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Y a quoi dedans. L’appli polémique de Système U ?

Depuis plusieurs années, Système U a engagé la lutte contre certaines substances controversées que l’on trouve dans nos produits alimentaires. Le distributeur va plus loin en lançant une application, « Y a quoi dedans« . Que faut-il en penser?

C’est dès 2012 que Système U s’est engagé pour une alimentation plus sûre, en annonçant la disparition de ses rayons de substances polémiques encore appelées substances controversées. La promesse est d’ampleur puisque 82 substances et 6 000 produits sont concernés.

Ce début septembre, le distributeur lance sur le marché une application – Y a quoi dedans –  qui permet d’identifier la présence de telles substances dans les produits alimentaires. Pour l’heure, cette application ne concerne toutefois que 22 substances. Dès le 9 septembre, une campagne TV soutiendra ce lancement. L’objectif poursuivi est bien-sûr de reconquérir la confiance des consommateurs, confiance ébranlée par une succession de petits et gros scandales alimentaires.

ya quoi dedans

source : site internet Sytème U

De telles applications existent déjà : Yuka (sans doute l’appli leader téléchargée plus de 5 millions de fois), Scan Eat ou Scan Up. Mais le fait qu’un grand distributeur propose une telle application est une première. Et une première qui forcément interroge. Est-ce le rôle d’un distributeur? Comment Système U gère-t-il la relation avec la marque? Le distributeur ne va-t-il pas au-delà de ses obligations? Inutile de le nier, être à la fois juge et partie présente ses limites. Ainsi, le nombre de substances identifiées par Y a quoi dedans est plus limité que chez Yuka par exemple. Et de ce fait, un produit pourra être évalué de manière différente entre les deux applications. Pour les mêmes raisons, Y a quoi dedans n’attribue pas de notes aux produits.

Devant cette initiative, on a aussi invoqué l’effet anxiogène qu’elle pouvait entretenir. Mais comme nous le disions, ce type d’applications existent déjà depuis quelques années. Et à l’inverse, mettre un outil de détection simple au service du consommateur, n’est-ce pas apaiser ses craintes? Et peut-on renoncer à alerter le consommateur sous prétexte de ne pas l’inquiéter?

Au demeurant, Y a quoi dedans a de réels atouts qui pourraient convaincre. On l’obtient sans création de compte et Système U s’engage à ne pas utiliser les données personnelles. Elle est gratuite. Mais surtout l’appli permet de se créer ses favoris. Par exemple exclure les produits avec gluten. Ou mettre les produits bio ou made in France en favoris. Le scan du code barre fait alors gagner un temps précieux …

Aujourd’hui, ce sont, selon Système U, 110 000 références qui sont déjà intégrées à l’application. L’avenir nous dira et le succès que rencontrera cette application « distributeur » et la réaction des concurrents. Quant à nous, il nous semble que cette initiative participe d’une démarche de communication plus responsable, mettant à disposition du consommateur un outil d’information. Et considérons ce consommateur comme suffisamment adulte pour choisir entre cette application « maison » (donc plus limitée) ou une application indépendante de type Yuka (donc plus large).

L’obligation d’information pèse bien entendu en priorité sur le producteur, le fabricant. Mais on a tous conscience que la compréhension des packagings est souvent, en la matière, un parcours du combattant. Déceler les substances à éviter demande et du temps et une certaine aptitude à déchiffrer des termes souvent très techniques. Alors si un distributeur accepte de guider le consommateur, même partiellement, faut-il le regretter?