Jeux vidéos : les parents mieux informés

Un nouveau pictogramme va faire son apparition sur les packagings des jeux vidéos, aux fins d’alerter les parents des risques que représentent les achats intégrés en cours de jeu. Explication.

Le Pan Europeen Game Information (PEGI) régit l’information relative aux jeux vidéos. Une information consommateur renforcée par l’apparition d’un nouveau pictogramme dit « Achats intégrés »  Il veut attirer l’attention des parents sur le fait que le jeu offre la possibilité,  de dépenser de l’argent pour acquérir des biens ou de nouvelles fonctions. Ce pictogramme était déjà utilisé pour les jeux dématérialisés. Il sera étendu aux boites « physiques » des jeux vidéos vendus en boutique ou sur un site de E-commerce. Un pictogramme relativement clair par son graphisme :

ACHATS INTEGRES

Rappelons que 2 types de pictogrammes étaient déjà obligatoires : la mention de l’âge minimum conseillé  :

AGE JEUX VIDEOS

Et une série de pictos dits « descripteurs de contenus » :

DESCRIPTEURS DE LANGAGES

La presse écrite joue la carte de l’Alliance

Alors que le Parlement Européen vient d’adopter la réforme du droit d’auteur créant, au profit des éditeurs de presse, un droit voisin – voir notre article du 17 septembre – la presse écrite crée l’Apig, l’Alliance de la Presse d’Information Générale. Objectif : concevoir un plan de filière.

La presse écrite subit de plein fouet les effets de la numérisation et le nombre des éditions papier ne cessent inexorablement de baisser. Et pourtant certains titres s’en sortent. Comme Le Monde qui annonce pour la 2ème année un résultat positif. D’ailleurs, grâce à son site en ligne, lemonde.fr, aujourd’hui plus rentable que les éditions papier.

presse avf.asso.fr

Mais si bon nombre de titres de presse ont réussi leur transformation numérique,  l’on sait aussi que les GAFAM exploitent largement les contenus de la presse en ligne, sans rémunération aucune. Et le Fonds européen, créé par Google pour soutenir les expériences de presse innovantes, ne suffit pas à compenser ce que Jean-Marie Cavada appelait un « pillage ».

La création de l’Apig, présentée le 19 septembre, se voulait être d’abord une réponse à ce pillage. C’est une démarche lancée sous l’égide des syndicats professionnels, Le Syndicat de la Presse Quotidienne Nationale en tête. Et cette alliance est d’envergure puisqu’elle représente 305 titres, 27 000 salariés dont 10 000 journalistes et 25 000 correspondants de presse. Comme le déclare Jean-Michel Baylet dirigeant de La Dépêche, et 1er président de la nouvelle alliance, l’objectif est de trouver un équilibre économique avec les géants du net.

Mais créer une telle Alliance dans le seul but de lutter contre les GAFAM, ne mobiliserait sans doute pas suffisamment. Le pari de cette alliance est de réussir à définir un plan de filière. Un plan dont la presse écrite a tant besoin depuis quelques années. Souhaitons bonne chance à l’Apig car, nous en sommes persuadés, il reste forcément une place à ce type de presse qui, selon les sondages, a la préférence des Français!

L’Europe vote la réforme du droit d’auteur

Après deux années d’âpres débats et de rebondissements, le Parlement Européen a adopté mercredi la réforme du droit d’auteur. Avec pour objectif une meilleure répartition de la valeur. Explications.

C’est par 438 voix sur 703 votants, que le Parlement Européen a voté une Directive renforçant le droit d’auteur. Deux objectifs étaient poursuivis : adapter la protection actuelle à l’essor du numérique et lutter contre le « pillage » de la création, notamment journalistique, par les GAFAM et les plateformes d’hébergement. Les résistances de l’industrie numérique étaient, on s’en doute, fortes et les débats houleux.

bruxelles

La réforme tient en 2 mesures essentielles, exprimées par les articles 11 et 13 de la Directive.

