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Une Journée Nationale contre le sexisme?

« Ensemble contre le sexisme » est à l’initiative de la Journée Nationale contre le sexisme. Créée en 2018, la 2ème édition est prévue le 24 janvier 2019. Avec l’espoir de voir cette journée se pérenniser. Présentation.

« Notre société entière est malade du sexisme »

Emmanuel MACRON, 25 novembre 2017

Le collectif Ensemble contre le sexisme a vu le jour en 2016. Il regroupe actuellement 33 associations et réseaux, de tous secteurs. Il a lancé le 25 janvier 2018, la 1ère Journée Nationale contre le sexisme qui était avant tout un colloque sur Paris. Fort de ce premier succès et de ses convictions, ce collectif réitère, en proposant une 2ème journée, qui se déroulera le 24 janvier prochain. Toujours sous la forme d’un colloque (sur inscription).

Un des 6 visuels proposés par l’agence NUDE

Ensemble contre le sexisme poursuit 3 objectifs :

  • faire mieux comprendre au grand public les différentes facettes du sexisme
  • sensibiliser et donc faire agir
  • collecter et communiquer sur les initiatives positives en matière de lutte contre le sexisme (ce que nous ferons ci-après).

Ensemble contre le sexisme espère que cette journée pourra être pérennisée et ainsi se dérouler chaque année au mois de janvier.

L’édition 2019 est placée sous le signe de la LIBERTÉ et donne la priorité à 3 domaines : le numérique (LIBRES en ligne), l’espace public (LIBRES en ville), l’éducation et la parentalité (LIBRES de grandir) et aura pour slogan « le sexisme tue ». Tue la confiance, la parole, l’innovation, le talent. Un message fort qui ne peut laisser indifférent…

Une cause qui a reçu le soutien de l’agence NUDE qui a conçu bénévolement la campagne 2019. Avec notamment 6 visuels utilisant les codes du funéraire : une urne, une plaque, un faire-part de décès, une couronne mortuaire et une pierre tombale. Chacun de ces visuels rend un hommage funeste à une victime du sexisme, dans une situation quotidienne. La campagne est diffusée en presse et dans le métro parisien.

Les études et sondages ne laissent malheureusement aucun doute sur le bien fondé de cette action. Rappelons que 100% des femmes reconnaissent avoir été un jour harcelées dans la rue ou les transports. Que 40% d’entre elles disent avoir été victime d’une humiliation ou d’une injustice liée à leur genre. Une femme sur deux reconnait avoir modifié sa façon de s’habiller à la suite de remarques sexistes.

Bien-sûr, des actions positives ont déjà été engagées. Ainsi, la loi du 1er août 2018 fait du harcèlement de rue un délit pénal et le 27 novembre 2018, le site http://www.service-public.fr a mis en place une plateforme de signalement fonctionnant 24H/24.

Le monde de la communication est très directement concerné. Il n’est pas resté indifférent. On se souvient de l’étude pilotée en octobre 2017 par le CSA et portant sur 2000 publicités TV. Une étude qui révélait que les stéréotypes sexistes sont très présents dans les spots TV. Les 2/3 contiennent des stéréotypes sexistes et ceux-ci concernent les femmes à 66%! Suite à un tel constat, le CSA lance un programme de lutte contre les stéréotypes sexistes sur nos écrans. En janvier 2018, l‘UDA lance le programme FAIRe qui comporte 15 engagements. Il est signé par 28 marques. En mars 2017, la Ville de Paris déclare la guerre aux publicités sexistes sur l’espace public parisien. Et il faut aussi évoquer tout le travail fait par l’ARPP dans ses recommandations.

Oui le secteur de la communication est très concerné. Il porte une réelle responsabilité dont la plupart des communicants sont aujourd’hui bien conscients, même si des avancées sont encore nécessaires.

Saluons cette 2ème journée contre le sexisme, en regrettant peut-être qu’elle ne soit cantonnée pour l’heure qu’en région parisienne… Remercions l’agence NUDE pour son engagement sociétal. Et surtout… ne restons pas indifférents !


Sexisme et discrimination, la Ville de Paris montre la voie

Le Conseil de Paris veut interdire les campagnes d’affichage sexistes ou discriminatoires. Quels sont les enjeux?

Le récent scandale de la campagne YSL a -t-il contribué à la décision prise hier 28 mars par le Conseil de Paris. Une campagne qui avait suscité 150 plaintes, entraîné le retrait des affiches et une décision rapide et sans fioritures du JDP…

Sur demande du groupe communiste, le Conseil de Paris vient d’adopter l’interdiction sur le réseau d’affichage parisien, des campagnes sexistes ou discriminatoires. La publicité dégradante pour la dignité humaine est donc désormais bannie du territoire parisien. En France, c’est une première. Mais Londres a déjà adopté une décision semblable.

