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Publicité et transition écologique (3)

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Nous avons présenté dans deux articles précédents les propositions du Rapport Publicité et Transition Écologique propres à améliorer la démarche d’autorégulation (1), et à renforcer certaines réglementations sectorielles (2). Intéressons-nous ici (3) aux mesures visant à mobiliser les acteurs de la publicité.

Le rapport Publicité et Transition Écologique que l’on doit, rappelons-le, à Thierry Libaert et à Géraud Guibert à la demande du Gouvernement, est aussi un appel à la mobilisation de tous les acteurs de la publicité. Un appel pour une publicité plus écologique, plus responsable et plus éthique. Une aspiration légitime du nouveau consommateur en même temps qu’une nécessité face aux enjeux climatiques.

Un Grenelle de la publicité

Proposition qui fait sens, réunir un Grenelle de la publicité et de la transition écologique. L’objectif est de permettre une réflexion conjointe et des professionnels du secteur et des citoyens (lesquels seraient tirés au sort). L’objectif serait d’émettre des propositions globales pour imaginer une évolution du modèle publicitaire actuel vers la neutralité carbone.

A défaut, le rapport propose des États Généraux de la publicité s’adressant, quant à eux, aux professionnels du secteur. Des États Généraux d’ailleurs devenus réalité depuis le 23 juin sous l’impulsion de Mercedes Erra avec le soutien de l’UDM.

Un fonds de compensation

Le rapport propose la création d’un Fonds de compensation en soutien à une publicité plus responsable. Les bénéficiaires seraient les organisations de taille moyenne ainsi que les associations, les coopératives et les start-up. Il permettrait de pallier aux inégalités d’accès à certains supports. Bien entendu, ce fonds serait utilisé pour soutenir des causes d’intérêt général ou des campagnes publicitaires en faveur de produits écoresponsables.

Ce fonds serait financé par une contribution de 1% sur les dépenses publicitaires. Selon les estimations il pourrait rapporter quelque 150 millions d’€. Une idée reprise dans la proposition de loi qui vient d’être déposée par 17 députés Écologie, Démocratie et Solidarité.

Un coordinateur national

Autre mesure phare, créer la fonction de Coordinateur national des actions de communication des organisations. Ce Coordinateur serait rattaché au 1er Ministre ou au Ministre de la transition écologique et solidaire. Son rôle serait de vérifier le respect des engagements souscrits par les professionnels dans une démarche volontariste. Il serait destinataire des rapports de l’Arpp et de l’Arcom nouvellement créée.

Créer un programme de formation

Devant les enjeux actuels, il apparait en effet nécessaire de créer un programme de formation à la transition écologique dans les programmes supérieurs de formation en communication et en marketing, qu’il s’agisse des Universités ou des Écoles spécialisées. Ce programme serait proposé dans les cycles Masters.

Une mesure qui sonne comme une évidence. A tel point que plusieurs Écoles et Universités l’ont déjà intégré et parfois depuis quelques années. Mais il nous apparait quant à nous préjudiciable d’attendre le niveau Master. Les programmes Bachelor doivent eux aussi être sensibilisés et formés à la communication responsable et éthique.

Le rapport Publicité et Transition Écologique est riche d’autres mesures. Faute de pouvoir toutes les présenter, nous avons sélectionné les plus significatives et les plus transversales. Nous ne pouvons ici que saluer le travail de synthèse fourni par ses auteurs et émettre le vœu qu’il aboutisse à des mesures concrètes en faveur d’une publicité au service de tous.