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De grands magazines s’engagent pour leurs mannequins.

Les magazines du groupe Condé Nast International d’un côté, Elle et Version Femina de l’autre, viennent d’adopter une charte de bonne conduite visant, entre autre, à prévenir les risques de harcèlement sexuel. Un engagement qui les honore, en ces temps de scandales qui ont défrayé la chronique. Présentation.

La charte du Groupe Condé Nast International…

VOGUE

La charte adoptée par le Groupe Condé s’adresse aux fournisseurs et autres partenaires. Elle s’impose à toute séance de prise de photos ou de vidéos et vise à établir un environnement de travail sûr et respectueux.  La charte pose d’abord le principe que tout mannequin doit être âgé d’au moins 18 ans et qu’en cas de recours à un mannequin mineur, celui-ci doit bénéficier d’un accompagnateur choisi par l’agence. La charte prévoit qu’en cas de position dénudée, de photo de lingerie ou de maillot de bain ou encore de position sexuellement explicite, une fiche descriptive doit être remise aux participants. La charte précise qu’aucun sujet ne doit subir une pression pour « s’exposer plus qu’il ne se sent à l’aise« . Elle recommande que le mannequin ne reste pas seul avec un prestataire, photographe, maquilleur…

… et celle de Elle et de Version Femina

ELLE

VERSION FEMINA

La charte adoptée par ces deux magazines évoque d’emblée les notions d’éthique et de responsabilité sociétale. Elle rappelle leur engagement en matière de respect des droits de l’homme, de la diversité et de l’égalité entre hommes et femmes. Le ton est donné.

Engagement est pris de ne pas employer des mannequins dont la taille serait inférieure au 34 pour les femmes et au 44 pour les hommes . Lors des séances de photos ou de vidéos dénudées, tout comme durant les moments durant lesquels les mannequins s’habillent ou se déshabillent, ceux-ci ne peuvent se retrouver seuls avec un acteur du shooting. Bien-sûr, les situations de nudité doivent avoir été expressément acceptées par les intéressés.

Deux chartes assez proches l’une de l’autre qui visent à un plus grand respect d’une profession qui fait rêver plus d’un jeune. Un encadrement qui, nous l’espérons, apportera une plus grande sécurité au monde du mannequinat. Une démarche qui était sans doute nécessaire.

 

 

Le « décret photoshop » entre en application

Adopté le 4 mai 2017 (voir notre post du 6 mai), le décret dit « photoshop » entre en application le 1er octobre. Il crée une nouvelle obligation, celle de préciser si la silhouette d’un mannequin a été retouchée. Contours.

DOVE

Source : Kaleidoskopiak

Objectifs visés

Ce décret veut avant tout protéger la jeunesse (les adolescent(e)s notamment) contre la dictature de la beauté. Lutter contre les risques de dévalorisation de soi, et les risques de l’anorexie. « Rose, rassure-toi, le corps parfait n’existe pas » est sans doute le message central de ce décret… Pour preuve le fait que ce décret soit intégré au Code de la Santé publique (art 2133-2).

Cibles et responsabilité

Le décret vise en tout premier lieu les annonceurs. C’est donc à l’annonceur à veiller au respect du décret, même en cas d’achat de photo dans une banque d’images. Bien-sûr, les prestataires de l’annonceur (agence, studio photo…) pourraient être poursuivis en complicité. Mais en cas d’infraction au décret, l’annonceur reste l’auteur principal.

Le décret vise également les agences de mannequins et les mannequins eux-mêmes.

Le champ d’application

Ne sont visées que les photos de mannequin à usage commercial et insérées dans un message publicitaire faisant l’objet d’une communication au public (affichage, presse, internet principalement). A défaut de précision du décret, on peut considérer que tout type de communication publicitaire est concerné, qu’il soit média ou hors-media.

Mais attention, le décret ne vise que les retouches concernant la silhouette du mannequin, donc lorsque la silhouette a été affinée ou épaissie par un logiciel de retouches d’image (photoshop ou autre). Les autres retouches (couleur, reflet, suppression d’une petite tache de peau, modification du grain de peau…) ne sont pas visées par le décret.

La mention obligatoire

La photo retouchée devra être accompagnée de la mention « Photographie retouchée ». Cette mention devra apparaître de façon

  • accessible
  • aisément lisible (donc pas en contre sens de la lecture)
  • de manière clairement différenciée du message publicitaire (couleur ou fond en contraste). Il est d’ailleurs à noter que le décret renvoie de lui-même aux recommandations de l’ARPP, belle reconnaissance du travail d’autorégulation conduit depuis des années par cette institution.

A noter toutefois qu’aucune taille minimale de la mention n’a été imposée par le décret.

Les sanctions

En cas de non respect du décret, l’annonceur risque une amende pouvant atteindre 37 500€ ou 30% des dépenses de publicité engagées.

Un décret utile. Un décret qui rejoint les aspirations de nombre de consommateurs à la recherche d’une publicité plus véridique, d’une publicité qui ne mise pas que sur le paraître (ce qui n’interdit pas la part de rêve…). Bien des marques l’ont intégré (Dove depuis plus de 10 ans, Desigual plus récemment. Avec une mention toute particulière pour Asos et son engagement « zéro retouches » : la marque anglais ne supprime plus les vergetures ou les grains de beauté … ou autres boutons d’acné.

asos 2

 

Quand Asos ne corrige plus les vergetures sur les cuisses de ses mannequins