Créé par 7 organisations et soutenu par plusieurs partenaires, l’Observatoire Citoyen de la Publicité se propose d’être un outil de signalement participatif des contenus publicitaires abusifs. Mais quelle peut être sa place et son rôle face au Jury de Déontologie Publicitaire ? Présentation et éléments de réponse.
Ce lundi 27 octobre semble être jour de lancement officiel de l’OCP, l’Observatoire Citoyen de la Publicité. Il a été créé à l’initiative de 7 organisations engagées pour la transition écologique, la transformation économique et l’écologie politique. La liste des membres fondateurs lève le voile sur son ambition : « Ensemble, reprenons le contrôle de la publicité. » Sont ainsi membres fondateurs : Communication et Démocratie, Halte à l’Obsolescence programmée, Institut Veblen, Les Amis de la Terre-France, Résistance à l’Agression Publicitaire, Sherpa et Zero Wast-France. L’observatoire bénéfice également du soutien de 13 partenaires, Alerte Greenwashing, Alternatiba, Association Addictions France, La Confédération Syndicale des Familles, Eclaircies, L’Observatoire des multinationales, Paye ton influence, Pépites sexistes, Perles de Greenwashing, Quota Climat, Reclaim Finance et Réseau Action climat.
Objectif et Positionnement de l’OCP
L’objectif de ce nouvel outil est de construire une critique collective des discours véhiculés par les marques et interpeller les pouvoirs publics pour faire évoluer les règles. La volonté de lutter contre les discours publicitaires problématiques auxquels les citoyens sont exposés, notamment les discours trompeurs ou stigmatisants ou encourageant la surconsommation. Un positionnement clairement différent de celui du Jury de Déontologie Publicitaire, dont la mission première est de sanctionner les manquements aux recommandations de l’ARPP, recommandations qui constituent le socle de la déontologie professionnelle. Le post diffusé le même jour sur Facebook ne laisse aucun doute. Il est un véritable plaidoyer contre la publicité (ou une certaine publicité) qui, selon l’OCP, aggrave les crises environnementales et sanitaires, normalise le sexisme et le racisme, banalise la surconsommation et les modes de vie hyper carbonés et fait la promotion de produits dangereux pour la santé.
La procédure
La procédure proposée par l’OCP est de même nature que celle mise en place par le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP). Tout commence par un signalement sur le site, signalement émis par un citoyen à l’aide d’un formulaire en ligne. Si le signalement est considéré comme recevable par le Secrétariat, il rejoint alors les « Publicités signalées ». S’en suivra une analyse approfondie par un des membres ou partenaires et qui sera, à son tour, publiée sur le site. Une analyse sous l’unique responsabilité de l’organisme qui l’a conduite. A date, une petite quinzaine de publicités signalées sont en ligne (certaines d’ailleurs datées du mois d’avril), mais les analyses ne sont pas encore disponibles.
Pour être recevable, le signalement doit concerner une publicité abusive, notamment une incitation à la surconsommation, une publicité trompeuse sur le plan environnemental ou social, ou une publicité véhiculant des stéréotypes dégradants. Sont par contre exclus les spams et les trolls.
Avec ce nouvel outil, le consommateur a désormais le choix de saisir soit le JDP, soit l’OCP, voire les deux. Un choix qui risque d’être difficile pour le consommateur non-initié. Car si la procédure est quasiment la même, les angles d’analyse diffèrent, les analyses conduites par le JDP étant fondées exclusivement sur le respect, ou non, des recommandations de l’ARPP. On fait souvent le reproche au JDP d’être peu connu du grand public, d’être davantage accessible aux professionnels qu’aux citoyens. Mais alors pourquoi ne pas investir dans des campagnes pour mieux le faire connaître du grand public ? C’est d’ailleurs une des propositions du Rapport « Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable » rapport qui risque de faire beaucoup parler chez les publicitaires et auquel nous consacrerons très prochainement un article.
























