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Bien-être animal : Casino joue la transparence

On se souvient de l’émotion provoquée par certains reportages dans les élevages ou les abattoirs, notamment ceux de l’Association L124. Le Groupe Casino, conscient que le consommateur attend plus de transparence, a lancé dernièrement le premier label sur le bien-être animal. Une initiative qui mérite d’être saluée, même si elle reste encore limitée aux seules volailles.

Des études le montrent, le bien-être animal est en passe de devenir un facteur marketing non négligeable pour tout consommateur de viande. Et en conséquence un élément à prendre en compte pour tout producteur et/ou revendeur à une époque où la consommation de viande est en recul.

Le Groupe Casino l’a bien compris et propose depuis près de 3 mois un label qui pourrait bien servir d’exemple. La marque a pris soin de se faire accompagner de 3 ONG qui militent pour le bien-être animal, évitant ainsi la critique du « label maison ». L’initiative semble en effet avoir été préparée depuis de longs mois en partenariat avec la Compassion In World Farming France (CIWF), l’Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA) et La Fondation Droit Animal, éthique et sciences (LFDA) présidée par Louis Schweitzer, ex n° 1 de Renault. Un choix pertinent qui ouvre la porte à une extension du label à d’autres marques que Terre et Saveurs, la marque distributeur de Casino. C’est ainsi qu’ont déjà rejoint le mouvement, l’Association des Volailles Fermières du Gers, les Fermiers de Loué et les Fermiers du Sud-Ouest. Une démarche qui a donné naissance à la création de l’Association Etiquette Bien-Etre Animal.

Source : casino.fr

Le label retenu propose 4 niveaux d’évaluation, de A à D. Le niveau D constitue le niveau standard, conforme aux normes européennes. Les niveaux A (supérieur), B (bien) et C (assez bien) en représentent donc une amélioration. La délivrance du niveau repose sur 230 critères couvrant l’ensemble du cycle de production : conditions d’élevage, conditions de transport, conditions d’abattage. Un audit est prévu chaque année. Des caméras dans les abattoirs sont obligatoires. Pour découvrir l’ensemble de la démarche : http://www.etiquettebienetreanimal.fr/

Casino a fait le choix de s’engouffrer dans un vide juridique : pas de label européen et la loi Agriculture et Alimentation a déclaré forfait sur ce sujet. Souhaitons que cette initiative puisse être reprise au plan national, voire européen, et qu’elle puisse être étendue aux viandes de bœuf et de porc.

Source visuel : LFDA.fr

Zoom sur la future taxe GAFA

Faute d’avoir pu convaincre tous ses partenaires européens, le gouvernement français décide de faire cavalier seul. La taxe GAFA, dont on parle maintenant depuis deux ans, devrait devenir réalité si le Parlement adopte le projet de loi qui sera proposé au printemps. Quels seront les contours et les risques de cette nouvelle taxation?

Malgré tous les efforts déployés par la France, l’Europe n’a pas trouvé de consensus sur la taxe GAFA. Quatre pays y restent opposés (Danemark, Finlande, Irlande, Suède). Or en matière de fiscalité, les règles européennes exigent l’unanimité. Faute d’une taxe européenne, la France s’apprête à mettre en place sa propre taxation. Voici quels pourraient en être les contours.

Le Ministre de l’Economie monte au créneau pour défendre la taxe GAFA source visuel : courrierinternational.com

Les objectifs

Les objectifs de cette taxe sont pluriels. D’abord rétablir une plus grande équité fiscale alors que l’on sait que les GAFA et autres géants du net, pratiquent l’optimisation fiscale. Selon le gouvernement, ces entreprises du numérique paieraient 14 points fiscaux de moins que les autres entreprises. Mais l’enjeu est aussi pour la France d’adapter notre fiscalité à l’économie numérique. Cette taxe ne fait que consacrer le rôle déterminant de la data dans notre nouvelle donne économique.

Les activités visées

La taxe GAFA viserait 3 activités :

  • la E-publicité ciblée
  • la vente de données à des fins publicitaires
  • les activités des plateformes d’intermédiation qui mettent en relation les internautes ou les entreprises et leurs clients (Amazon, Le Bon Coin…). Les sites de E-commerce vendant leurs propres produits ne seraient pas assujettis.

Les entreprises concernées

Seront concernées les entreprises, françaises ou étrangères, réunissant 2 conditions :

  • Réaliser un chiffre d’affaires sur le numérique de 750 millions d’€ à l’international
  • Réaliser un chiffre d’affaires sur le numérique de 25 millions d’€ sur le territoire français.