L’article 11 crée un droit voisin

La notion de droit voisin n’est pas nouvelle en matière de droit d’auteur. Les artistes interprètes en bénéficient depuis longtemps. Ce nouveau droit voisin est créé au profit des éditeurs de presse. En effet, dans son article 11, la Directive donne des droits exclusifs de reproduction et de diffusion, aux éditeurs de presse, sur les contenus qu’ils créent. Cela signifie clairement que les GAFAM et plateformes de partage ne pourront plus librement exploiter les contenus de presse, sans rémunérer l’éditeur de presse.

le soir 11 sept 18

« Informer a un coût »  : La Une du Journal Le Soir à la veille des débats au Parlement

source : lesoir.be

D’aucuns ont invoqué la défense de la liberté d’expression et la liberté du net pour tenter de s’y opposer. Ces craintes sont-elles réelles? Le texte vise avant tout à permettre un partage de la valeur. En effet, la plateforme qui diffuse un contenu dont elle n’est pas l’auteure gagne de l’argent la publicité engendrée. Il s’agit, non pas de gêner la liberté d’expression ou de limiter la libre circulation de l’information, mais de rémunérer l’éditeur de presse pour le contenu exploité. L’article 11 prévoit d’ailleurs un certain nombre de dérogations : les liens hypertextes et ceux accompagnés de mots isolés ne sont pas concernés, non plus que les usages privés sans but commercial.

L’article 13 institue une responsabilité des plateformes

Jusqu’alors, en droit du numérique, on ne retenait la responsabilité des plateformes hébergeuses vis à vis des contenus publiés par leurs membres, que dans des cas très limités. Désormais, en matière de diffusion de contenus de presse, la plateforme sera responsable. Elle devra veiller à ce qu’aucun contenu ne soit diffusé au détriment des éditeurs de presse, et à défaut, sa responsabilité se trouverait engagée. On s’éloigne du traditionnel statut d’hébergeur.

Des plateformes, tels que Facebook, Twitter ou encore LinkedIn, vont donc devoir mettre en place des filtres automatiques ou négocier des licences avec les éditeurs de presse. A noter toutefois que le texte exclut de ce dispositif les micro et les petites plateformes, qui n’ont pas les moyens de mettre en place de tels filtres. Sont également exclus les fournisseurs de services cloud.

Des questions restent entières

Cette Directive fixe un cadre, qui toutefois n’est pas sans soulever certaines interrogations. Les modalités d’application restent à définir et seront en partie de la responsabilité de chaque État membre. Quel en sera le calendrier? Les États Européens vont-ils être capables d’harmoniser leur position face aux géants du net? On peut aussi s’interroger sur la réaction des GAFAM. On les sait peu enclins à céder aux injonctions des États Européens ou de leurs tribunaux. Sont-ils prêts à payer pour continuer à diffuser les contenus de presse? Existe-t-il un risque de boycott des contenus de la presse européenne? Ce qui serait désastreux pour son rayonnement et produirait financièrement l’effet inverse à celui recherché. Et dans le même temps, la reprise d’articles ne contribue-t-elle pas à la notoriété de son auteur? Par ailleurs la définition et l’installation des filtres ne sera sans doute pas chose facile au plan juridique. En effet, le droit d’auteur prévoit de multiples exceptions et on peut légitimement se demander si les filtres pourront en tenir compte? On peut aussi d’interroger sur l’efficacité de ces filtres.

On le voit, si l’idée de départ est généreuse, sa mise en œuvre risque d’être difficile, voire hasardeuse.  Une réforme largement soutenue par le gouvernement français. Voici d’ailleurs ce que tweetait Emmanuel Macron au lendemain de l’adoption de la Directive : « Le droit d’auteur protège, c’est notre liberté, notre information libre, notre création culturelle qui sont reconnues. Je suis fier que la France ait été à la pointe de ce combat ».

 

Y a quoi dedans. L’appli polémique de Système U ?

