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Publicité : l’étau se resserre

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Jamais sans doute le secteur de la publicité n’avait fait l’objet, en quelques mois, d’autant d’accusations. Le mois de septembre s’achève sur deux nouvelles initiatives qui, sans doute, ne vont pas rassurer un secteur par ailleurs lourdement touché.

Qu’il s’agisse des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, du rapport Big Corpo, du rapport Publicité et Transition Écologique, de la proposition d’une loi Evin pour la publicité, ou encore de la proposition de loi des députés écologiques, toutes ces contributions vont dans le même sens : encadrer davantage les pratiques publicitaires. Cette semaine, deux nouvelles initiatives ont été révélées.

Une loi Evin pour le Climat

Les députés écologiques Mathieu Orphelin et Hubert Julien Laferrière ont présenté ce jeudi 24 septembre un projet allégé de la proposition de loi présentée fin juillet par le groupe EDS. Une proposition simplifiée qui aspire à être un outil pro-climat et pro-écologique. Le lien entre publicité et climat se retrouve sous le feu des projecteurs. Une proposition qui comporte 3 mesures.

Tout d’abord former les étudiants en publicité, en communication et en marketing, d’une part aux enjeux environnementaux de leur futur métier et d’autre part à la nécessité d’une consommation plus sobre. Personne ne doute de la pertinence de cette formation et beaucoup de programmes de l’enseignement supérieur l’ont déjà intégrée – tout au moins en ce qui concerne les impacts environnementaux.

La 2ème mesure vise à mettre en place une régulation progressive de la publicité pour les produits et les services les plus polluants. Cette régulation débuterait au 1er janvier 2022 et serait étalée sur 10 années. Sont dans le collimateur, les véhicules les plus polluants, l’électroménager énergivore, les liaisons aériennes substituables par train pour une durée inférieure à 4H30 ainsi que les vols longs courriers pour des séjours de moins de 15 jours.

Enfin la 3ème mesure prend pour cible l’affichage numérique, avec interdiction d’implanter de nouveaux panneaux et le retrait progressif des panneaux existants.

La discussion de cette proposition de loi devrait avoir lieu en commission le 30 septembre et en séance plénière le 10 octobre.

Un projet de loi ministériel

Autre projet, celui conduit par la Ministre de la Transition Écologique Barbara Pompili. Ce projet vise à interdire la publicité télévisée des produits ou des services les plus nuisibles à l’environnement ou à la santé. Seraient concernés les véhicules les plus polluants, les aliments favorisant l’obésité, la promotion des voyages trop lointains (sans toutefois, précise le Ministère, que les Antilles françaises ne soient concernées). Certaines marques de textile pourraient également être visées. Ce projet reprend plusieurs des mesures suggérées par la Convention Citoyenne pour le Climat. Une façon peut-être de tenir les engagements pris par Monsieur Macron? Un projet qui pourrait voir le jour à l’automne.

L’étau se resserre donc réellement sur la publicité. Tout le monde est d’accord sur le principe qu’il convient d’assainir certaines pratiques nuisibles sur les plans social et environnemental. Pour autant, la voie d’une plus forte réglementation de la publicité est-elle la bonne, dans un pays qui est sans doute déjà en matière publicitaire l’un des plus réglementés? Et la situation économique du pays devrait inciter à tenir compte de l’état sinistré de certains secteurs, notamment le tourisme. La concertation entre tous les acteurs du secteur publicitaire permettrait peut-être de trouver les bons dosages et le bon tempo.