Selon les premières estimations, une trentaine de grands groupes devra s’acquitter de la taxe. Outre les GAFA, on pense à Airbnb, Uber, Booking, So Local, Le Bon Coin, Blablacar, Ebay, Criteo, CDiscount, Meetic, Chauffeur Privé …

Le montant de la taxe

On joue ici la simplicité. Le taux sera le même pour tous : 3% sur le chiffre d’affaires réalisé en France. Cette taxe sera déductible de l’impôt sur les sociétés.

Les principaux reproches

Une nouvelle taxe fait rarement l’unanimité. Ce projet essuie plusieurs reproches. Certains estiment qu’il rapportera peu face aux risques qu’il représente. Selon les estimations de Bercy, la taxe rapporterait à la France environ 400 millions en 2019 pour atteindre progressivement 650 millions en 2022. Certains craignent un effet pervers sur le développement économique, le risque que certaines plateformes fassent le choix de freiner leur développement en France pour limiter leur imposition. On peut aussi craindre que les chiffres d’affaires déclarés soient minorés (mais n’est-ce pas déjà le cas?). Il est vrai que taxer par principe un chiffre d’affaires n’envoie pas forcément un bon signal économique. D’autres craignent que le coût de cette taxe ne soit au final répercuté sur les consommateurs.

En faisant cavalier seul , la France accepte de prendre certains risques. Mais d’autres pays ont déjà établi une telle taxe, et parfois de grands marchés telles que l’Australie et l’Inde. Il est indéniable qu’une taxe internationale lèverait la plupart des freins. Alors, où est la solution? L’OCDE? Le G7 ? A suivre …

Internet : un projet de loi contre les propos haineux

Les propos violents ou haineux se multiplient sur internet, obligeant les pouvoirs publics à réagir. Le Président Macron annonce un projet de loi pour le printemps. Quelle pourrait en être la teneur?

La loi française n’est pas démunie face à cette vague haineuse qui déferle. Dès 2004, la loi LCEN avait posé des limites à la liberté d’expression sur le net, interdisant notamment l’atteinte à la dignité humaine. Le droit prévoit même une obligation de dénonciation en cas d’apologie du crime, d’incitation à la violence ou à la haine raciale. En 2016, la loi numérique renforce le dispositif en faisant du revenge porn un délit pénal. Le code pénal prévoit aussi des dispositions précises de lutte contre le cyberharcèlement avec des peines pouvant atteindre 30 000€ d’amende et 2 ans de prison. Mais de toute évidence, ces textes demandent à être renforcés. Les procédures mises en place se révèlent trop lentes, et surtout, les sanctions encourues pas suffisamment dissuasives, notamment pour inciter les plateformes à prendre le problème à bras le corps.

C’est dans ce contexte que le Gouvernement avait confié à 3 personnalités le soin de rédiger un rapport sous l’égide de la députée parisienne Laetitia Avia. Rapport qui a été remis le 20 septembre dernier. Selon les déclarations présidentielles, le futur projet de loi s’en inspirerait fortement. Alors, quelles sont les grandes lignes de ce rapport qui prévoit une vingtaine de propositions?

Responsabiliser les plateformes

Les plateformes sont aujourd’hui sous le statut d’hébergeur et leur mise en cause est possible mais nécessite de prouver qu’elles ont eu connaissance des faits et qu’elles n’ont pas agi dans un « délai raisonnable » dit la loi française. On remarquera au passage le flou du terme. Le rapport suggère de créer pour ces plateformes un nouveau statut, celui d' »accélérateurs de contenus ». Ce nouveau statut impliquerait plusieurs obligations :

  • retirer dans l’heure les posts faisant l’apologie du terrorisme et dans les 24 heures tout autre post haineux (c’est déjà le délai retenu par l’Allemagne et plusieurs fois évoqué par les instances européennes)
  • conserver les contenus litigieux 10 semaines à titre de preuves
  • rédiger un bilan annuel des actions menées pour lutter contre ce fléau
  • exécuter dans les 24 heures les réquisitions du juge ou de la police en cas de risque d’atteinte à l’intégrité physique et dans le mois dans les autres cas
  • identifier dans les meilleurs délais les auteurs des faits. Comprendre, la levée de l’anonymat, même si ce dernier n’est jamais total sur internet
  • enfin, les grandes plateformes devraient désigner un représentant sur le territoire européen

En cas de non respect de ces obligations, la plateforme pourrait être requalifiée en « éditeur », devenant de ce fait acteur. Elle risquerait une amende pouvant atteindre 37,5 millions d’€, soit 100 fois l’amende actuelle!