Depuis plusieurs années, Système U a engagé la lutte contre certaines substances controversées que l’on trouve dans nos produits alimentaires. Le distributeur va plus loin en lançant une application, « Y a quoi dedans« . Que faut-il en penser?

C’est dès 2012 que Système U s’est engagé pour une alimentation plus sûre, en annonçant la disparition de ses rayons de substances polémiques encore appelées substances controversées. La promesse est d’ampleur puisque 82 substances et 6 000 produits sont concernés.

Ce début septembre, le distributeur lance sur le marché une application – Y a quoi dedans –  qui permet d’identifier la présence de telles substances dans les produits alimentaires. Pour l’heure, cette application ne concerne toutefois que 22 substances. Dès le 9 septembre, une campagne TV soutiendra ce lancement. L’objectif poursuivi est bien-sûr de reconquérir la confiance des consommateurs, confiance ébranlée par une succession de petits et gros scandales alimentaires.

ya quoi dedans

source : site internet Sytème U

De telles applications existent déjà : Yuka (sans doute l’appli leader téléchargée plus de 5 millions de fois), Scan Eat ou Scan Up. Mais le fait qu’un grand distributeur propose une telle application est une première. Et une première qui forcément interroge. Est-ce le rôle d’un distributeur? Comment Système U gère-t-il la relation avec la marque? Le distributeur ne va-t-il pas au-delà de ses obligations? Inutile de le nier, être à la fois juge et partie présente ses limites. Ainsi, le nombre de substances identifiées par Y a quoi dedans est plus limité que chez Yuka par exemple. Et de ce fait, un produit pourra être évalué de manière différente entre les deux applications. Pour les mêmes raisons, Y a quoi dedans n’attribue pas de notes aux produits.

Devant cette initiative, on a aussi invoqué l’effet anxiogène qu’elle pouvait entretenir. Mais comme nous le disions, ce type d’applications existent déjà depuis quelques années. Et à l’inverse, mettre un outil de détection simple au service du consommateur, n’est-ce pas apaiser ses craintes? Et peut-on renoncer à alerter le consommateur sous prétexte de ne pas l’inquiéter?

Au demeurant, Y a quoi dedans a de réels atouts qui pourraient convaincre. On l’obtient sans création de compte et Système U s’engage à ne pas utiliser les données personnelles. Elle est gratuite. Mais surtout l’appli permet de se créer ses favoris. Par exemple exclure les produits avec gluten. Ou mettre les produits bio ou made in France en favoris. Le scan du code barre fait alors gagner un temps précieux …

Aujourd’hui, ce sont, selon Système U, 110 000 références qui sont déjà intégrées à l’application. L’avenir nous dira et le succès que rencontrera cette application « distributeur » et la réaction des concurrents. Quant à nous, il nous semble que cette initiative participe d’une démarche de communication plus responsable, mettant à disposition du consommateur un outil d’information. Et considérons ce consommateur comme suffisamment adulte pour choisir entre cette application « maison » (donc plus limitée) ou une application indépendante de type Yuka (donc plus large).

L’obligation d’information pèse bien entendu en priorité sur le producteur, le fabricant. Mais on a tous conscience que la compréhension des packagings est souvent, en la matière, un parcours du combattant. Déceler les substances à éviter demande et du temps et une certaine aptitude à déchiffrer des termes souvent très techniques. Alors si un distributeur accepte de guider le consommateur, même partiellement, faut-il le regretter?

