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L’alcool, un argument marketing à interdire?

En juillet dernier, la Fédération française d’addictologie avait tiré la sonnette l’alarme devant les produits non alcoolisés mais qui utilisent l’alcool comme argument marketing. Très souvent en direction des jeunes, voire des adolescents. La question rebondit cette semaine avec la discussion du budget de la Sécurité Sociale au Sénat.

Bonbons, sodas, jus de fruits, cocktails… sans alcool, mais au goût de l’alcool. La tendance arrive jusqu’aux produits cosmétiques, avec en prime, l’odeur de l’alcool ! Objectif : ancrer le produit dans nos mémoires gustatives. Du bonbon Lutti au goût de Spritz … au Spritz ? Du sirop Teisseire Mojito … au Mojito ? On semble bien être ici dans le message subliminal…

Et les marques ne cachent pas forcément leur (mauvaise) intention, à l’image de la publicité des bonbons Lutti :  » Pas envie d’attendre vendredi soir pour le prochain mojito? Emportez votre mini-dose (sans alcool) partout… » « la saveur de votre cocktail préféré à n’importe quel moment »…

Et la liste peut être longue. Vous cherchez une boisson non alcoolisée au goût de Mojito? Ces marques ont pensé à vous : Teisseire, 7up, Finley, Schweppes, Lipton, Sodatream… Sinon, votre supermarché vous proposera sans doute des yaourts copacabana.

Rebondissement ce jeudi 15 novembre au Sénat. Lors du vote du budget de la Sécurité Sociale, le sénateur Bernard Jomier propose de frapper ces produits d’une taxe de 5%. Il faudra bien-sûr encore l’aval des députés pour que la mesure entre en application.

Mais ne serait-il pas plus efficace d’amender la loi Evin et d’interdire l’alcool comme argument marketing ? Plus efficace, mais il est vrai pas forcément plus simple puisque, comme nous l’avons montré, bon nombre de ces produits sont déjà sur nos marchés. Une chose est sûre, il y a une faille dans notre arsenal juridique. Et les marketeurs ont su l’exploiter!

Alcool : la loi Evin assouplie

sowine

source visuel : sowine-typepad.fr

La décision avait déjà été adoptée au Sénat. Elle vient de l’être à l’Assemblée Nationale. Ne manque plus que la publication de la loi. La réforme devrait donc pouvoir s’appliquer début 2016.

Rappelons l’idée : distinguer dans la loi Evin la publicité de l’information. Objectif : faciliter le travail des journalistes et le tourisme œnologique. Désormais, la simple information œnologique ne sera plus considérée comme de la publicité, et ne sera donc plus assujettie à la loi Evin. On peut alors imaginer de voir apparaitre sur nos écrans, grands et petits, des spots pour une région comme le bordelais ou la champagne, dès-lors qu’il existe une indication géographique…

Alors est-ce, comme le craignent les associations de lutte contre l’abus d’alcool, la porte ouverte à une publicité plus large et un accès aux médias interdits jusqu’alors? Tout va dépendre de son usage. Si on s’en tient à de l’information sur une région viticole, le risque peut être contrôlé. Mais on peut aussi se demander si promouvoir la région de Champagne, ce n’est pas indirectement promouvoir le champagne? Formulé autrement, quels sont les contours d’un « contenu informatif »?

Cette réforme avait été suggérée pour permettre aux journalistes d’être moins contraints et de ne pas risquer de tomber sous le joug de la loi Evin. Mais en plus de 20 ans les actions en justice contre un journaliste se comptent sur les doigts d’une main! Quant au tourisme œnologique que la réforme voulait aussi encourager, il ne s’est jamais aussi bien porté…

Alors, devant les risques d’une telle réforme, certains – telle que la Ministre Marisol Touraine – remettent en cause son bien-fondé.

Alcool : le monde viticole fait du lobbying

On parle ici et là de renforcer encore la loi Evin encadrant la publicité sur l'alcool.

On évoque par exemple une mesure tendant à interdire de parler de l'alcool de manière positive dans les médias.

On évoque encore la possibilité de revenir sur le décret autorisant la publicité sur internet.

Certes, rien n'est arrêté, ce qui explique sans doute que le monde de la viticulture se mobilise.

On la création du site cequivavraimentsaoulerlesfrancais.fr

vin et société 2   source visuel : vinetsociete.fr

On remarquera aussi cette annonce-presse dans le Journal du dimanche que l'on doit à Vin&Société.

vin et société  source visuel : francetvinfo.fr

 

HEINEKEN condamné pour sa bouteille Ed Banger

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Le TGI de Paris a prononcé 7000€ de dommages et intérêts au profit de l'ANPAA. L'association avait en effet saisi la justice au sujet de la bouteille, série limitée, Ed Banger, qu'elle estimait non conforme à la loi Evin.

Cette bouteille, lancée en mai 2013 à l'occasion des 140 ans de la marque. Elle comportait une inscription (en anglais) : "Comme vous allez inévitablement mettre vos lèvres sur mon cou, j'ai imaginé l'étiquette adéquate".

Les juges ont estimé que cette mention était trop incitative et qu'elle constituait "un trouble manifestement illicite" eu égard à la loi Evin.