Sanctionner plus sévèrement les auteurs

L’arsenal pénal est sans doute trop compréhensif en la matière. Aussi, le rapport suggère-t-il de renforcer les sanctions. Celles-ci pourraient être prises par ordonnances pénales, évitant ainsi à la fois l’audience et la procédure contradictoire. Dans les cas extrêmes, la sanction pourrait être publiée en ligne. Enfin, les sites fautifs pourraient se voir interdits d’accès en France. Le rapport va jusqu’à proposer la création de chambres pénales spéciales. L’auteur pourrait se voir condamner à des travaux d’intérêt général ou à un stage de sensibilisation.

Sensibiliser et accompagner

La lutte contre les propos haineux et la cyberviolence passe en effet sûrement par la prévention et l’éducation. Le rapport suggère notamment de diffuser des campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux. Des heures d’enseignement seraient obligatoires du CP à la 3 ème et le personnel enseignant serait formé. Suggestion intéressante : désigner des élèves-référents (comme il existe déjà les professeurs-référents).

La rapport propose la mise en place d’une procédure de signalement uniforme à toutes les plateformes, avec un logo clairement identifiable. Et l’obligation pour les plateformes de tenir informée la personne qui aura fait un signalement. Les plaintes pourraient être déposées directement en ligne.

Autre suggestion : imposer aux plateformes de mettre à disposition un kit d’information destiné aux victimes et comprenant le rappel de la loi, un lien vers le logo de signalement, et la liste des associations auxquelles une victime peut s’adresser.

Dialoguer

Plusieurs dispositifs de dialogue sont envisagés. Comme la création d’une autorité de régulation rattachée directement au 1er Ministre. Suggérée également la mise en place d’un Observatoire de la cyber haine qui aurait pour mission de gérer les outils statistiques.

Enfin non des moindres, la proposition d’asphyxier les sites haineux ou illicites en les privant de publicité, avec création d’une charte des annonceurs et pourquoi pas une labellisation.

On le voit, un rapport dense en propositions. Un spectre d’action large : sanctionner plus sévèrement les plateformes inactives et les auteurs, simplifier et rendre plus accessibles les poursuites, sensibiliser le grand public et accompagner les victimes. La prochaine loi tirera les conséquences d’une évidence : depuis 2004, le média internet a bien changé, rendant indispensable un renforcement des règles. Même si, la loi actuelle bien appliquée aurait peut-être évité de laisser croire à une minorité, qu’internet pouvait être une zone de non-droit.

Droit d’auteur européen : les contours de la réforme

Le principe d’une réforme du droit d’auteur a été acté par le Parlement européen, mais les États membres ont bien du mal à trouver un consensus. Les articles 11 et 13 font particulièrement débat. Pourtant, un pas en avant semble avoir été franchi. Revue de détail.

C’est dans un tweet qu’Andrus Ansip, vice-président qui porte cette réforme, annonce qu’un accord a été trouvé sur la réforme du droit d’auteur. Que contient cet accord? L’enjeu est de taille car, selon la Commission européenne, environ 7 000 plateformes seraient concernées en Europe. Reprenons chacun des ces deux articles, sur lesquels les 28 États membres ont bien du mal à trouver un consensus.

L’article 11

Rappelons que cet article crée un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Selon ce droit, les plateformes reprenant des articles de presse auraient l’obligation de solliciter l’accord, mais aussi de rémunérer les éditeurs. L’accord conclu apporte quelques précisions :

  • les articles bénéficieraient de ce droit pour une durée de 2 ans
  • plusieurs exclusions sont prévues : les simples partages entre internautes par hyperliens, la description des articles par des « mots isolés » ainsi que les « très courts extraits ». Des notions qu’il va falloir affiner.

L’article 13

Cet article met à la charge des plateformes une obligation de contrôle.Faire en sorte que les droits des auteurs d’œuvres ne soient pas bafoués. Les plateformes vont donc devoir mettre en place des actions préventives (en négociant des licences notamment), mais surtout des actions de contrôle. Notamment faire le nécessaire pour empêcher la mise en ligne d’une copie non autorisée. En allant jusqu’à l’obligation d’installer des filtres pour bloquer le téléchargement d’une œuvre protégée.

Cet article 13 fait débat car beaucoup craignent que des plateformes n’aient pas les moyens d’opérer ce contrôle alors même que le projet de loi les rend responsable en cas « d’efforts insuffisants ». C’est peut-être à cette objection que l’accord s’est efforcé d’apporter des éléments rassurants. En effet, les plateformes réunissant 3 conditions seraient exclues du champ d’application :

  • avoir moins de 3 ans d’existence
  • réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’€
  • réunir une audience inférieure à 5 millions de VUS/mensuels.