Zéro Waste Strasbourg se mobilise pour STOP PUB

L’Association Zéro Waste Strasbourg part en croisade pour défendre l’autocollant STOP PUB et intente une action en justice contre les marques Intermarché et Pizza Hut. C’est une première en France. Décryptage.

stop pub

L’autocollant STOP PUB  a été créé en 2004 avec le soutien des pouvoirs publics. Il a pour objectif de dissuader la distribution de prospectus commerciaux dans les boites aux lettres des ménages qui ne le souhaitent pas. Selon une étude datant de 2015, 14% des ménages l’utiliseraient. Et selon l’UFC – Que Choisir, son efficacité serait de 93%. Les prestataires de la distribution de prospectus et catalogues commerciaux se sont même  engagés, dans une charte de bonne conduite, à le respecter. L’autocollant est distribué gratuitement par les Associations de consommateurs et en Mairie. Il peut également être obtenu sur le site http://www.stoppub.fr (pour un coût de 3€). Sur ce même site, un onglet permet d’accéder à un formulaire de signalement en cas de non-respect.

stop pub 2

source : pays-ancenis.com

L’antenne Zéro Waste France de Strasbourg avait apparemment minutieusement préparé son action. D’abord en créant la page Facebook « BalanceTaPubStrasbourg » qui invite les ménages de la région strasbourgeoise à dénoncer les non-respects, preuves à l’appui. Puis en faisant procéder à des constats d’huissier.

balancetapubstrasbourg

source : page Facebook #balancetapubstrasbourg

Forte de ces éléments, l’Association Zéro Waste saisit le TGI de Strasbourg contre une franchise d’Intermarché et de Pizza Hut. Mais cette action n’est pas sans soulever quelques questions de droit.

Comme toute action en justice, celle de Zéro Waste nécessite un intérêt à agir. Cet intérêt se confond avec sa mission : la lutte contre les déchets. Elle s’appuie sur l’article R633-6 du Code Pénal qui sanctionne le fait de jeter ou d’abandonner des ordures, déchets, déjections, matériaux, liquides insalubres ou tout autre objet de quelque nature qu’il soit, si ces faits ne sont pas accomplis par la personne ayant la jouissance du lieu ou avec son autorisation. Ce texte est-il réellement applicable en l’espèce?

L’article R633-6 du Code Pénal n’avait pas vocation à lutter contre la publicité non adressée que nous trouvons dans nos boites aux lettres. Il est rattaché à une Section 3 du Code Pénal intitulée « De l’abandon d’ordures, déchets, matériaux et autres objets ». Le dit article vise clairement à lutter contre les dépôts sauvages d’ordures, déchets et encombrants de tous genres et non contre la publicité distribuée en boites aux lettres. Il appartiendra aux juges de trancher entre le fond et l’esprit du texte.

En outre, pour appliquer cet article, il faut assimiler  le prospectus ou catalogue distribué à un déchet. Peut-être un peu rapide, car cette distribution est (aussi) une activité économique à part entière, qui accompagne la consommation. C’est d’ailleurs une activité assimilée à un média par les professionnels de la communication, le fameux home-média.

Il convient également de rappeler que la publicité par prospectus et catalogues est taxée au titre de la protection de l’environnement. C’est la taxe Eco-Folio dont les recettes sont réinvesties en actions en faveur de l’environnement, et notamment en action de sensibilisation. Dans ces conditions, peut-on considérer la publicité non adressée comme un déchet, la réglementation fiscale en faisant une activité économique taxée. Là encore, les juges trancheront…

Nous suivrons avec intérêt la suite donnée à cette action en justice. En cas de succès, les marques poursuivies encourent une amende contraventionnelle de 3ème catégorie, soit 450€. Mais attention, en droit pénal, l’amende pourra être prononcée pour chaque infraction constatée. La responsabilité des prestataires distributeurs pourra être mise en cause sur la base d’une faute, mais les annonceurs resteront les premiers incriminés.

Affichage sauvage, et si on disait stop?

Les campagnes d’affichage sauvage se multiplient et deviennent de plus en plus envahissantes dans les centres villes. Et les pratiques sont de plus en plus agressives. Quelques exemples pour nourrir notre réflexion… et notre envie de dire stop!

L’affichage urbain est une activité très réglementée dont l’encadrement a été accentué par le Grenelle 2. L’objectif de la réglementation est de trouver un équilibre entre deux intérêts contradictoires : soutenir l’activité économique et sauvegarder le cadre de vie. On entend régulièrement des voix s’élever contre l’omniprésence de la publicité en ville, mais rares sont celles qui s’élèvent contre l’affichage sauvage.