Il appartiendra à JC Decaux de faire respecter cette décision. La Société JC Decaux vient en effet d’obtenir le renouvellement de la concession des panneaux d’affichage de la Ville de Paris et s’est engagée contractuellement à veiller au grain.

Pour notre droit, en cas de campagne qui dérape, la responsabilité de l’annonceur n’est pas la seule à pouvoir être mise en cause. L’agence, l’imprimeur, et le média peuvent être également poursuivis en responsabilité. Ce qui est ici nouveau, c’est que l’afficheur s’engage contractuellement. Et que son contrôle devient préventif.

La maison JC Decaux va donc devoir visionner toutes les affiches, sans doute avant leur impression. En cas de doute, on imagine un comité d’experts prêt à intervenir. A moins que Decaux ne décide de faire appel à l’avis de l’ARPP – qui, rappelons-le, est facultatif en matière d’affichage. Bien-sûr, on sera parfois sur des timings serrés…

darty

Cette affiche Darty passerait-elle l’étape contrôle?

On ne peut que se réjouir de cette volonté de faire la chasse aux campagnes qui ternissent l’image de la publicité dans notre pays et qui peuvent choquer bien des consommateurs ou des personnes plus sensibles. On ne peut donc que féliciter la Ville de Paris d’avoir osé montrer l’exemple. Néanmoins, est-ce la bonne solution? Est-il sain de demander à un afficheur d’être l’éventuel censeur des campagnes d’affichage? Même si cette solution est évidement la plus rationnelle…

Quand un liquide vaisselle donne dans le graveleux

ouset france

source visuel : ouestfrance.fr

A quelques jours de Noël, le BHV déclenche l’indignation sur Twitter. En cause, un packaging de liquide vaisselle de la marque Dishes Goods, jugé à la fois graveleux et sexiste.

Graveleux? Oui, à en juger par les slogans affichés sur les flacons du produit : « Il faut pomper pour que ça gicle » ou « C’est connu, le plaisir vient en astiquant » et « Ne pas avaler? Zut, pour une fois que j’étais d’accord »

Alors oui, pas très fin. Et pas très respectueux du consommateur. Pas très conforme non plus aux recommandations de l’ARPP. Le BHV s’en est défendu en expliquant qu’il fallait bien-sûr lire au second degré… Nous voilà rassurés!

Sexiste? Outre l’interprétation des slogans (dont nous laisserons à chacun la liberté), en cause un visuel de femme sur chaque packaging. En déduire que la vaisselle est une affaire de femme, il n’y a qu’un pas. Les grandes de ce monde n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir sur Twitter : Laurence Rossignol, notre Secrétaire d’Etat, Pascale Boistard, notre Chargée des Droits des Femmes, et même notre Anne Sinclair…!  Mais, selon nous, cette accusation de sexisme ne tient pas, puisque le même produit en version homme est disponible. Pour preuve ce visuel que nous avons trouvé après quelques minutes de recherche sur la toile :

hom

Le visuel sur le packaging est alors celui d’un homme, mais les slogans sont  identiques. Donc finalement, Dishes Goods prône que les hommes peuvent aussi faire la vaisselle… Ouf! A signaler que ce packaging a été conçu par une femme, Marie Colin.

Il est assez symptomatique de notre temps de voir un réseau social s’emballer à propos d’une publicité. Et de partage en partage, le bad buzz prend de l’ampleur. Symptomatique aussi de voir tous les acteurs s’apostropher et se répondre sur Twitter. Une spontanéité qui parfois peut prendre des allures de précipitation…

 

La campagne sexiste d’Accorhotels arena

Depuis le 14 octobre, le Palais de Bercy est devenu officiellement Accorhotels Arena. Et cela ne s’est pas fait sans mal. Un des rares exemples de naming à la française, et que le grand public a du mal à accepter, si l’on en croit les réactions sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Mais qui permettra sans doute un nouveau départ à cet ensemble après deux années de travaux.