Sous certaines conditions, la publicité en ligne, le marché BtoB et les services de paiement pourraient également être exclus du dispositif.

Le texte définitif du projet de réforme est prêt nous dit Andrus Ansip. Dont acte. Il va devoir être adopté par le Parlement et le Conseil européens. Sans doute pas avant avril ou mai. Et cette réforme peut être bloquée par une opposition de plusieurs États représentant plus de 35% de la population. A suivre donc…

A lire également :

Droit d’auteur : le Sénat adopte le droit voisin – 28 janvier 19

Cet article 13 qui fait trembler YouTube – 4 décembre 18

L’Europe vote la réforme du droit d’auteur – 16 septembre 18

Lutter contre la cyberviolence et le cyberharcèlement

L’enquête #MoiJeune, commandée par 20 Minutes et conduite par Opinion Way montre que les 18-30 ans sont majoritairement victimes de cyberviolence. Quelles sont les principales révélations de cette étude? Comment se protéger? Comment réagir? 

Source : 20minutes-media.c om

Une majorité de jeunes concernée

Selon l’étude Opinion Way, 63% des 20/24 ans interrogés auraient un jour subi sur la toile une agression verbale. Sur l’ensemble de la génération des 18/30 ans, plus d’un jeune sur 2 (53%) se dit concerné. Cela touche les deux sexes, et même majoritairement les hommes (54% contre 51% pour les femmes). Dans 37% des cas, la victime connaissait l’auteur des faits. 35% des jeunes sondés avouent même avoir un jour été l’auteur de cyberviolence. Et quand la cyberviolence se répète dans la durée, elle devient du cyberharcèlement,tombant alors sous le coup de lourdes sanctions.

Insultes, moqueries… mais pas que !

Toujours selon l’étude #MoiJeune, les deux principales formes de cyberviolence sont l’insulte (29%) et la moquerie (27%). Les photos compromettantes représentent 21% des cas. Puis viennent la diffamation (13%), le harcèlement (11%), l’usurpation d’identité (9%) et le revenge porn (2%).

Des victimes souvent silencieuses…

C’est peut-être le danger principal de la cyberviolence : la victime n’ose souvent pas se confier. 38% des victimes n’ont jamais avoué ce qu’elles subissaient. Et ce sont majoritairement des hommes : 29% le signalent à leur entourage contre 46% des femmes. Quant à porter plainte… seulement 4% des victimes s’y résolvent. Un jeune sur 4 ignore même que la cyberharcèlement est un délit pénal.

… Et résignées

85% des victimes disent ne pas avoir modifié leur façon d’utiliser les réseaux sociaux. Seuls 11% ont fermé leur compte après avoir été victime de cyberviolence. Retrouvez l’intégralité de l’étude sur le site http://www.moijeune.fr

Un délit pénal

Voici comment le Code Pénal définit le harcèlement (article L 222-33-2-2) : « Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale ».

Quand le harcèlement est fait avec utilisation d’un service de communication en ligne, (réseau social, boite mail, SMS, chat, messagerie…) la peine encourue est de 2 ans de prison et 30 000€ d’amendes. Ces peines sont portées à 3 ans et 45 000€ lorsque la victime est vulnérable ou âgée de moins de 15 ans ou lorsque le harcèlement a entraîné une ITT de plus de 8 jours. Certains faits ont leurs propres sanctions : 1 an et 15 000€ pour l’usurpation d’identité, 2 ans et 60 000€ pour le revenge porn.

La loi du 3 août 2018 a crée le délit de cyberharcèlement en meute qui s’applique lorsqu’il est le fait de plusieurs co-auteurs. Une loi qui pourrait être dissuasive puisque les sanctions peuvent être prononcées sans tenir compte de la part prise par chacun.

Rappelons que les faits de cyberharcèlement bénéficient actuellement d’une prescription de 6 ans, prescription dont le prolongement à 10 ans est à l’étude.

Le gouvernement veut aller plus loin dans la lutte contre la cyberviolence et le cyberharcèlement et promet le vote d’une loi pour le printemps. Notamment renforcer les campagnes de sensibilisation et d’éducation. Mais surtout mettre plus facilement en jeu la responsabilité des plateformes. Ce projet sonne-t-il le glas du statut d’hébergeur, un statut qui date de 2004?

