet. Aussi, les partisans d’une « déréglementation » de la pub TV sont-ils de plus en plus nombreux. Tour d’horizon des possibles.

pub TV

A défaut de déréglementation, la publicité TV a profité ces dernières années d’un certain assouplissement des règles publicitaires. Par exemple, le parrainage a été assoupli quant au message possible. Et les effets ne se sont pas fait attendre puisque ce mode d’expression publicitaire a vu son chiffre d’affaires progresser de 25% en un an.

Mais les régies publicitaires en demandent plus. La publicité segmentée (géolocalisée) et la publicité adressée sont espérées. Elles sont aujourd’hui bloquées par le décret de 1992 qui exige que toute la zone de diffusion reçoive les mêmes spots publicitaires. Mais c’est indéniable, ces nouveaux modes publicitaires offriraient un ciblage beaucoup plus pertinent. Permettrait aussi sans doute d’agir sur les prix de vente, donc de mieux contrôler les investissements. Essentiel à une époque où le ROI est … roi!

Le CSA ne s’y est pas trompé en incluant ces nouveaux types de publicités TV dans les 40 recommandations de son dernier rapport. A titre expérimental pour 18 mois il est vrai (pour rassurer les autres médias?)

Autre mesure phare attendue : permettre aux éditions littéraires et au cinéma d’accéder à la pub TV, dont ils sont privés depuis 1968. Mais surtout autoriser la grande distribution à faire de la pub pour ses opérations promotionnelles.

On fêtait lundi les 50 ans de la pub TV, le 1er spot ayant été diffusé le 1er octobre 1968 à 19H56. Régilait, Boursin, nos aînés s’en souviennent… Finalement ce cinquantenaire – dont on a assez peu parlé – risque de profiter d’un magnifique gâteau. Au grand dam bien entendu des autres médias : la presse, la radio, l’affichage notamment. Autant de médias qui risquent de voir leurs rentrées publicitaires en berne.

Les soldes à la recherche d’un nouveau souffle

C’est avec une demi surprise que l’Assemblée Nationale a voté ce jeudi 27 septembre la réforme de la durée des soldes. Une pratique datant de l’époque où internet n’existait pas. Une pratique qui s’essouffle dans sa forme actuelle. Les soldes peuvent-elles rebondir?

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On se souvient de cette période – pas si ancienne – où le lever de rideau, le jour de l’ouverture des soldes, pouvait être assimilé à une ruée vers l’or. Depuis un an ou deux, ces 1er jours de soldes ne provoquent plus le même engouement. Que s’est-il passé ?

Rien de très exceptionnel : les soldes ont tout simplement, à leur tour, été concurrencés par d’autres opérations aux prix alléchants. Les prix cassés sont désormais possibles toute l’année, à une condition près, ne pas utiliser le mot « soldes ». Mais le consommateur ne s’y trompe pas. Vous aussi, vous avez sans doute reçu une invitation pour des « ventes privées » qui précèdent la plupart du temps le lancement des soldes. Les bonnes affaires y sont nombreuses et le consommateur a l’impression d’y être mieux considéré. Les sites de E-commerce, avec leurs prix souvent barrés sont sans doute aussi responsables, en partie, de la perte d’intérêt du consommateur moderne pour les périodes de soldes… Toutes ces opérations mises bout à bout ne donnent-elles pas finalement l’impression au consommateur que les soldes, c’est … toute l’année !

La réglementation a bien du mal à s’y retrouver. On se souvient de la création des « soldes flottants » de 2 semaines qui permettaient à chaque commerce de choisir sa ou ses propres périodes de soldes. Supprimés au 1er janvier 2015. Et oui, comme le dit notre Ministre du Commerce, « trop de soldes tue les soldes »…

La réforme votée jeudi dernier par l’Assemblée Nationale autorise désormais à fixer les périodes de soldes entre 3 et 6 semaines... Ce choix n’est-il pas un aveu de la confusion ambiante? La durée définitive – qui devrait être de 4 semaines – sera déterminée par un arrêté ministériel. C’est une formule intelligente qui donne plus de souplesse. Dans l’avenir, l’adaptation des périodes de soldes aux circonstances ne nécessitera donc plus le recours à la loi. Un arrêté ministériel suffira. Et cela peut ouvrir la porte à une adaptation à un hiver doux ou à un été pluvieux ou frais…

Mais pas sûr que cela suffise à redonner de l’intérêt aux soldes. Le commerce a profondément changé en peu de temps et la crise que traversent les soldes ne fait-elle pas, finalement, que traduire un changement profond de nos habitudes d’achat ?

 

 

Jeux vidéos : les parents mieux informés

Un nouveau pictogramme va faire son apparition sur les packagings des jeux vidéos, aux fins d’alerter les parents des risques que représentent les achats intégrés en cours de jeu. Explication.

Le Pan Europeen Game Information (PEGI) régit l’information relative aux jeux vidéos. Une information consommateur renforcée par l’apparition d’un nouveau pictogramme dit « Achats intégrés »  Il veut attirer l’attention des parents sur le fait que le jeu offre la possibilité,  de dépenser de l’argent pour acquérir des biens ou de nouvelles fonctions. Ce pictogramme était déjà utilisé pour les jeux dématérialisés. Il sera étendu aux boites « physiques » des jeux vidéos vendus en boutique ou sur un site de E-commerce. Un pictogramme relativement clair par son graphisme :

ACHATS INTEGRES

Rappelons que 2 types de pictogrammes étaient déjà obligatoires : la mention de l’âge minimum conseillé  :

AGE JEUX VIDEOS

Et une série de pictos dits « descripteurs de contenus » :

DESCRIPTEURS DE LANGAGES