Dans ce contexte fragile, on peut donc d’autant plus s’étonner de la campagne lancée par la marque… sauf à vouloir volontairement attiser le feu. Campagne d’affichage métro et de proximité, mais aussi campagne presse. En cause, une double affiche : à gauche un slogan « Le seul lieu où les femmes sont à vos pieds », et à droite une photo de la joueuse de tennis russe Victoria Azarenka, à genoux sur un court.

gqmagazine.fr

source visuel : gqmagazine.fr

Cette campagne de promotion de l’enceinte sportive et événementielle a déchaîné le social media, Facebook et Twitter notamment. Un tweet a été tout particulièrement remarqué, celui de l’adjoint au maire de Paris chargé des espaces publics. Une pétition a même été lancé mercredi sur Change.org. Et même si elle n’a recueilli que 191 soutiens, la démarche est significative. Devant cette montée des critiques, la marque s’est excusée sur twitter. A la demande de la Mairie de Paris, la campagne a finalement été retirée vendredi.

Que lui reprocher? En tout premier lieu de méconnaître les alinéas 3.1 et 3.2 de la recommandation de l’ARPP Image de la personne humaine :

« La publicité doit éviter d’induire une idée de soumission ou de dépendance dévalorisant la personne humaine et en particulier les femmes »
« Toute présentation complaisante d’une situation de domination ou d’exploitation d’une personne par une autre est exclue »
Publiée dans le métro, cette campagne va précisément à l’encontre d’une autre campagne lancée récemment, celle qui entend lutter contre les comportements sexistes, voire contre les agressions sexuelles dont sont justement victimes les femmes dans les transports en commun. Dommage qu’Accor ne s’en soit apparemment pas souvenu…
Accorhotels Arena est destinée à abriter, entre autres manifestations, des compétitions sportives. La campagne en cause n’est bien sûr pas cohérente avec les valeurs du sport.
Au final, la campagne d’Accor est une suite de fautes. Faute déontologique, le non respect des recommandations de l’ARPP. Faute sociétale, celle d’encourager des actes de soumission, voire de violence. Ou pour le moins de les banaliser. Mais c’est surtout une faute de goût

Darty partiellement épinglé par le JDP

On se souvient tous de la campagne en noir et blanc de Darty, lancée début novembre, notamment en affichage. Une campagne publicitaire (conçue par BDDP Unlimited) qui marquait une vraie rupture sur les précédentes et dont un des objectifs était de rajeunir l'image de l'enseigne (dont la clientèle reste assez "mûre").

Deux des visuels se sont retrouvés devant le JDP à la demande de deux particuliers, ces derniers considérant que cette campagne véhiculait des stéréotypes et des idées sexistes. Le JDP vient de rendre une décision en demi-teinte.

"Elle achète en ligne… il va chercher mes commandes au magasin"

visuels_darty_Page_2source visuel : lefigaro.fr

Pour le plaignant, ce visuel véhicule l'idée que l'homme est plus fort que la femme, et opère un partage des tâches entre les deux sexes.

Le JDP ne retient pas cette interprétation, estimant que l'annonceur ne fait que constater que l'homme est en effet plus "musclé" que la femme, mais que l'ensemble du visuel ne traduit pas l'idée que l'homme est supérieur à la femme.

On remarque que le plaignant n'a pas évoqué un autre stéréotype : celui de la femme dépensière…..

"Face à la technologie, on est tous un peu blonde"

visuels_darty_Page_1source visuel : http://www.jdp-pub.org

Là, le JDP sanctionne : ce visuel véhicule le stéréotype de la femme blonde et donc … idiote.

Les stéréotypes sont nombreux dans la publicité et souvent bien lourds. Est-ce la raison qui a poussé le JDP à se montrer intransigeant avec cette campagne décalée et au ton humoristique?.

 

 

les vidéos Smerep déclenche les foudres…

Dans les milieux publicitaires, on a beaucoup parlé ces derniers jours de ces 6 vidéos Smerep de la campagne "Il y a toujours une bonne raison de choisir la Smerep"

smerep  source visuel : lepoint.fr

Le 23 septembre, le cabinet de Najat Vallaud Belkacem saisit le JDP pour faire censurer la campagne comme sexiste et surfant sur le stéréotype de la blonde idiote.

Et le JDP de lui donner raison…

Et pourtant, tout le monde a compris que ces vidéos se veulent délibérément décalées… et qu'elles utilisent le code de l'humour.

Mais l'affaire n'en reste pas là car la direction de la Smerep décide de porter plainte pour censure

On aboutit donc à un paradoxe : une sentence déontologique qui se retrouve devant les juges de droit commun. Sans doute une première qui pourrait faire école et affaiblir le JDP

Le ton monte. Nous attendons avec impatience le dénouement en nous interrogeant sur certaines campagnes – la blonde Leclerc par exemple qui sévit sur nos écrans depuis de nombreux mois.