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Publicité extérieure : le futur RLP de la Métropole lyonnaise présage-t-il de l’avenir de l’affichage ?

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L’affichage publicitaire extérieur en agglomération est de plus en plus sous le feu des critiques et plusieurs communes réfléchissent à réduire sa présence. Quelle pourrait être, dans un proche avenir, la place de l’affichage dans nos centres urbains ? L’exemple du nouveau Règlement Local de Publicité de Lyon est-il appelé à faire école ?

Déjà en 2010, le Grenelle II et les décrets d’application qui ont suivi avaient tenté d’encadrer l’affichage extérieur, notamment en limitant les surfaces mais aussi les densités. Plus récemment plusieurs propositions ont visé la publicité extérieure. En juin 2020, le Rapport Big Corpo insistait sur la nécessité de limiter l’affichage et d’interdire les tags au sol et les grandes bâches publicitaires sur les immeubles. En juillet de la même année, une proposition de loi  EDS demande clairement l’interdiction de l’affichage numérique. Interdiction qui est également l’une des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat. De son côté, la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a retenu le principe du transfert de compétences en matière d’affichage au Maire ou au Président de l’Établissement Intercommunal, notamment en confiant au Maire la responsabilité de la police de la publicité extérieure à compter du 1er janvier 2024, que la Commune possède ou pas un Règlement Local de Publicité (RLP). A titre d’exemple, la Commune ou la Communauté de Communes pourront encadrer les affichages lumineux et notamment ceux placés en vitrines et visibles depuis une voie ouverte à la circulation, désormais intégrés au RLP.

Dans ce contexte, tournons nos regards sur ce que devrait être le nouveau RLP de la Métropole Lyonnaise qui entrera en application au 1er semestre 2023. Et rappelons que la Municipalité lyonnaise, comme la Métropole lyonnaise sont des élus écologistes. Ce futur RLP sera applicable sur 59 communes. Le projet a été adopté ce 27 juin par le Conseil de la Métropole, par 111 voix pour et 28 voix contre. 49 Communes ont approuvé le projet ce qui représente 83% de la population concernée. Ce qui devrait devenir demain la nouvelle réglementation de l’affichage sur l’agglomération lyonnaise a donc obtenu une large majorité.

Des interdictions progressives

Certains supports sont condamnés à disparaître et tout particulièrement l’affichage numérique. Mais ces interdictions seront mises en place de manière progressive sur 5 ans. A noter que l’interdiction de l’affichage numérique sera étendue aux stations de métro grâce à un accord avec le Sytral gestionnaire des transports en commun lyonnais. Par contre laffichage numérique en vitrines resterait possible, ce qui finalement constitue un peu une surprise alors que la loi Climat et Résilience a confié aux Maires le soin d’en décider. Exit également les grandes bâches sur les immeubles en travaux. Sont également appelées à disparaitre, les enseignes lumineuses en toiture.

Et des pratiques et supports davantage encadrés

Certains supports et certaines pratiques vont être davantage encadrés pour limiter les nuisances. La tendance est très nettement à la réduction de la taille des panneaux publicitaires, le 4m2 étant appelé à devenir progressivement la règle dans la région lyonnaise. Les enseignes sont également sous le feu des projecteurs : celles scellées au sol ne pourront pas dépasser 12m2, les enseignes totem devront encourager la mutualisation, les enseignes drapeau seront limitées à 0,80m2. Les enseignes lumineuses devront être éteintes de 0 à 6H.

Voilà pour les grandes lignes de ce futur RLP qui va devoir être soumis prochainement à une enquête publique et dont le vote définitif devrait intervenir au plus tard en mars 2023.  Les enjeux sont multiples : mieux protéger le patrimoine, lutter contre la pollution lumineuse et ainsi mieux protéger la biodiversité, sauvegarder le cadre de vie et le patrimoine architectural et bien entendu contribuer aux transitions écologique et énergétique. Et puisque nous évoquons la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, rappelons que l’UPE, l’Union de la Publicité Extérieure qui réunit les principaux acteurs du marché ne reste pas inactive. Elle avait rendu publics en mars 2021, 7 engagements pour un affichage plus responsable et vient de remettre cette semaine à l’Arcom son contrat climat-publicité qui conforte ses engagements. L’UPE a également travaillé à la conception d’un calculateur-carbone pour mesurer les impacts environnementaux des dispositifs et des campagnes, outil à la disposition de ses adhérents, des régies, des annonceurs.

Habitant la ville de Lyon, je suggère également à la Municipalité lyonnaise de mettre en place un réel plan de lutte contre l’affichage sauvage, véritable fléau dans notre ville. Merci d’avance…