L’affichage sauvage a toujours existé. Mais depuis quelques temps, il semble ne plus connaitre de limites. En voici quelques exemples. A certains carrefours, les panneaux directionnels ou les feux tricolores servent malgré eux de supports publicitaires (ce que le Code de la Route prohibe expressément…).

affichage sauvage

On n’hésite plus à utiliser les arbres comme supports (ce que le Code de l’Environnement interdit bien-sûr).

arbre

Certes, très souvent, ce sont de « petits » annonceurs qui recourent à l’affichage sauvage, sans doute par manque de moyens. Mais malheureusement il semble que les grandes marques se laissent tenter. On se souvient tous de l’opération conduite par Kiabi en 2015 dans 11 villes de France. Très récemment, nous avons été nombreux à regretter  cette campagne de la marque Innocent  en juillet dernier :

INNOCENT

campagne innocent, début juillet 18

Rien ne semble arrêter l’escalade. Vendredi 24 août le quartier de Gorge de Loup dans le 9ème arrondissement de Lyon a eu droit à une campagne virulente de collage d’affiches … sur les trottoirs ! Voici l’affiche devant l’entrée du Campus René Cassin :

ALTERNATIBA

Devant le campus René Cassin, le 24 août 2018 à 9 heures 

Surprenante, cette campagne est au profit du Tour Alternatiba. Et Alternatiba se définit comme « un mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale » ! Plus étonnant, l’un des partenaires dont le logo figure sur l’affiche est l’Association … « Les Amis de la Terre » qui se définit lui-même comme « une association de protection de l’homme et de l’environnement »! ça ne s’invente pas… Voilà une campagne sauvage qui va à l’encontre des intérêts de l’annonceur et le décrédibilise. Mais qui surtout porte atteinte au cadre de vie du citoyen.

Et l’on peut aussi s’interroger sur la récurrence de certaines de ces campagnes sauvages. A Lyon, un épaviste exploite depuis de très nombreux mois les feux tricolores et la signalétique urbaine, apparemment en toute impunité…

 

Pourquoi de la #pub sur France 3 après 20H ?

C’est en 2009 que la publicité commerciale sur France Télévisions a été interdite, de 20H à 6H. Et pourtant  vous êtes forcément tombé.e sur les écrans publicitaires de cette chaine entre 20H et 20H30. Explications.

france 3

La loi de 2009 a interdit la publicité commerciale sur les chaines publiques après 20 heures. Cette loi comporte 2 exceptions : le parrainage qui reste autorisé ainsi que les publicités non commerciales d’intérêt général, comme les spots pour le 119 par exemple …

Une opportunité de la loi …

Mais dès 2014 France 3 s’engouffre dans une brèche. En effet, le texte de loi précise que la publicité commerciale est interdite,  mais à l’exception des programmes régionaux et locaux. Restait donc à France 3 à imaginer des programmes régionaux (cela tombe bien, c’est dans la nature de cette chaine !) et de s’autoriser à diffuser des publicités commerciales en amont et en aval du programme régional. En 2014, la chaine a débuté avec 1 minute de publicité… On est aujourd’hui à environ 6 minutes…. Les publicités diffusées peuvent être pour des annonceurs nationaux, sans pouvoir être diffusées en national, mais seulement en régional. Les téléspectateurs français ne voient donc pas tous la même publicité.

… Bien maitrisée par France 3

France 3 a inauguré sa nouvelle grille de soirée ce lundi 27 août. Si vous étiez devant votre petit écran entre 20H et 20H20, voici ce que vous avez vu :

écran pub france 3

source : francetelevisions

20H09 à 20H12 – 1er Écran publicitaire avec 9 spots de marques

20H12 à 20H14 – Météo régionale, l’émission alibi qui va rendre possibles les publicités commerciales après 20 heures

20H14 à 20H17 –  2ème Écran publicitaire avec, à nouveau, 9 spots de marques

C’est donc un total de 18 spots de marques et 6 minutes de publicités que vous avez été invité.e à suivre… Voici comment la publicité commerciale n’a pas totalement disparue sur France 3 après 20H, notamment aux heures de grande écoute!