Source : compte Twitter Education Nationale

Rappelons que de nombreux sites d’information existent pour les parents ou les enseignants. Le site http://www.e-enfance.org donne de nombreux outils lorsque la victime est jeune. Signalons aussi l’existence du N° Vert « Non au harcèlement » : 3020 et le numéro d’écoute pour ceux qui ne saurait pas vers qui se tourner : Net écoute : 0800 200 000.

Source : nordnet.com

A signaler également l’existence de l’application Bodyguard créée il y a un an par un jeune Français, Charles Cohen. Elle détecte automatiquement les propos violents et est capable de les modérer, voire si nécessaire de les supprimer. Appli intelligente, elle tient compte du contexte du message (positif ou négatif) et du destinataire, notamment de son genre. Fonctionne actuellement sur Twitter et YouTube.

De son côté, l’Association Respect Zone révèle qu’entre 2017 et 2018, les cas ont augmenté de 66% et que désormais ces propos représentent 9,5% de l’ensemble des commentaires sur les réseaux sociaux. Elle propose que les internautes adhèrent à la charte Respect Zone qui comporte 4 engagements :

  • Je respecte l’autre
  • Je modère les contenus
  • Je modère mes espaces numériques
  • J’affiche le label Respect Zone :



Les dates de péremption source de gaspillage alimentaire

Vous connaissez sans doute l’application Too Good To Go qui permet de lutter contre le gaspillage alimentaire. Forte de ses bientôt 3 années de succès, elle publie un Livre Blanc « Les dates de péremption, une idée dépassée?« . Un Livre Blanc qui fourmille de recommandations. A découvrir absolument.

Depuis son lancement, Too Good To Go a été téléchargée par 3,5 millions d’utilisateurs et a permis de sauver 10 millions de repas en Europe. Forte de cette crédibilité, la marque franchit un nouveau cap avec la publication d’un Livre Blanc en partenariat avec France Nature Environnement, « Les dates de péremption, une idée dépassée« . L’objectif est de proposer une révision de la réglementation des dates de péremption pour en faire un indicateur fiable et réduire le gaspillage alimentaire.

L’idée selon laquelle les dates de péremption sont sources de gaspillage n’est pas nouvelle. La Commission Européenne l’a estimée à environ 10% du gaspillage en Europe. Pour la compréhension de l’enjeu, il faut rappeler qu’il existe deux types de dates de péremption :

  • La date limite de consommation : « produit à consommer jusqu’au… » Sont concernés les produits hautement périssables
source : lanutrition.com
  • La DDM ou date de durabilité minimale : « produit à consommer de préférence avant... » Passé cette date, le produit a pu perdre certaines de ses qualités gustatives, voire nutritives, mais reste consommable. Ce qui est souvent méconnu de la majorité des consommateurs.
source : clcv-ille-et-vilaine.overblog.com

A noter que certains produits ne sont pas assujettis aux dates de péremption : les fruits et légumes frais, l’alcool, la boulangerie et la pâtisserie, le vinaigre, le sel, le sucre, la confiserie pour ne citer que les principaux.

Le Livre Blanc explique que les dates de péremption sont fixées par les industriels eux-même, car il n’y a ni normes ni harmonisation. Et les industriels conscients de leur responsabilité et de leur image jouent le principe de précaution…

Alors, quelles sont les recommandations formulées par ce Livre Blanc? Impossible de toutes les citer, mais nous avons retenu :

  • Harmoniser les dates par interprofession et par produits phares.
  • Supprimer les DDM pour les produits non soumis aux dates de péremption
  • Améliorer les packagings pour prolonger la durée de vie des produits
  • Optimiser la relation entre fabricants et distributeurs
  • Rendre les dates plus lisibles, plus visibles et plus compréhensibles
  • Favoriser l’éducation et la sensibilisation par des actions des pouvoirs publics, des distributeurs et des écoles.

Un chantier immense, à la hauteur des enjeux : mieux faire comprendre au consommateur le rôle des dates de péremption et lutter contre … la force de l’habitude en gagnant sa confiance ! Saluons la contribution de ce Livre Blanc à ce projet ambitieux.

Nous avons eu le plaisir d’interroger Stéphanie Moy chargée des relations presse de Too Good To Go et nous la remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Q1- Stéphanie, pouvez-vous nous présenter l’application Too Good To Go et ses résultats ?

L’application a été lancée il y a presque 3 ans. Elle permet de mettre en relation des consommateurs avec les commerces de proximité disposant d’invendus. Ces invendus sont transformés en « paniers surprise » et vendus pour 1/3 de leur prix normal, paniers que les bénéficiaires viennent récupérer en fin de journée. Cela permet au commerçant de réduire le gaspillage alimentaire, de valoriser ses invendus et de toucher une autre clientèle. Les résultats sont très encourageants : l’application a été téléchargée en Europe 3,5 millions de fois. En France ce sont 3 millions de repas sauvés et 6000 commerçants partenaires. En zone urbaine, on touche principalement les commerces de proximité, et en zone rurale les chaines de distribution.

