Prévu par la loi Climat et résilience, l’affichage environnemental dédié au secteur textile devient réalité. Un grand pas en avant pour un secteur qui représente environ 10% de nos émissions de gaz à effet de serre. Présentation.
Il aura donc fallu 4 années de négociations et de mises au point techniques, mais dès le 1er octobre 2025, les consommateurs français pourront connaître l’impact environnemental de leurs achats de vêtements. Les textes (un décret et un arrêté) ont été publiés au Journal Officiel ce 9 septembre. Pour l’instant, cet affichage repose sur la base du volontariat, la décision revenant aux marques. Il semble que ce caractère facultatif était une condition pour obtenir le feu vert de la Commission Européenne, feu vert acquis en mai dernier.
L’affichage représente le coût environnemental du produit, coût exprimé en « points d’impact » par 2 chiffres. Plus les chiffres sont élevés, plus le produit est néfaste pour la planète. Le 1er chiffre exprime l’impact du produit concerné et le 2ème chiffre, l’impact pour 100 grammes de ce produit.
Le référentiel
Le référentiel de cet affichage s’appuie sur la méthodologie Product Environmental Footprint (PEF) de l’Union Européenne. Cette méthodologie prend bien-sûr en considération la totalité du cycle de vie du produit, de sa production à sa fin de vie. Les données techniques sont établies sur la base ressource ecobalyse de l’Ademe.
L’outil prend en compte 16 catégories d’impacts environnementaux : la consommation d’eau, les émissions de GES, la toxicité, la facilité à recycler, la consommation de ressources fossiles, la présence de produits phytosanitaires, mais aussi le largage de microfibres lors des phases de lavage, la durabilité du produit, l’exportation de vêtements usagés en dehors de l’Europe. L’outil ainsi mis au point va plus loin que le modèle proposé par l’Union Européenne, d’où la nécessité d’obtenir l’accord de la Commission.
Chaque catégorie de ces impacts environnementaux est affectée d’un coefficient de pondération. Par exemple 4,91% pour l’acidification, 21,6% pour le changement climatique ou l’écotoxicité de l’eau douce ou encore 6,74% pour la consommation de la ressource eau.
L’outil intègre également un coefficient de durabilité qui prend en considération le nombre moyen de jours d’utilisation, la largeur de la gamme produits et l’incitation à la réparation, la durée moyenne de commercialisation, et la traçabilité de la production. Ce coefficient varie de 0,76 à 1,45 et vise principalement l’ultra fast fashion.
Enfin, l’outil retient 11 types d’effets vestimentaires : boxer/slip, caleçon, chaussettes, chemise, jean, jupe/robe, maillot de bain, manteau/veste, pantalon/short, pull, T-shirt/polo.
Publicité de l’affichage
L’affichage peut être accessible en boutique, soit en rayon, soit sur l’étiquette produit ou encore l’emballage. Il peut aussi être disponible sur le site internet avec fourniture d’un lien ou d’un QR code. La taille de la police utilisée doit être au moins équivalente à celle utilisée pour l’affichage du prix.
La marque ayant opté pour cet affichage devra déclarer ses informations et fournir ses données sur un site dédié. La marque devra également respecter la charte graphique de cet affichage, également disponible sur ce site.
A titre indicatif, voici un exemple comparatif pour un T-shirt. Un T-shirt fabriqué en France avec un coton bio ayant parcouru 20 000 kms en bateau, porté 64 jours et avec un coefficient de durabilité de 1,43 affiche un score de 383 points. Alors qu’un T-shirt polyester issu de l’ultra fast fashion, ayant parcouru 8 200 kms en avion, porté 21 jours et avec un coefficient de durabilité de 0,90 affiche quant à lui un score de 1252 points.
























