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Avis du CEP sur La Publicité Extérieure

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Le Conseil de l’Éthique Publicitaire (CEP) vient de rendre son 39 ème avis et il est consacré à la publicité extérieure, un sujet sous tension ces dernières années. Quels constats cet avis dresse-t-il et quelles recommandations formule-t-il ?

Le média Publicité Extérieure, plus couramment dénommé Affichage est en effet de plus en plus l’objet de critiques et plusieurs villes ont pris des mesures restrictives, parfois même draconiennes à l’image de la Métropole lyonnaise. Le fait est que l’affichage est le média le plus intrusif. Il s’impose à tout utilisateur d’une voie publique et même parfois aux usagers d’espaces privés, tels que centres commerciaux, gares ou aéroports. On lui reproche également de défigurer nos villes ou encore d’être un gros consommateur d’énergie.

Devant ce constat, l’objectif de cet avis se dégage clairement : rechercher un équilibre pour favoriser l’acceptabilité des citadins (rappelons que, par principe, l’affichage est interdit dans les communes de moins de 10 000 habitants). Ainsi le CEP prône-t-il  de « rechercher des équilibres éthiques entre visibilité et mesure, expression et sobriété, utilité sociale et respect du bien commun. » Autrement exprimé, plutôt que de réglementer ou d’interdire, le CEP suggère « une approche raisonnée fondée sur l’autorégulation et le dialogue territorial. » Le CEP souligne d’ailleurs que des mesures trop restrictives auraient pour conséquence de favoriser la publicité numérique, voire même d’encourager la multiplication des pré-enseignes aux entrées des villes. (Ce risque nous semble minime car la réglementation actuelle des pré-enseignes est, depuis 2015 restrictive.)

Les défis de la publicité extérieure

L’avis du CEP dresse le tableau des défis auxquels la publicité extérieure est aujourd’hui confrontée et qui nuisent à son image : le « fléau » de l’affichage sauvage, les écrans numériques qui souvent concentrent les critiques, les écrans en vitrine qui peuvent entrainer une confusion entre information et publicité. Il relève également que souvent les contrôles sont insuffisants ce qui se traduit par le non-respect des quotas et des dimensionnements, notamment ceux fixés par le Grenelle II. Précisons que depuis le 1er janvier 2024 la police de l’affichage qui appartenait jusqu’alors au Préfet est désormais sous l’autorité du Maire. Une réforme pertinente qui devrait à moyen terme rendre le contrôle plus efficace car plus « de terrain ».

Les apports de la publicité extérieure

Dans son avis, le CEP affirme que la publicité extérieure est « au service de la Cité » une affirmation qui s’appuie sur plusieurs éléments : sur le mobilier urbain qui permet la diffusion d’informations culturelles ou municipales, sur les revenus procurés aux communes (taxes, loyers des espaces occupés), sur certaines « fonctions servicielles » tels que les abribus, les vélos en libre-service. Par contre l’argument que les bâches publicitaires contribuent à mettre en valeur notre patrimoine urbain nous parait plus difficile à accepter… Le CEP relève également que la publicité extérieure fait partie des rares vecteurs partagé par tous et qu’elle peut donc aussi contribuer à une culture commune. Mais de quelle culture parle-t-on ?

Les recommandations

L’avis du CEP se termine par une dizaine de recommandations faites aux professionnels. Plusieurs concernent la réglementation et notamment un appel à la stabiliser pour permettre aux professionnels de se projeter dans la durée. Un appel aussi à mieux faire respecter cette réglementation. D’autres recommandations concernent davantage la dimension pédagogique, notamment faire davantage connaître les apports de la publicité extérieure et mieux expliquer comment elle finance certains services ou équipements municipaux. Autre recommandation importante, prendre systématiquement en compte les enjeux environnementaux et sociétaux. Un travail déjà engagé par les afficheurs et les instances professionnelles, mais on peut sans doute aller encore plus loin dans cette démarche pour une publicité extérieure responsable.

Au final, un avis partisan qui nous a un peu laissé sur notre faim, notamment en ce qui concerne les recommandations. Mais il est vrai que le rôle du CEP est « d’éclairer l’ARPP » sur les évolutions. Nous ne doutons pas que cette instance saura rebondir sur l’analyse du contexte proposé par cet avis.