Source : toogoodtogo.fr

Q2- En matière de gaspillage alimentaire, quels sont les 2 ou 3 chiffres qui vous frappent le plus ?

Des chiffres éloquents montrent en effet bien le fléau que représente le gaspillage alimentaire. Au niveau mondial, on estime qu’un tiers de la production est jetée. En France, le gaspillage alimentaire représente chaque année 10 millions de tonnes et 16 millions d’€. En moyenne sur une année, un foyer français jette ainsi 29 kilos de produits alimentaires.

Q3 – Votre Livre Blanc « Les dates de péremption, une idée dépassée » fourmille de recommandations. Quelles sont celles qui vous paraissent prioritaires dans le contexte actuel ?

Trois recommandations nous paraissent prioritaires. Il faut tout d’abord améliorer la lisibilité de la DDM. Ainsi on propose d’ajouter à la formule « A consommer de préférence avant… » « mais aussi après » ou une expression proche. Il est aussi important, comme nous l’expliquons dans notre Livre blanc, d’harmoniser les dates de péremption par interprofession afin qu’elles soient identiques pour un même produit. Enfin, il est nécessaire d’assouplir les règles entre les producteurs et les distributeurs.

Source : livre blanc

L’étude Reech lève le voile sur les influenceurs

La 3ème édition de l’étude Reech sur les influenceurs est d’une grande richesse. Elle permet de mieux appréhender ce marketing d’influence auquel aspirent bien des marques. Zoom et interview sur la façon dont les influenceurs informent leur audience.

Source : reech.com

Le marketing d’influence est en plein essor. Il fait rêver bien des marques, petites ou grandes. Dans le même temps, les influenceurs sont parfois sous le feu des critiques ou des interrogations : Ne trompent-ils pas leur audience en cachant le caractère commercial de leur engagement se demandent certains?

La relation entre un influenceur et une marque reste dominée par une règle d’une grande simplicité : toute publicité doit être identifiée comme telle. Donc, dès-lors qu’un influenceur est rémunéré par une marque pour mettre en avant des produits, cela doit être clairement dit. Et une rémunération en nature (voyage financé, don de produit…) n’échappe pas à cette règle.

La recommandation « Communication digitale » de l’Arpp ne dit pas autre chose :  » Pour l’identification de ces communications d’influenceurs réalisées en collaboration avec une marque (à moins que cette identification ne soit manifeste), il est recommandé d’adjoindre une indication explicite permettant de l’identifier comme telle, de manière à ce que ce caractère apparaisse instantanément » ou encore : « Cette identification peut se faire par tout moyen (dans le discours, dans le texte accompagnant le contenu, au moyen d’une mention dans la vidéo…) dès lors qu’elle est portée à la connaissance du public quel que soit son moyen d’accès au contenu« .

L‘étude Reech 2019 qui vient d’être publiée et qui a été réalisée sur plus de 1 300 influenceurs nous rassure. Les influenceurs jouent le jeu puisque 96% d’entre eux disent informer leur audience du partenariat à caractère commercial qui les lie à la marque.

Source : diaporama reech.com

Mais comment cette information est-elle faite? Certains optent pour un hashtag suivi du nom de la marque, d’autres pour des remerciements adressés à la marque ou encore par l’un de ces hashtags : #partenariat #produitoffert #remunere #collaboration #sponsorise #advertising (rappelons que #ad a, quant à lui, été jugé insuffisant par manque de clarté).

source : diaporama reech.com

L’étude Reech nous fournit également de précieuses informations sur ce qu’attendent et ce qu’apportent les marques dans la corbeille de ce partenariat. On y apprend que le placement de produit arrive largement en tête des pratiques (75%) devant le partage d’un code promo (30%). Quant à la rémunération, elle est dépeinte comme étant minoritaire par presque un influenceur sur deux (45%). Seuls 13,6% des influenceurs reconnaissent être majoritairement payés par les marques.

Une étude qui se veut rassurante : les influenceurs jouent la carte de la transparence vis à vis de leur audience. Et selon l’étude, cela serait vu de manière positive par leur audience dans 77% des cas. Le triptyque influenceur/marque/internaute semble donc avoir gagné en maturité.