 

Inaction climatique : action en justice inédite

C’est une première en Europe : 10 familles ont intenté une action en justice contre les instances européennes pour leur inaction dans la lutte contre le dérèglement climatique.

CJUE lemonde.fr

Le 13 mai dernier, 10 familles issues de 8 pays (dont deux non européens) ont introduit une action devant la justice européenne. Elles reprochent aux instances européennes, le Parlement et le Conseil Européen, leur inaction climatique. Ou plus précisément de ne pas prendre les moyens suffisants pour atteindre les objectifs posés par les accords de Paris de 2016. Ces familles estiment que l’objectif de baisser en 2030 de 40% les émissions de gaz à effet de serre est désormais insuffisant pour lutter contre l’accélération du réchauffement climatique. Selon les demanderesses, l’objectif devrait être plutôt fixés à 55%. Elles estiment aussi que les moyens mis en place sont insuffisants et constituent donc une menace pour leurs activités.

Les 10 familles concernées évoquent bien-sûr un intérêt à agir, intérêt sans lequel leur action ne serait pas recevable. Parmi elle, une famille française qui cultive depuis plusieurs générations la lavande dans la Drôme, et qui évoque une baisse de 44% de ses revenus en 6 ans.

lavande - les echos

source : lesEchos

Ou encore, cette famille allemande qui tient un bar-restaurant sur une île de la Mer du Nord et dont l’exploitation est menacée par la montée des eaux. Et cette famille italienne dont l’hôtel est lui menacé par la fonte des glaces…

Devant ces arguments, la Cour a, le 13 août, déclaré leur action recevable. C’est une première en Europe, même si déjà certaines actions de ce type ont été intentées, notamment aux États-Unis, par exemple pour soutien aux filières des énergies fossiles…

L’intérêt de cette action est d’obliger le Parlement et le Conseil Européens à venir défendre leur politique climatique devant les juges. Des particuliers obligeant les instances européennes à justifier leur politique, l’exercice est loin d’être anodin.

Mais, on peut aussi imaginer, notamment si la Cour donne raisons aux familles demanderesses, que des actions en responsabilité contre des Etats se multiplient, instaurant ainsi un principe de responsabilité collective des pouvoirs publics de mise en danger de la vie, de la santé, de l’activité et du droit de propriété des citoyens. Dans les 3 exemples cités, l’activité et le droit de propriété ne sont-ils pas directement impactés par les effets du dérèglement climatique?

Peut-être vous interrogez-vous sur les raisons qui nous font, dans ces lignes, nous intéresser à cette action? Si celle-ci devait aboutir, il est fort à parier que les Etats risqueraient de renforcer les réglementations. Quelle activité économique, quelle marque, pourrait-elle y échapper?  Et une action d’autant plus intéressante que pour l’heure, aucune demande de dédommagements n’a été formulée.

Va-t-on, face aux enjeux du réchauffement, vers un droit pénal climatique?

Le principe de la protection des données personnelles dans la Constitution ?

Pour son 60 ème anniversaire, la Constitution de la V ème République s’apprête à reconnaître la protection des données personnelles en tant que droit constitutionnel. Quelle portée doit-on en espérer?

assemblée nationale

C’est dans la nuit du 18 au 19 juillet que l’Assemblée Nationale a adopté le principe que la protection des données personnelles devait être reconnu en tant que droit constitutionnel. Cette mesure est inscrite dans la loi fondamentale qui porte réforme de la Constitution.

C’est sans aucun doute une des conséquences de l’entrée en vigueur, il y aura bientôt 2 mois, du RGPD. Pourtant l’idée n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été proposée par Isabelle Falque Pierrotin en … 2012! Et en Europe une quinzaine d’Etats ont déjà franchi ce pas. Ce principe est également inscrit dans la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne. Une mesure importante donc, mais pas révolutionnaire.

