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Les dates de péremption source de gaspillage alimentaire

Vous connaissez sans doute l’application Too Good To Go qui permet de lutter contre le gaspillage alimentaire. Forte de ses bientôt 3 années de succès, elle publie un Livre Blanc « Les dates de péremption, une idée dépassée?« . Un Livre Blanc qui fourmille de recommandations. A découvrir absolument.

Depuis son lancement, Too Good To Go a été téléchargée par 3,5 millions d’utilisateurs et a permis de sauver 10 millions de repas en Europe. Forte de cette crédibilité, la marque franchit un nouveau cap avec la publication d’un Livre Blanc en partenariat avec France Nature Environnement, « Les dates de péremption, une idée dépassée« . L’objectif est de proposer une révision de la réglementation des dates de péremption pour en faire un indicateur fiable et réduire le gaspillage alimentaire.

L’idée selon laquelle les dates de péremption sont sources de gaspillage n’est pas nouvelle. La Commission Européenne l’a estimée à environ 10% du gaspillage en Europe. Pour la compréhension de l’enjeu, il faut rappeler qu’il existe deux types de dates de péremption :

  • La date limite de consommation : « produit à consommer jusqu’au… » Sont concernés les produits hautement périssables
source : lanutrition.com
  • La DDM ou date de durabilité minimale : « produit à consommer de préférence avant... » Passé cette date, le produit a pu perdre certaines de ses qualités gustatives, voire nutritives, mais reste consommable. Ce qui est souvent méconnu de la majorité des consommateurs.
source : clcv-ille-et-vilaine.overblog.com

A noter que certains produits ne sont pas assujettis aux dates de péremption : les fruits et légumes frais, l’alcool, la boulangerie et la pâtisserie, le vinaigre, le sel, le sucre, la confiserie pour ne citer que les principaux.

Le Livre Blanc explique que les dates de péremption sont fixées par les industriels eux-même, car il n’y a ni normes ni harmonisation. Et les industriels conscients de leur responsabilité et de leur image jouent le principe de précaution…

Alors, quelles sont les recommandations formulées par ce Livre Blanc? Impossible de toutes les citer, mais nous avons retenu :

  • Harmoniser les dates par interprofession et par produits phares.
  • Supprimer les DDM pour les produits non soumis aux dates de péremption
  • Améliorer les packagings pour prolonger la durée de vie des produits
  • Optimiser la relation entre fabricants et distributeurs
  • Rendre les dates plus lisibles, plus visibles et plus compréhensibles
  • Favoriser l’éducation et la sensibilisation par des actions des pouvoirs publics, des distributeurs et des écoles.

Un chantier immense, à la hauteur des enjeux : mieux faire comprendre au consommateur le rôle des dates de péremption et lutter contre … la force de l’habitude en gagnant sa confiance ! Saluons la contribution de ce Livre Blanc à ce projet ambitieux.

Nous avons eu le plaisir d’interroger Stéphanie Moy chargée des relations presse de Too Good To Go et nous la remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Q1- Stéphanie, pouvez-vous nous présenter l’application Too Good To Go et ses résultats ?

L’application a été lancée il y a presque 3 ans. Elle permet de mettre en relation des consommateurs avec les commerces de proximité disposant d’invendus. Ces invendus sont transformés en « paniers surprise » et vendus pour 1/3 de leur prix normal, paniers que les bénéficiaires viennent récupérer en fin de journée. Cela permet au commerçant de réduire le gaspillage alimentaire, de valoriser ses invendus et de toucher une autre clientèle. Les résultats sont très encourageants : l’application a été téléchargée en Europe 3,5 millions de fois. En France ce sont 3 millions de repas sauvés et 6000 commerçants partenaires. En zone urbaine, on touche principalement les commerces de proximité, et en zone rurale les chaines de distribution.

Source : toogoodtogo.fr

Q2- En matière de gaspillage alimentaire, quels sont les 2 ou 3 chiffres qui vous frappent le plus ?

Des chiffres éloquents montrent en effet bien le fléau que représente le gaspillage alimentaire. Au niveau mondial, on estime qu’un tiers de la production est jetée. En France, le gaspillage alimentaire représente chaque année 10 millions de tonnes et 16 millions d’€. En moyenne sur une année, un foyer français jette ainsi 29 kilos de produits alimentaires.

Q3 – Votre Livre Blanc « Les dates de péremption, une idée dépassée » fourmille de recommandations. Quelles sont celles qui vous paraissent prioritaires dans le contexte actuel ?

Trois recommandations nous paraissent prioritaires. Il faut tout d’abord améliorer la lisibilité de la DDM. Ainsi on propose d’ajouter à la formule « A consommer de préférence avant… » « mais aussi après » ou une expression proche. Il est aussi important, comme nous l’expliquons dans notre Livre blanc, d’harmoniser les dates de péremption par interprofession afin qu’elles soient identiques pour un même produit. Enfin, il est nécessaire d’assouplir les règles entre les producteurs et les distributeurs.

Source : livre blanc

La loi contre le gaspillage alimentaire adoptée

gaspi

source visuel : gouvernement.fr

La loi contre le gaspillage alimentaire a été adoptée le 3 février et à l’unanimité par le Sénat. Elle pourrait apporter une aide à presque 10 millions de personnes qui ont du mal à se nourrir sur notre sol. Principales mesures.

Une convention de don

Les grandes surfaces sont encouragées à donner les invendus encore consommables. Elles devront alors obligatoirement signer une convention de dons avant le 1er juillet 2016, avec la ou les associations bénéficiaire(s). Cette obligation ne concerne que les surfaces de vente supérieures à 400 m2.

Une sanction pour les destructions volontaires

Le fait de détruire volontairement des stocks de nourriture encore consommables est désormais passible de sanctions financières

Une responsabilité aménagée

Le régime de responsabilité des producteurs, qui pouvait jusqu’alors constituer un frein, est aménagé.

Une sensibilisation à l’école et en entreprise

Le parcours scolaire devra intégrer désormais le gaspillage alimentaire et des actions en entreprises sont aussi prévues.

Félicitons-nous de l’ensemble de ces mesures. Mais n’oublions pas que les grandes surfaces ne sont pas les premiers acteurs du gaspillage alimentaire.