Pour accéder à bien d’autres données, n’hésitez pas à consulter cette 3ème édition de l’étude Reech en vous rendant sur le site http://www.reech.com. Quant à nous, nous avons eu plaisir d’interviewer Céline Tessier, Head of Communication de Reech :

Q1- Céline, vous êtes Head of Communication de Reech et nous vous remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions. Par rapport aux éditions précédentes, quelles évolutions révèle la 3ème édition de l’étude Reech sur les influenceurs ?

« Notre sondage permet de mettre en lumière la forte évolution du marché de l’influence marketing et des attentes des marques. L’ensemble des acteurs sont en quête de professionnalisation et de meilleures pratiques pour réguler les nombreuses demandes. C’est pourquoi, cette année, nous avons voulu intégrer une nouvelle rubrique sur la transparence des partenariats. Un sujet, devenu incontournable et qui nous tient à cœur chez Reech, nous avons d’ailleurs adhéré à l’ARPP (l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité), afin de rendre les pratiques de l’influence marketing plus responsables ».

Q2- Les résultats de cette étude laissent-ils apparaitre des différences sensibles selon les medias ? (blogosphère, YouTube, Instagram…)

« De toutes les plateformes, on voit une concentration et appétence très forte pour Instagram en particulier, qui est la star de l’engagement, mais on observe aussi de près les nouveaux usages sur TikTok qui passe devant Snapchat, sur une autre cible ».

A lire également :

  • Instagram veut sévir contre les fake influenceurs – 30 novembre 18
  • Le marketing d’influence à la recherche de plus de clarté – 23 octobre 18
  • Marketing d’influence : 3 règles à respecter – 26 mars 18

Février Sans Supermarché ?

Les propositions de mois ou de jour « sans » se multiplient et ciblent les « consomm’acteurs » soucieux de consommer autrement. « Février Sans Supermarché » est né dans la région de Neuchâtel en Suisse romande. Découverte. 

Source visuel : site envertetcontretout

Alors que, selon l’Ademe, la majorité (65,5% en 2014) des courses alimentaires se fait encore en grandes surfaces généralistes, se passer de ces temples de la consommation peut paraitre un véritable défi. Mais c’est justement de défis lancés par des journalistes (ceux du Soir semblent très actifs) qu’est née l’idée d’un mois sans supermarché. De la Suisse romande, il semble recevoir un écho en France où une petite vingtaine de groupes Facebook se sont déjà constitués, notamment dans les régions du Jura, de Strasbourg, de Lyon, de Bourgogne pour ne citer qu’elles.

Février Sans Supermarché a été initié par En Vert et Contre Tout en 2017 et avait été suivi cette année-là par 800 adeptes. Mais la mobilisation progresse puisque, selon les statistiques, 20 000 personnes auraient participé en 2018.

En Vert et Contre Tout insiste pour que cette proposition ne soit pas présentée comme un boycott (« On a encore besoin des grandes surfaces ») mais comme un appel à consommer autrement. Et les pistes proposées sont nombreuses : acheter moins, favoriser le commerce local et les marchés ainsi que les achats de saison, soutenir les petits producteurs et les petits détaillants, acheter en vrac… Mais aussi lutter contre le suremballage, notamment alimentaire, des grandes surfaces.

Les rubriques du site dédié http://www.envertetcontretout.ch donneront des idées à ceux qui souhaitent relever le défi. Principales rubriques : Vidéos (promotion du covoiturage par exemple), DIY (faire sa lessive avec du lierre), Food (découvrir les laits végétaux), T’as vu ça? (une vidéo sur les pailles en plastique)…

Février Sans Supermarché vient s’ajouter aux déjà nombreux défis : Rien de Neuf lancé par ZeroWaste, le Lundi Vert ou le jour sans viande ni poisson, Janvier sans Alcool… Indiscutablement, un mobilisation pour une consommation plus responsable est en train de prendre corps…

5 février : Safer Internet Day

Ce mardi 5 février, c’est la journée mondiale Safer Internet Day. Une journée dédiée à l’éducation des jeunes au numérique. Une journée qui se prolonge tout le mois de février sous forme d’ateliers et d’événements. En France, c’est la journée « Internet sans crainte ». Tour d’horizon.

De la journée « Safer Internet Day » …

La journée Safer Internet Day est organisée dans un peu plus de 140 pays et relayée en Europe dans le cadre du réseau Insafe. Son objectif est de sensibiliser les jeunes – mais aussi les adultes – aux risques d’internet et de promouvoir des pratiques plus sûres.

… A la journée « Internet sans crainte ».

