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Une loi Evin pour la publicité

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En juin 2020, Greenpeace et deux autres ONG, Réseau Action Climat et Résistance à l’Agression Publicitaire, rédigent un plaidoyer de 43 pages en faveur d’une loi Evin sur la publicité. La référence à la loi Evin n’est pas le fruit du hasard.  Une loi restée dans les annales pour avoir mis fin à toute publicité pour le tabac et fortement encadré la publicité pour l’alcool.

Quatre secteurs sont concernés par la demande de Greenpeace : l’automobile, l’aviation, le transport maritime et les énergies fossiles.

Le plaidoyer débute par une remise en cause de l’autorégulation des acteurs de la publicité en des termes sans équivoque : « L’autorégulation des acteurs de la publicité n’a été qu’un moyen d’afficher une bonne foi de façade tout en continuant à engranger des profits au détriment de la santé de la population et de la protection de l’environnement ».

Le rapport évoque l’échec, selon lui, de la mention « L’énergie est notre avenir, économisons-la » instaurée en novembre 2006. Une mention dont la taille minimale de caractères n’avait pas été imposée et à laquelle, selon Greenpeace tous les Français se sont habitués du fait de son caractère trop général et de son unicité.

La demande des 3 ONG est sans ambiguïté. Il convient selon elles d’interdire toute promotion ou toute publicité, qu’elle soit directe ou indirecte ainsi que toute distribution gratuite ou promotionnelle, de même que toute opération de parrainage en faveur

  • Des énergies fossiles ou des entreprises qui les exploitent, les produisent ou les distribuent
  • De tout véhicule aérien, routier, maritime fonctionnant à partir de ces énergies, à l’exception des véhicules de transport en commun.

Une proposition que Greenpeace appuie d’une étude BVA de juin 2020 et qui révèle que 65% des Français soutiennent  l’idée d’une interdiction de la publicité aux marques contribuant le plus au changement climatique. Des prises de position radicales mais qui font, jour après jour, leur chemin. A tel point que, selon certaines rumeurs, un texte serait en préparation au Ministère de la Transition Écologique pour limiter ou interdire la publicité à la télévision pour les produits reconnus les plus néfastes à l’environnement ou à la santé.