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Publicité : de nouvelles filières s’engagent

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Comme nous le relations dernièrement, d’importantes instances du secteur de la publicité ont pris des engagements en faveur de la transition écologique. Trois nouvelles filières viennent de rejoindre le mouvement. État des lieux.

Le 11 janvier 2021, Barbara Pompili lançait un ultimatum au secteur de la communication : « Si les médias et les annonceurs sont ambitieux, tout ira bien. En revanche, s’ils n’arrivent pas à nous présenter d’ici 2 mois et demi des choses sérieuses et concrètes, le débat parlementaire permettra de revenir vers des interdictions, et je peux vous dire que je les encouragerai». Et elle confiait à Arnaud Leroy et Agathe Bousquet mission de négocier avec les filières concernées pour tenter d’aboutir à des résultats concrets.

Nous avons déjà présenté dans nos colonnes les engagements souscrits par la Filière Communication, par l’UDM et par l’Union de la Publicité extérieure. Le 23 mars, 3 nouvelles filières ont présenté leurs engagements à Mesdames Pompili et Grégoire. Des engagements qui ont été jugés encourageants selon les Ministres. « Les 1ers résultats obtenus… sont encourageants » disait Barbara Pompili.

Quelles sont les nouvelles filières qui rejoignent ainsi le cercle vertueux? Quelle est la nature de leurs engagements?

La filière agro-alimentaire

La filière agro-alimentaire, représentée par l’Association nationale des industries alimentaires s’engage à ne plus diffuser aucune publicité, quels que soient le produit et le média, dans les programmes dédiés aux moins de 12 ans. Un engagement qui s’appuie sur le constat que ce sont précisément les aliments les plus sucrés, salés ou gras qui sont promus auprès des enfants, notamment à la télévision.

La filière automobile

La filière automobile, représentée par la Plateforme automobile, est sans doute l’une des plus concernée car c’est un acteur majeur de la publicité. La Convention Citoyenne avait souhaité voir interdire la publicité pour les SUV, lesquels représentent actuellement 42% des investissements publicitaires selon WWF qui, à son tour, en demande l’interdiction. Si le projet de loi Climat et Résilience n’a pas retenu cette idée, la démarche volontaire de la filière automobile est cependant concrète. Elle s’engage, dès 2021 à ce qu’au moins 50% des investissements publicitaires soient en faveur des voitures électriques et hybrides, puis 60% en 2022 et 70% en 2023.

La filière audiovisuelle

La filière audiovisuelle, représentée par TF1 prend quant à elle 3 engagements. Tout d’abord réduire la place des produits à forte empreinte carbone dans les cadeaux offerts lors des jeux télévisés. Heureusement, les 2 autres engagements sont plus significatifs. Notamment favoriser les campagnes institutionnelles permettant de sensibiliser les téléspectateurs aux enjeux de la transition écologiques. Enfin, la filière s’engage à développer l’écoconception des fictions. Certes les deux derniers engagements ont besoin d’être précisés et surtout quantifiés, mais leur portée est significative.

La filière presse magazine

La filière presse magazine, représentée par son syndicat, s’engage à mettre à disposition des éditeurs des outils de mesure de l’impact carbone. Cet engagement concernera sans doute autant la presse print que la presse numérique et on a tous conscience de l’importance de la mesure, condition indispensable à la réduction de l’empreinte carbone. Exemple concret, le Groupe Prisma Media propose depuis début mars aux éditeurs et annonceurs du groupe une calculette carbone.

Devant ces premiers succès, Barbara Pompili a décidé de prolonger la mission d’Arnaud Leroy et d’Agathe Bousquet afin de voir d’autres filières se positionner. « C’est bien tout le secteur qui doit s’engager » affirmait-elle.