En France, Safer internet Day est devenu Internet sans crainte. Un programme national de sensibilisation des jeunes aux risques d’internet. Cette journée est par ailleurs organisée dans 31 pays européens. Son organisation est confiée à la Société Tralalere avec appui de l’Agence du Numérique et de l’Union Européenne. Cette journée compte également de nombreux partenaires. La baseline du site internet en dit long sur la dynamique insufflée : « Donnons aux jeunes la maitrise de leur vie numérique ».

Les cibles sont bien sûr les jeunes de 7 à 12 ans et les adolescents de 13 à 17 ans, mais aussi les enseignants et les médiateurs. Le site http://www.internetsanscrainte.fr offre de nombreux outils pédagogiques : Vinz et Lou pour les 7/12 ans et Exmachina et L’Isoloir pour les 13/17 ans. Des outils spécifiques pour lutter contre la cyberviolence sont également proposés. Une offre pertinente alors qu’une étude diligentée par TF1 révèle qu’en 2018, la cyberviolence a progressé de … 66% et que les commentaires violents sur les réseaux sociaux représentent presque 10% des commentaires !

serious game destiné aux 13/17 ans

Cette année, la thématique centrale de la Journée Internet sans crainte est « Les écrans, les autres et moi ». Une invitation à tous nous interroger sur nos modes de consommation des écrans et la relation que nous accordons à l’autre. Pas toujours facile à une époque où la moyenne du nombre d’écrans détenus par foyer est de 6,4…

Le site Internet sans crainte propose également un numéro vert d’écoute,NetEcoute au 0800 200 000 et un contact pour les signalements : http://www.PointDeContact.net

Facebook a fait le choix de cette journée pour remettre leur prix aux 12 premiers lauréats de son Fonds pour le civisme en ligne. Premier prix de 200 000€ décerné à l’Association Résonances qui a mis au point une application destinée à lutter contre les violences faites aux filles et aux femmes.

Droit d’auteur : le Sénat adopte le droit voisin

C’est par un vote à l’unanimité de 343 voix, que le Sénat a adopté ce mercredi 23 janvier la proposition de loi de David Assouline instaurant en France le droit voisin. Quels seraient les contours d’un tel droit?

En matière de droit d’auteur, le droit voisin a été instauré en Europe par une Directive du 12 septembre 2018, votée il est vrai un peu par surprise. Depuis, des voix discordantes se sont faites entendre. Comme se sont faites entendre bien entendu les oppositions des plateformes visées des géants du net. De son côté, la France a décidé d’agir, quitte à faire cavalier seul s’il le fallait.

Rappelons d’abord ce qu’est le droit voisin : l’obligation pour les plateformes du net, de rémunérer les agences et éditeurs de presse lorsqu’elles utilisent leurs œuvres journalistiques. En soit, la reconnaissance des droits patrimoniaux reconnus à tout créateur.

La décision du Sénat part d’un constat : les moteurs de recherche reproduisent et diffusent des millions de textes et de photos et vidéos comme s’ils étaient libres de droit. Donc en causant un préjudice pécuniaire à leurs auteurs, les agences et éditeurs de presse.

La proposition adoptée par le Sénat vise les « publications de presse ». Celles-ci sont définies comme des œuvres de nature journalistique ayant pour objet de fournir des informations sur l’actualité. Selon ce texte, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et toutes les grandes plateformes en ligne reprenant une telle œuvre devrait rémunérer l’agence ou l’éditeur de presse auteur. A noter que les écrits publiés à des fins scientifiques ou universitaires sont exclus du dispositif.

Pour le Sénat, deux objectifs sont poursuivis : protéger l’œuvre et éviter qu’elle ne soit dénaturée, et tenir compte des investissements humains et financiers qu’elle représente.

Le texte prévoit également que les journalistes auteurs des écrits auraient le droit d’obtenir une part de la rémunération, à négocier dans un accord d’entreprise ou à défaut un accord collectif.

La proposition de loi prévoit également l’obligation de solliciter l’accord de l’agence ou de l’éditeur pour l’exploitation de l’œuvre. Reste également une inconnue : comment cette rémunération sera-t-elle calculée. Le texte évoque comme assiette de calcul, les recettes procurées ou un forfait. D’âpres négociations en perspective.

Cette proposition de loi demande bien entendu qu’elle soit adoptée par l’Assemblée Nationale et déclarée conforme au droit européen par la Commission européenne. Elle rentrerait en vigueur 3 mois après sa publication au JO.

Un texte qui certes ne fait que consacrer les droits patrimoniaux reconnus à tout auteur d’une œuvre de l’esprit. Mais comment réagiront les GAFA concernés? Quel est le risque pour la presse française et européenne qui a aussi besoin d’être relayée au plan mondial.

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