Constitution 1958

Source : cultura.com

Que faut-il en attendre? Il convient de rappeler que la Constitution énumère les droits fondamentaux reconnus au citoyen et que cette protection est sous le contrôle de la plus haute instance juridictionnelle, le Conseil Constitutionnel. La mesure est donc empreinte d’une certaine solennité. Mais on le sait, la protection des droits fondamentaux se vit d’abord au quotidien dans l’action des différents acteurs concernés en même temps que dans les décisions des juridictions judiciaires et administratives. Il ne faudra sans doute pas en attendre une révolution, mais cette reconnaissance constitutionnelle a le mérite d’attirer davantage encore l’attention sur les enjeux liés aux données personnelles.

Avec la promulgation le 20 juin dernier de la Loi sur la protection des données, et la reconnaissance du principe d’extraterritorialité, c’est tout l’arsenal législatif qui se renforce pour une meilleure protection de la vie privée.

#Act4nature : 65 entreprises s’engagent pour la biodiversité

Une semaine après la présentation par Nicolas Hulot du plan biodiversité, le 10 juillet, 20 partenaires et 65 entreprises se sont engagés en faveur de la biodiversité. Mais que prévoit ce programme baptisé #Act4nature? Quels sont les enjeux?

act4nature 2

Les symptômes d’atteinte à la biodiversité se multiplient. Ces derniers jours on a beaucoup parlé des abeilles qui pourraient disparaitre, avec parfois des pertes atteignant déjà 50% pour certains apiculteurs. Il est temps de réagir et c’est sans doute ce que se sont dit les 65 entreprises signataires.

Un programme porté par 20 partenaires…

Le programme #Act4nature est soutenu par une vingtaine de partenaires. Des réseaux d’entreprises (Entreprises pour l’Environnement, Association Française des Entreprises Privées, le Medef…), des organismes publics (Agence Française pour la biodiversité), des ONG (GoodPlanet, France Nature Environnement) et des organismes scientifiques (Museum).

act4nature

Un programme de 10 engagements.

Les entreprises signataires s’engagent à respecter 10 engagements, et notamment :

– Intégrer la biodiversité dans la stratégie de l’entreprise

– Dialoguer avec l’ensemble des parties prenantes

– Évaluer les composantes de la biodiversité qui concernent l’entreprise par des indicateurs de risques et de progrès

– Éviter, réduire et compenser les impacts

– Développer en priorité des solutions basées sur la nature

– Sensibiliser et former les collaborateurs à la biodiversité

– Rendre compte publiquement.

… Et des engagements spécifiques à chaque membre

Chaque membre signataire peut également prendre des engagements spécifiques au-delà des engagements socles. Par exemple, Axa a choisi de renforcer la recherche académique. Bayer s’engage pour une agriculture raisonnée et biologique. BNP Paribas entend éliminer de son portefeuille la déforestation d’ici à 2020. Quant à Carrefour, la marque veut s’assurer qu’en 2020, 1 poisson sur 2 vendu dans ses poissonneries sera issu de la pêche responsable.

Bien-sûr, les commentaires sceptiques n’ont pas manqués… Mais s’ils étaient respectés, ces engagements seraient significatifs et conduiront les entreprises signataires à modifier bien des process et à faire évoluer leurs produits. Il y a donc derrière cette signature solennelle une traduction budgétaire indispensable, sous peine que cette démarche ne reste qu’une démarche marketing comme le craignent certains observateurs. Mais nous voulons croire que l’intention des signataires est réellement la sauvegarde des espèces menacées et que les entreprises sauront réaliser les investissements nécessaires à cet enjeu. A plusieurs c’est sans doute possible? D’autant que d’autres entreprises envisagent de rejoindre le programme, telles que le Crédit Agricole, Maison du Monde, Casino ou encore L’Occitane.